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Retours d’expérience

Carcassonne Agglo : l’eau, fil rouge de la transition écologique

La communauté d’agglomération de Carcassonne (115 000 habitants, 83 communes) mène une politique de l’eau intégrée pour améliorer la résilience du territoire et favoriser sa transition écologique.

Dans le département de l’Aude, les élus et les populations ont été fortement marqués par les épisodes d’inondations de 1999, et plus récemment de 2018 et 2020. De là est née une prise de conscience du risque et de la nécessité de s’appuyer sur la résilience du territoire. « La gestion hydraulique du cours d’eau nous oblige et nous mobilise. » confirme Régis Banquet, Président de Carcassonne Agglo. « Nous avons décidé de réagir pour protéger notre territoire, les infrastructures et la population. Nous portons un Contrat de transition écologique (CTE) qui intègre les enjeux liés à l’eau pour assurer une meilleure gestion de ses excès et de ses manques. Plus de 10 millions d’euros vont être investis en quelques années dans le cadre de ce contrat qui concerne autant des reconstructions que du soutien à l’agriculture ou de la sécurisation de cours d’eau. »

L’agglomération gère l’eau et l’assainissement depuis 2009. Toutes les compétences intercommunales liées à l’eau sont intégrées dans une direction unique de façon à ce que ces politiques soient globalisées. L’eau est ainsi un élément fil rouge de la transition écologique du territoire et est intégrée à tous les schémas intercommunaux, notamment le SCoT et le projet de territoire. La première mission de la direction de l’eau est la conception des schémas directeur de l’eau et de l’assainissement, avec comme objectif prioritaire la sécurisation de l’approvisionnement dans toutes les communes, même les plus isolées. « L’agglomération connaît un développement démographique donc il faut alimenter de nouvelles populations en eau potable sur tout le territoire. »

Cette politique s’accompagne d’un plan d’investissement et de modernisation des infrastructures. « Les investissements sur les réseaux d’eau et assainissement vont doubler sur le mandat. Nous supprimons notamment une dizaine de stations d’épuration vétustes et relierons une douzaine de communes à la station d’épuration de Carcassonne. Environ 65 millions d’euros seront investis par Carcassonne Agglo sur l’eau potable et l’assainissement. ».

Pour assurer une égalité territoriale, l’agglomération mise sur la convergence progressive des tarifs de l’eau. Quand l’intercommunalité s’est élargie en 2013, des écarts importants existaient sur le prix de l’eau, entre les communes qui avaient entrepris des travaux sur le réseau et celles qui n’en avaient pas fait. « En 2015, nous avons travaillé à une convergence tarifaire d’ici 2025, répondant à un principe de solidarité et au souhait que les habitants de l’agglo paient le même prix pour le même service, que leur commune soit en régie ou en DSP. Ce principe a été voté à l’unanimité. Depuis, les prix convergent vers un prix moyen pondéré et il n’y a plus de débats sur les travaux. Les petites communes rurales de l’agglo sont les plus ferventes pour défendre cette solidarité alors qu’au départ elles étaient les plus réticentes », se félicite Régis Banquet.

 

Économie circulaire

Les investissements permettent aussi de faire en sorte que le traitement de l’eau participe à l’économie circulaire et à la production d’énergie, explique le président de l’agglo. « Comme nous avons toujours l’idée d’exploiter le plus intelligemment possible nos ressources, nous prévoyons l’installation d’un digesteur sur une station d’épuration. Il permettra de diminuer la production de boues en les exploitant pour produire du biogaz. Revendu dans un premier temps à GRDF, cette énergie pourrait à terme modifier notre mix énergétique et être utilisée pour faire fonctionner nos transports en commun ».

Concernant le volet économique, Carcassonne Agglo sensibilise notamment les agriculteurs à la préservation de l’eau et les accompagne dans leur besoin d’irrigation : « Il faut assurer une irrigation mesurée pour la vigne, les oliviers, la truffe,… C’est indispensable pour maintenir l’activité agricole dans les communes, mais c’est très long à mettre en place et les agriculteurs peuvent perdre patience. » constate le président. Les études préalables ont été lancées au début du mandat précédent, les travaux devraient débuter en 2022, relever les défis de l’eau est un travail au long cours.

« Aujourd’hui, ce qui nous rassemble avec l’ensemble des acteurs du bassin versant, c’est ce contrat de transition écologique qui permet de se rassembler sur l’objectif de résilience du territoire. » conclut Régis Banquet.

 

Contact AdCF : Sébastien Bayette

 

Retrouvez cette initiative et les retours d'expériences des intercommunalités dans le mensuel Intercommunalités, dans la rubrique retours d'expérience de notre site et désormais sur la page Facebook des intercommunalités de France

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