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Sète agglopôle, Territoire-pilote de sobriété foncière

Sète agglopôle a été retenue parmi les sept territoires pilotes du « Zéro artificialisation nette » (ZAN), une initiative portée par Action Cœur de Ville afin d’accompagner des territoires engagés et volontaires dans leur stratégie « zéro artificialisation nette ».

Le territoire de Sète agglopôle se caractérise par des enjeux de requalification de friches industrielles liées aux activité économiques passées, mais aussi des enjeux environnementaux en raison de la présence d’espaces naturels agricoles, de lagunes et du phénomène d’érosion du trait de côte sur le littoral méditerranéen. Loic Linarès vice-président de Sète agglopôle Méditerranée délégué à la transition écologique et à l’aménagement durable du territoire « Notre mobilisation en faveur de la sobriété foncière est donc ancienne, nous avions déjà travaillé sur un Scot actuellement en cours de révision qui était déjà ambitieux sur la limitation des projets d’aménagements en milieu extra urbain. Notre consommation de foncier a diminué de près de 50 % entre 2009 et 2018, puisque nous sommes passés de 59 ha à 34 ha artificialisés par an. Cela a été l’occasion d’anticiper l’approche qui consiste à refaire la ville sur la ville, dans un territoire pourtant très attractif. »

En mars dernier, Sète agglopôle a rejoint le dispositif « territoire pilote du ZAN », une expérimentation réservée aux territoires Action cœur de ville et signataires d’une Opération de revitalisation de territoire (ORT) pour faire émerger des projets concrets de mise en œuvre du ZAN. Les sept territoires pilotes sélectionnés pourront partager les enseignements de leurs retours d’expériences.

L’agglomération envisage l’expérimentation sur trois sites témoins : un en milieu intra-urbain, le second sur une friche industrielle en cours de dépollution et un troisième dans une commune à caractère rural de moins de 2000 habitants. Les défis sont variés : faire évoluer une zone d’activité portuaire vers des programmes de logements, limiter la consommation de matières premières par la réutilisation des matériaux existants, améliorer le confort d’été avec de nouvelles formes d’habitat et de nouveaux aménagements, surélever plutôt qu’étendre, etc.


Privilégier le logement

La difficulté majeure à terme en matière d’aménagement sera de répondre aux besoins de la population en matière de logements « Depuis une dizaine d’années, la diminution de la taille moyenne des ménages induit une augmentation du nombre de ménages et donc un besoin en nouveaux logements. Aujourd’hui, les construction neuves sont à peine suffisantes pour absorber cet effet. Nous allons renforcer les outils de suivi développés dans le cadre du Scot afin de disposer d’un observatoire foncier pour anticiper les besoins sur notre territoire. Il y a 15 ans, certains espaces avaient été fléchés dans les documents d’urbanisme pour des constructions liées au tourisme et aux résidences secondaires ; désormais le territoire est redevenu attractif et il faudra procéder à un rééquilibrage pour privilégier le logement et le développement économique » explique Loic Linarès.

Solidarité territoriale

Cette tension sur le logement réinterroge les élus incités à envisager des recompositions spatiales qui doivent tenir compte à la fois des enjeux environnementaux liés à l’érosion du trait de côte et au risque de submersion, mais aussi de la loi Littoral, du plan de prévention des risques technologiques et de l’objectif zéro artificialisation nette.

Loic Linarès résume « pour nous l’objectif ZAN n’est pas simple et l’une des conditions de réussite sera de trouver de nouveaux modèles économiques portés par des aménageurs ou investisseurs pour de petites opérations en milieu intra-urbain. Par ailleurs, la logique des déplacements sur le territoire est également à réinterroger, notamment les liaisons avec les zones d’activités économiques. »

Selon l’élu, les collectivités qui se lancent dans une démarche vertueuse de sobriété foncière auraient besoin d’une mutation globale du modèle réglementaire et fiscal face au risque d’appauvrissement que peut impliquer la limitation du développement urbain. Par ailleurs, : comment fait-on jouer la solidarité pour un développement urbain plus équilibré ?  « L’intercommunalité, c’est un premier zonage mais la solidarité entre intercommunalités va être nécessaire. Montpellier envoie de signaux très clairs aux territoires voisins car la métropole arrive à saturation. Avec le développement du télétravail, il faut trouver d’autres espaces d’accueil de populations. »

 

Contact : Sébastien Bayette

 

Retrouvez cette initiative et les retours d'expériences des intercommunalités dans le mensuel Intercommunalités, dans la rubrique retours d'expérience de notre site et désormais sur la page Facebook des intercommunalités de France

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