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Impacts territoriaux de la crise : les premières analyses de l’Observatoire (OITC)

Le 19 mars, l’Observatoire des impacts territoriaux de la crise (OITC) dont l’AdCF est co-fondatrice et partenaire, organisait son premier webinaire afin de partager ses premières analyses. En se fondant sur les caractéristiques des territoires et leur niveau d’exposition potentiel à la crise, les premiers éléments de mesure témoignent a priori d’une réelle capacité de rebond des territoires les plus exposés, mais qui n'éclipse pas pour autant les conséquences rapides et importantes de la crise sur l’emploi.

Face à la crise systémique que nous traversons, il semblait intéressant d’analyser ses effets en multipliant les approches et les regards. À cet effet, Olivier Portier (expert en analyse territoriale, cabinet OPC) et Vincent Pacini (chercheur au CNAM et consultant) ont développé l’Observatoire des impacts territoriaux de la crise (OITC) en collaboration avec l’AdCF, l’Institut pour la recherche de la Caisse des Dépôts, l’ADGCF et le CNAM. Plusieurs contributeurs ont également accepté de participer gracieusement à ces travaux (Trendeo, Six…).

L’initiative de l’OITC s’inscrit dans le prolongement du dispositif mis en place en 2009-2010 par l’AdCF et l’Institut CDC pour la recherche pour évaluer les impacts de la crise de 2008. Les travaux avaient été conduits avec les chercheurs Laurent Davezies et Philippe Estèbe et s’étaient traduits par une publication.

Fort de cette première expérience, l’OITC souhaite s’appuyer sur une méthodologie éprouvée et des données préexistantes à des fins de comparaison. Si les origines et les manifestations de ces deux épisodes de crise sont de natures différentes, leurs effets et les outils pour y répondre divergent également à différents degrés.

 

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Les « locomotives économiques » a priori plus exposées à la crise qu’en 2008

Les premiers résultats des travaux de l’Observatoire ont été présentés par Olivier Portier le 19 mars, lors d’un webinaire qui a réuni plus de 200 participants.

 

 

En se fondant sur les méthodes d’analyse de Laurent Davezies, l’analyse de la circulation des revenus et leur nature permet d’identifier les territoires disposant de revenus plus « abrités » (revenus sociaux, revenus publics, pensions de retraite) ou au contraire plus « exposés » (revenus productifs résidentiels, dépenses touristiques, une partie des revenus pendulaires) à la crise. Au regard de la carte ci-après, les territoires touristiques (Corse), frontaliers (Luxembourg, Suisse) ainsi que des bassins dynamiques avant la crise (quart nord-est rhônalpin) sont plus particulièrement exposés aux effets de la crise.

 

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Le ralentissement de la consommation devrait, en toute logique, exposer plus fortement les territoires qui dépendent des secteurs d’activité qui souffrent le plus de la crise et qui répondent aux besoins de second ordre des populations (commerces de gros de boissons, commerces de détail de livres, enseignement supérieur, cabinets d’architecture, transports ferroviaires et urbains, contrôle de gestion, hôtellerie, spectacle vivant, réparation de machines et équipements, mécanique industrielle, travaux de couverture et de charpente, imprimerie…). À l’échelle nationale, le degré d’exposition est relativement homogène. 

Comme l’a souligné Olivier Portier, « avant la crise, 65 % des créations d’emploi dans les territoires étaient liés à ces secteurs. L’analyse de ces résultats en est d’autant plus important ».

 

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En ce qui concerne le tissu productif concurrentiel, les territoires les plus exposés sont a priori ceux qui comptent une grande part d’emplois dans des entreprises qui exportent dans des secteurs d’activité rares et fortement exposés (construction de véhicules automobiles, aéronautique et spatial, métallurgie, fabrication de textile, de papier et de carton, de boisson, sidérurgie, horlogerie, pêche et aquaculture, culture de la vigne, production de fromage, de lait, de condiments, extraction de minerais métalliques, d’hydrocarbures…).

 

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« Un choc rapide, intense et géographiquement hétérogène sur l’emploi »

Les quinze premiers jours du confinement de mars 2020 ont suffi à ternir sensiblement le niveau de l’emploi dans une large partie des bassins étudiés. Au total, au premier trimestre 2020, 478 000 emplois ont été détruits. La chute a été moins brutale au 2e trimestre (- 160 000) pour finalement permettre la création de 337 000 emplois au 3e trimestre 2020. Avec le reconfinement de novembre, les chiffres du 4e trimestre devraient encore accentuer ce bilan négatif. 

En près d’une année, le nombre de demandeurs d’emploi, toutes catégories confondues, a plus particulièrement augmenté en Île-de-France, dans la région toulousaine ou bien encore sur les parties proches des frontières orientales du pays. Toutefois, la suppression de nombreux emplois précaires a encore davantage fait augmenter le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A, notamment en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Ces résultats sont dix fois supérieurs à ceux constatés lors de la crise de 2008. 

Les échanges avec les participants ont permis de donner aux différents partenaires plusieurs pistes de réflexion pour poursuivre leurs travaux dans les prochaines semaines. 

 

Contacts AdCF : Nicolas Portier, n.portier@adcf.asso.fr ; Floriane Boulay, f.boulay@adcf.asso.fr

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