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Territoires d’industrie : Le Gouvernement et les régions mobilisent de nouveaux financements

Victime de son succès, le fonds de soutien à l’investissement vient d’être abondé de 300 millions d’euros supplémentaires par l’État et les régions. Cette annonce a été accompagnée d’un bilan région par région des projets industriels accompagnés. AdCF-Direct revient à cette occasion sur quelques préoccupations et priorités actuelles des acteurs locaux dans les Territoires d’industrie.

La crise sanitaire nécessite pour les Territoires d’industrie une implication forte des services pour bénéficier du plan de relance mais également de questionner leurs projets. La formation des salariés, la mobilité et plus globalement les enjeux liés à la transition énergétique, ainsi que la réhabilitation des friches, deviennent les principaux enjeux pour le programme.

Deux ans et demi après leur lancement, les 148 Territoires d’industrie, portés par 530 intercommunalités, poursuivent la formalisation et le déploiement de leurs stratégies de reconquête industrielle. Ces stratégies accompagnées par les Régions et appuyées par l’Etat, donnent lieu à 1630 projets, conçus avec des acteurs locaux : entreprises, groupements d’employeurs, branches socio-professionnelles, services de l’Etat (Pôle emploi, Banque des Territoires, ADEME), associations, centres de formation.

 

300 millions d’euros supplémentaires pour le fonds de soutien à l’investissement

La crise sanitaire et économique a eu un effet différencié sur ces actions : certaines sont devenues moins prioritaires voire caduques, tandis que d’autres projets ont été renforcés à l’aune des priorités politiques et économiques nouvelles. 

Concrètement, certaines initiatives demeurées à l’état de projet ont été accélérés par l’urgence économique : sensibiliser les entreprises à la mutualisation des ressources humaines, dessiner des plans de mobilités durables, structurer un système d’aides aux petites entreprises… Nombre de projets ont ainsi bénéficié du plan de relance et des soutiens financiers débloqués. 

En ce sens, le fonds de soutien à l’investissement industriel dans les territoires, d’un montant de 400 millions d’euros, est plébiscité par les territoires, avec pour l’instant 531 projets soutenus (dans 90 % des cas par des PME ou des ETI). Pour répondre aux demandes, le fonds va bénéficier jusqu’au 1er juin 2021 d’une rallonge de près de 300 millions d’euros, approvisionnée à part égale par l’État et les régions. Le Gouvernement et les régions se sont mis d’accord pour cette rallonge cofinancée à parité.

 Retrouvez le communiqué de presse de l’État et de Régions de France

 

L’accord État-régions a été l’occasion de dresser un bilan des projets industriels soutenus à travers la relance, présenté région par région, dont un très grand nombre dans les Territoires d’industrie.

 Retrouvez le dossier de presse et les analyses par région

 

Au niveau local, ce soutien devrait générer 2,55 milliards d’euros d’investissements, pour 51 000 emplois confortés et 13 700 emplois directs nouveaux. L’AdCF s’est félicitée du réabonnement de ce fonds.

En parallèle, le fonds de recyclage foncier et l’appel à projet « friches polluées » de l’ADEME connaissent également un fort succès. Si des marges de manœuvre demeurent grâce à un appui financier possible des régions, se pose toutefois la question d’un abondement plus conséquent de ces deux fonds face aux importantes attentes suscitées localement, tant auprès des collectivités locales qu’auprès des chefs d’entreprises.

 

 

De nouvelles priorités après la crise sanitaire

En termes de thématiques, l’AdCF observe des préoccupations croissantes pour les questions d’emploi et de compétences au niveau local, liées aux difficultés de recrutement et d’attractivité chroniques dans les TI, mais également en lien avec les craintes de destructions d’emplois.

Ces pertes d’emplois sont pour l’instant variables selon les territoires (et filières), les bassins aéronautiques et automobiles concentrant les difficultés. Ceux-ci ont d’ailleurs été les premiers à se positionner sur l’AMI Transitions collectives, et de manière plus générale à soutenir des dispositifs de prêts de main d’œuvre, de mutualisation de ressources humaines. Plusieurs Territoires d’industrie, jusqu’ici épargnés, craignent néanmoins une déflagration à retardement, associée au non-renouvellement des commandes des donneurs d’ordre auprès des sous-traitants. En réponse, ces Territoires d’industrie développent plusieurs projets visant à consolider les compétences locales sur le long terme : écoles de production, CNAM dans les territoires, plateaux techniques mutualisés…

 

Accéder au replay du webinaire de l'Observatoire des impacts territoriaux de la crise

 

Les mobilités font également partie des priorités actuelles des Territoires d’industrie. Cette préoccupation fait écho à quatre impératifs d’ordres différents : l’impact de la crise sanitaire sur les transports, l’appétence citoyenne pour les mobilités décarbonées, l’adoption de la compétence transport par un certain nombre d’intercommunalités, et enfin les difficultés de déplacement dans les bassins industriels qui engendrent une série d’autres problèmes structurels (notamment de recrutement et d’implantation des entreprises). En réponse, les intercommunalités souhaitent mieux desservir en solutions de mobilités les sites d’activités industriels, souvent éloignés des cœurs urbains. Les Territoires d’industrie constituent ainsi un cadre d’expérimentation propice au développement de nouvelles filières industrielles : navettes autonomes, vélos à hydrogène, véhicules électriques… 

Le foncier rejoint également ces priorités, en raison des ambitions de réindustrialisation cohabitant avec l’exigence de sobriété foncière. Cette thématique des friches a été amplifiée par l’appel à projet dédié de l’ADEME, avec des nuances importantes selon le degré d’appropriation de cet enjeu par les collectivités locales et leurs partenaires (EPF, régions, agences d’urbanisme et de développement). 

Dans le cadre de Territoires d’industrie, des projets de territoire émergent autours des réhabilitations de friches industrielles, avec un fort engagement politique et financier des élus locaux. Ces réhabilitations sont un levier de redressement de l’image des villes moyennes et de l’industrie, mais aussi de développement industriel à long terme. Concrètement, l’objectif devient non-seulement de réhabiliter des friches industrielles, mais également de conserver des vocations productives sur le territoire, et capitaliser sur celles-ci pour renforcer les compétences et les technologies localement présentes.

Cet objectif se matérialise par la multiplication des projets de tiers-lieux qui se structurent autour de fonctions et de publics cibles : fab-labs pour artisans, plateaux techniques pour étudiants, démonstrateurs pour PME... Cette spécificité des fonctions n’empêche pas une certaine mixité des publics, avec des démarches pouvant s’adapter à la fois aux besoins des entreprises et des habitants en termes de prototypage, de formation.... 

Les investissements matériels réalisés s’inscrivent ainsi dans des projets d’animations collaboratifs (missions locales, UIMM, lycées) accompagnés par les différents appels à projets de l’État et des régions (Action cœur de ville, Petite ville de demain, Ma nouvelle ville, CNAM dans les territoires).

 

Contact AdCF : Lucas Chevrier, l.chevrier@adcf.asso.fr

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