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Évaluation de l’action climatique : le Haut Conseil pour le Climat publie son rapport annuel

Le rapport annuel publié par le Haut Conseil pour le Climat fait le point sur les émissions de gaz à effet de serre et le respect des objectifs climatiques nationaux. Il faudra pratiquement doubler le rythme de réduction des émissions, alerte le rapport. L’articulation entre les échelles de planification et l’adaptation au changement climatique représentent également des enjeux forts.

Les émissions françaises ont diminué de 1,9 % en 2019. Conjoncturelle, la diminution observée en 2020 n’est pas représentative. Le Haut Conseil pour le Climat souligne des progrès dans les secteurs du bâtiment, de l’industrie et de la transformation d’énergie, mais les émissions des transports stagnent.

 

Des progrès dans les secteurs du bâtiment et de l’industrie, stagnation dans le secteur des transports

Les transports demeurent le premier secteur émetteur (31 % des émissions, dont plus de la moitié due à la voiture individuelle), suivis de l’industrie et de l’agriculture (19 %) puis des bâtiments (17 %), de la transformation d’énergie (10 %) et des déchets (4 %).

 

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L’empreinte carbone de la France est 1,4 fois plus élevée que ses émissions territoriales ; la différence résulte des transports internationaux et des échanges commerciaux de biens et services. Contrairement aux émissions territoriales, qui ne couvrent que les activités situées en France, l’empreinte carbone permet de mesurer les émissions dues à la consommation des Français, que les biens ou services soient produits en France ou à l’étranger.

Les émissions liées aux importations représentent un peu plus de la moitié de l’empreinte carbone de la France, les émissions associées à la production intérieure (hors exportations) en représentent 31 %, et les émissions directes des ménages (chauffage et mobilités) en représentent 18 %.

Depuis 1990, la France a légèrement moins réduit ses émissions que la moyenne européenne. Du fait du retard accumulé, il faudra pratiquement doubler le rythme de réduction des émissions dans les années à venir. Selon le Haut Conseil pour le Climat, la mise en œuvre des orientations de la Stratégie nationale bas-carbone est insuffisante dans le secteur des transports et de l’agriculture, contrastée dans le bâtiment, partielle dans l’industrie.

 

Articuler les échelles de planification et de mise en œuvre

« Il est nécessaire d’améliorer la concertation entre les différents échelons territoriaux et de synchroniser les documents avec la révision avec la Stratégie nationale bas-carbone », souligne le rapport. Les objectifs nationaux doivent se traduire dans les SRADDET et les PCAET, et chaque révision de la Stratégie nationale bas-carbone devra associer les collectivités.

Citant une étude de l’AdCF, le rapport identifie le manque de moyens de certaines intercommunalités pour l’élaboration et la mise en œuvre des PCAET, qui pourrait être accélérée par la contractualisation dans le cadre des CRTE.

 

Financer la transition, soutenir les évolutions structurelles

La transition bas-carbone s’appuie sur des investissements importants, notamment en faveur de la rénovation énergétique, des transports en commun ou de la production d’hydrogène décarboné. Ils devront être pérennisés au-delà du plan de relance, appelle le Haut Conseil pour le Climat.

Il faudra soutenir les évolutions structurelles. Ainsi, le soutien financier à l’emploi et à la formation doit cibler en priorité les secteurs de la transition. Le soutien ne doit pas se limiter à l’efficacité énergétique et à la décarbonation (par la production EnR par exemple), et porter également sur la sobriété. Cela nécessite de s’interroger sur les besoins et usages de l’énergie, puis de faire évoluer les normes sociales, besoins individuels et dispositifs collectifs pour organiser la réduction volontaire des consommations.

 

L’enjeu de l’adaptation au changement climatique

Les deux-tiers de la population française sont déjà fortement ou très fortement exposés au risque climatique. Le changement climatique est déjà observable : la hausse des températures moyennes en France est de 1,7°C depuis 1900. Les événements climatiques extrêmes sont plus intenses et plus fréquents. Le réchauffement climatique a des dimensions sanitaires et économiques (qualité de l’eau et quantité disponible, transmission de maladies, baisse des rendements agricoles, dommages pour les infrastructures, etc.).

Des actions visant l’adaptation au changement climatique sont indispensables et doivent être intégrées dans les politiques publiques. L’atténuation est nécessaire pour agir sur l’intensité et la récurrence des aléas, et l’adaptation pour en limiter les impacts. L’enjeu est de passer de réponses réactives, sectorielles et défi­nies au cas par cas à une logique proactive, préventive et participative, source de co-béné­fices et contribuant à la résilience. L’adaptation est donc une question politique et éthique, qui interroge sur ce que la société souhaite protéger.

Dans les PCAET, l’adaptation reste un enjeu moins abordé que l’atténuation : le diagnostic de vulnérabilité est rarement complété par des objectifs précis et un plan d’actions. Développement des systèmes d’observation, recours aux solutions fondées sur la nature, adaptation du bâti, désimperméabilisation, élaboration d’une culture du risque, information et sensibilisation, le rapport identifie différents instruments techniques, sociaux et organisationnels pour adapter les territoires au changement climatique.

Accéder au résumé exécutif et à la version complète

 

Contact : Oriane Cebile, o.cebile@adcf.asso.fr

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