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Retours d’expérience

Les bassins de vie transfrontaliers, entre restrictions et coopérations face au Covid-19

Début février, le Gouvernement décidait une nouvelle fermeture des frontières pour maîtriser la propagation de l’épidémie, mais il a été tenu compte de la spécificité des bassins de vie transfrontaliers qui ont renforcé leurs coopérations face à la crise.

Depuis le 31 janvier 2021, toute personne entrant sur le territoire français, y compris à l’intérieur des frontières européennes, est soumis à l’obligation d’avoir en sa possession un test PCR négatif, de moins de 72 heures. Toutefois, cette obligation ne s’applique pas aux résidents des bassins de vie frontaliers (pour un déplacement d’une durée inférieure à 24 heures), ni aux travailleurs frontaliers. C’est la reconnaissance du fait transfrontalier, même si un pas en arrière a été constaté début mars lorsque l’Allemagne a classé la Moselle comme « zone à forte circulation du virus », exigeant un test pour chaque passage frontalier, sans aucune exception.

 

Luxembourg : des vaccins pour les soignants non-résidents

Le Grand-Duché du Luxembourg maintient la fermeture des entreprises de l’hôtellerie-restauration et un couvre-feu de 23 heures à 6 heures. Les déplacements pour raisons professionnelles restent autorisés, sur présentation d’un justificatif, ce qui permet aux 100 000 Français qui travaillent au Luxembourg de poursuivre leur activité. 

La campagne de tests massifs se poursuit. Les habitants sont invités par courrier à réaliser un test PCR. Les travailleurs frontaliers en bénéficient également via leurs employeurs. Paulette Lenert, ministre de la Santé, est en revanche revenue sur la stratégie vaccinale du Grand-Duché qui prévoyait initialement la vaccination des 250.000 travailleurs frontaliers. Suite à la décision de la Commission européenne d’attribuer les doses de vaccins à la seule population résidente, la vaccination des travailleurs étrangers sera limitée aux professionnels de santé.

 

Hôpitaux : solidarité transfrontalière avec le Haut-Rhin

Début 2020, le cluster mulhousien était le deuxième plus important dans le monde. Il a eu un « effet de sidération » explique le Dr Salze, conseiller délégué à la prévention et la gestion des risques sanitaires de Mulhouse Alsace Agglomération (M2A). « Nous avons connu dans le département, sur deux mois, une surmortalité de 1 300 personnes », rappelle-t-il. « Je crois que le reste du pays n’a pas vraiment pris la mesure du traumatisme que nous avons vécu ».

Dès la fin mars, les cantons bâlois et les autorités du Land de Bade-Wurtemberg autorisaient les transferts de patients vers leurs hôpitaux, alors même que s’achevait sur site le déploiement d’un hôpital de campagne. « Cette coopération transfrontalière s’est montrée salvatrice dans un moment particulièrement critique pour notre territoire », rappelle Fabian Jordan, président de M2A.

 « Les Mulhousiens ont sans doute intégré plus qu’ailleurs l’importance des gestes barrière. Aujourd’hui, nous ne sommes pas au bout de nos peines, mais la surmortalité est redescendue à 260 personnes sur les trois derniers mois », conclut le Dr Salze.

 

Dans le Genevois : la reconnaissance d’un bassin de vie transfrontalier

Christian Dupessey, Président du pôle métropolitain du genevois français, maire d’Annemasse et premier vice-président de l’agglomération, témoigne de sa grande satisfaction quant à la reconnaissance par le Gouvernement de bassins de vie transfrontaliers permettant la libre circulation dans un espace de 30 km autour de la frontière.

Au premier confinement, « la fermeture brutale des frontières par la Confédération suisse a été mal vécue tant par le Canton de Genève que par les territoires français : le bassin de vie était limité à sa seule dimension économique, en ne laissant passer que les travailleurs, sans tenir compte des échanges familiaux, scolaires ou culturels » explique le Président. 

La mobilisation du Comité régional franco-genevois tout comme celle des départements de Moselle et d’Alsace ont permis cette reconnaissance. Désormais, le territoire transfrontalier (cantons de Vaux et Genève, Ain et Haute-Savoie) dispose à son échelle de données harmonisées sur l’évolution du virus. « La crise a renforcé l’identité du territoire transfrontalier » conclut Christian Dupessey.

 

Contact : Maxime Goudezeune - m.goudezeune@adcf.asso.fr

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