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Retours d’expérience

Rhôny Vistre Vidourle (30) : « C’est un impératif pour nous de créer de l’emploi, notamment à travers des petites entreprises. »

Freddy Cerda est le vice-président délégué au développement économique pour la Communauté de communes Rhôny Vistre Vidourle. Pour la série « Au coeur de la relance », il revient sur la mise en place sur son territoire d'un pôle d'excellence médical, tant du point de vue de l'industrie que de la recherche.

Entretien réalisé le 13 avril 2021

 

- La mise en place du projet -

Pourquoi développez-vous un pôle d’excellence médical ? 

Nous avons commencé ce projet depuis cinq ans. Dans la zone située en face, nous avions déjà des entreprises liées au secteur médical. Des entreprises de grande taille étaient installées et une nouvelle est venue s’ajouter : DMS. Elle fabrique des planches de radiologie. Ce sont des nouvelles technologies. Elle emploie des ingénieurs pour fabriquer sur place et expédier dans le monde entier.

 

C’était une belle opportunité… 

Oui. Une autre opportunité a été l’installation d’un « médi-pôle ». C’est un hôpital vétérinaire. Puis, des urgentistes venant de Paris ont créé un centre d’urgence médicale. Ensuite, c’est un cercle vertueux. Une nouvelle entreprise, Bastide Médical, basée à Nîmes, s’est installée chez nous. Nous avons alors décidé de monter ce pôle d’excellence médical avec un cahier des charges très précis et surtout tourné vers le modernisme et l’écologie. Nous avons essayé de prévoir la vie d’une entreprise dans 10 ans. Nous souhaitons que les gens venant travailler ici trouvent un lieu de vie agréable pour s’y adapter. 

 

Quelles ont été les étapes de mise en place du projet ?

Il y a d’abord eu des initiatives privées sur le même emplacement qui avaient une vocation purement commerciale. Elles n’ont pas abouti. Nous avons souhaité, en partenariat avec la commune et la Communauté de communes, prendre la main en assurant un portage public pour faire un projet d’intérêt général.

 

Où en est le projet aujourd’hui ?

Il est passé dans tous les services de l’État. Il a fallu 3 ans pour arriver à la porte des autorisations. Nous avons un territoire où il y a de nombreuses espèces donc il nous faut l’autorisation finale de l’environnement. Une fois acquise, on attaque directement la création de la ZAC. Le projet sortira un an et demi environ après l’autorisation environnementale. Ça ira très vite car nous avons vraiment envie de développer ce projet et les entreprises aussi.

 

 

- Le projet du territoire – 

Comment avez-vous géré la question des mobilités ?

Nous avons deux gares à proximité. Pour celle du village de Gallargues, nous négocions avec la SNCF pour avoir des arrêts de trains plus fréquents. Nous en demandons dix de plus. La sortie d’autoroute Nîmes/Montpellier/Toulouse est à 150 mètres de la zone. Nous voulons que toute cette zone soit reliée par des véhicules électriques pour que les gens puissent venir directement travailler en train. Puis avec ces moyens de transports, soit venir à pied, vélo ou trottinette par le long du canal. Ce sont des transits doux et bien organisés. 

 

En plus de ces mobilités douces, comment faites-vous pour lier l’écologie au projet ? 

Nous partons d’une feuille blanche. C’est à nous d’adapter avec un plan d’eau, des canaux, etc. Les voitures ne rentreront pas dans la zone. Nous voulons que ce soit piéton avec un lieu de vie autour. À midi, les gens pourront faire leur pause déjeuner et aller jouer au tennis par exemple. 

 

Qu’avez-vous mis en place dans le domaine de l’emploi ?

Depuis un an et demi, la misère s’installe autour des villes et des villages. Nous avons 14% de chômeurs sur notre territoire. C’est donc impératif pour nous de créer de l’emploi. Notamment à travers des petites entreprises. Ce projet, c’est 1200 emplois à la clé. Sur une surface de 25 hectares, nous allons également pouvoir faire travailler des gens pour entretenir les jardins, faire le nettoyage, etc. Nous créons des emplois sur place. 

 

Il n’y aura donc pas que des emplois liés à la médecine, que l’on peut qualifier de « à forte valeur ajoutée » ? 

Il y aura les emplois directs liés aux entreprises. Ceux liés aux nouvelles technologies ou aux laboratoires de recherche, etc. Nous voyons bien qu’il faut faire venir des laboratoires en France, avec surtout de la recherche et de l’innovation. À coté de ça, nous savons qu’il faut des gens pour entretenir les bâtiments. Nous ne souhaitons pas que ce pôle d’excellence ressemble à ce que nous avons déjà sur le territoire. 

 

Vous dites vouloir créer un lieu avec une vision dans 10 ans. Qui a participé à cette réflexion ?

Nous avons la compétence du développement économique. Nous voulons donc parler aux entreprises et développer un état d’esprit commun. Par exemple, la société DMS, qui est active depuis plusieurs mois, a déjà un espace où les employés peuvent cultiver leurs légumes, un restaurant avec de nombreuses animations au sein de l’entreprise… Nous souhaitons vraiment des entreprises où il fait bon vivre. 

 

Comment avez-vous prévu d’aménager cette zone ? Avec quels partenaires ?

Il faudra faire une cinquantaine de bâtiment. Nous allons rechercher l’entreprise unique qui sera chargée de la construction. Nous voulons vraiment dialoguer. Par exemple, les bâtiments seront cloisonnés à R+1, pas d’immeubles. Nous ne sommes pas des bétonneurs. Nous voulons garder une main précise sur le projet pour en faire un pôle d’excellence. 

Nous avons 25 hectares de disponible à paysager. Notre territoire a 40% de zones inondables mais pas la zone du pôle d’excellence. Nous avons traité la zone avec une mentalité d’écologiste. Tout le long de la rivière nous avons réimplanté des insectes.

 

Quelles entreprises vont s’installer ? 

Nous sommes encore dans la phase d’études. Les entreprises déjà installées comme DMS et le Médi-pôle vont nous amener de l’activité et des emplois car ils vont avoir besoin de sous-traitants. C’est donc le moment de faire venir des entreprises sur le territoire et dans cette zone. Il pourrait y avoir jusqu’à 50 acteurs différents. Il faut qu’il y ait une complémentarité. Nous voudrions également amener de la formation.

 

 

- Les éléments à retenir - 

Comment ces projets s’intègrent dans le plan de relance ?

Nous pensons que le plan de relance, via les appels à projets notamment, dont DMS vient d’être lauréat (plan de relocalisation), va être un accompagnement indéniable pour la réussite de notre projet de territoire et contribuera à la relance économique de notre bassin de vie et bien au-delà. 

 

Comment se met en place le Contrat de Relance et de Transition Écologique (CRTE) sur votre territoire ?

C’est le PETR Vidourle-Camargue qui s’en charge. Il portait déjà les contrats territoriaux et disposait de l’expérience et de l’ingénierie nécessaire. Il qui regroupe 5 intercommunalités, dont une de l’Hérault. Ce territoire s’étend de la mer aux contreforts des Cévennes en passant par la petite Camargue.

 

Quelles ont été les difficultés rencontrées ?

Pour monter le projet, il a fallu trois années pour réussir à voir le bout du tunnel. Nous allons créer de l’emploi, de la richesse et de la technologie. Nous avons été bloqués plusieurs fois sur des mesures liées à la protection d’espèces. C’est difficile de bloquer tout un projet sur des critères comme ceux-là. Nous avons planté 1250 arbres le long des trois kilomètres de rivière. Nous voulons protéger le territoire, mais il faut nous laisser implanter des choses qui vont aider l’être humain. 

 

Quels sont les coûts pour un tel projet ? Qui le finance ? 

Pour l’instant, les charges d’études s’élèvent à un peu plus de 100 000€. C’est l’intercommunalité qui les assume. Nous devons encore déterminer qui portera les travaux de viabilisation. Mais il est déjà certain que les retombées économiques seront largement supérieures aux coûts engendrés.

 
 

 

"Au cœur de la relance" est une série de l'AdCF en partenariat avec Territoires-audacieux.fr destinée à valoriser les initiatives des intercommunalités dans le cadre de la relance, à les accompagner : interviews de président.e.s d'intercommunalités, questions/réponses techniques, échange avec une personnalité qualifiée, ...

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Contacts :

- AdCF : Sandrine GuiradoYoann JacquetFloriane Boulay

Territoires-audacieux.fr : Baptiste GapenneLéa Tramontin

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