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Retours d’expérience

Limoges Métropole (87) : « La priorité, c'est d'écrire un projet de territoire avec des axes forts pour engager des politiques publiques qui porteront leur fruit dans trois, cinq ou dix ans. »

Guillaume Guérin est le nouveau président de Limoges Métropole (87). Pour la série « Au cœur de la relance », il revient sur les différents dispositifs mis en place depuis le début de la crise Covid-19. Sur son territoire, la relance va s'organiser autour d'un projet de territoire en cours de conception. Objectif : définir les filières sur lesquelles investir, miser sur la transition écologique et signer un Contrat de relance et de transition écologique afin de se fixer un cap.

 

- Mise en place - 

Durant les deux premiers confinements, quelles sont les aides ayant été mises en place sur votre territoire ?

Sur la première vague, nous avons mis en place un dispositif d'aide au paiment des loyers. Il a assez peu fonctionné. Nous avons mobilisé 60 000 euros. Il y a aussi eu un soutien de trésorerie pour les entreprises qui passaient en dehors des radars de l'État et de la Région. C'était par exemple le cas de l'événementiel. Nous avons mobilisé 362 000 euros pour ce secteur. Nous avons abondé le fonds régional de solidarité de la Nouvelle-Aquitaine. Il était piloté par la Région et la Caisse des dépôts. Nous l'avons fait à hauteur de deux euros par habitant. Cela a généré 32 prêts à taux zéro pour des entreprises locales pour un montant de 389 000 euros. Nous avons également reporté des loyers pour des start-ups dans les cas où Limoges Métropoles était le bailleur. En réalité, cela va se traduire par une exonération totale plutôt qu'un report.

 

Et sur la deuxième vague ? 

Nous sommes restés sur un système de prise en charge des loyers pour les entreprises de moins de dix salariés. L'enveloppe allouée est beaucoup plus importante. À l'heure qu'il est, plus de 100 000 euros ont été consommés et nous pensons dépasser les 250 000 euros mobilisés. Cela concerne toutes les entreprises ayant subi une fermeture administrative courant novembre. Dans le cadre du plan de relance, nous avons aussi mis en place un dispositif de transformation numérique des entreprises. Nous avons abondé à hauteur de 100 000 euros ce volet pour développer notre accompagnement. Nous rentrons dans le cadre de ce qui est préconisé dans le cadre du plan de relance. 

 

Quelle est la période couverte par ces aides ? 

Sur les loyers, nous avons voté en conseil le fait que ce soit en novembre 2020 et nous nous laissons la possibilité de prendre également décembre 2020. Nous devons faire attention car sur cet aspect ce sont des sommes très importantes. 

 

Au niveau de l’accompagnement numérique, comment cela va-t-il se dérouler ? 

La région a déjà mis en place un dispositif dans ce domaine. Nous sommes dans la complémentarité pour des entreprises de taille inférieure. 100 000 euros sont fléchés et plus de 60 dossiers ont déjà été déposés. L'aide porte sur différents domaines. Cela peut-être un logiciel de facturation ou de clientèle comme un nouveau site internet. Tout ce qui touche à la transformation numérique des usages des entreprises. 

 

- Le projet aujourd'hui - 

Au niveau du Contrat de relance et de transition écologique, où en êtes-vous ? 

Sur le CRTE, nous avons vu le préfet. C'est un document qui est lourd et peut-être un peu techno. Ce n'est pas simple à appréhender. Néanmoins, nous devons essayer de saisir cette opportunité pour capter un maximum de financements sur des projets situés dans des niches et des filières que nous avons identifiées. La mobilisation et la participation de la part de Limoges Métropole dépendront beaucoup de notre projet de territoire. Nous sommes aujourd'hui en train de nous doter d'un projet de territoire. 

 

Comment cette démarche se déroule-t-elle ? 

Sa construction va se faire sur plusieurs mois pour se finir à l'automne 2021. Nous nous devons d'attendre la fin de ce projet de territoire pour savoir comment nous nous positionnons vis-à-vis du CRTE tel qu'il nous est présenté aujourd'hui. Nous espérons que, sur des secteurs très précis comme la transition énergétique et tout ce qui touche à des sujets environnementaux, nous pourrons avoir un regroupement des crédits disponibles pour abonder notre projet. Nous allons dans tous les cas signer un CRTE mais nous demanderons aux services de l'État une clause de revoyure pour le mettre à jour lorsque nous aurons défini notre projet de territoire. 

 

Dans le domaine de l'eau notamment vous avez des projets qui peuvent être concernés...

Aujourd'hui, nous avons un pôle « eau » qui est très large à Limoges Métropole. Nous avons, par exemple, le siège de l'office international de l'eau. Nous avons un certain nombre de start-ups qui gravitent autour de ce sujet. Cela va du traitement de l'eau ou l'industrialisation de la ressource en elle-même. Nous avons aussi des capacités de stockage plus importantes que n'importe où en France. Nous avons un véritable projet structurant. Nous voulons être actifs sur chaque étape. De la consommation à la fin du cycle. Nous mobilisons tous les acteurs autour de ce dossier pour essayer d'être précurseurs. Nous voulons être identifiés comme un territoire lié à l'eau à l'échelle de l'hexagone. 

 

Quelle est votre prochaine étape ? 

Limoges Métropole apprend tout juste à vivre comme une intercommunalité. Il y a une histoire locale qui faisait que nous n'avions pas pris le rôle jusque-là. Il y avait un DGS qui était mutualisé entre la ville-centre et l'intercommunalité. L'intercommunalité n'était qu'un guichet où les communes venaient récupérer des fonds pour leur voirie ou des attributions de compensation. En 2014-2020, il y a eu un basculement politique au niveau de la ville-centre mais pas à celui de l'intercommunalité. Il y a eu un gel des relations qui n'a pas servi le territoire. Il nous appartient aujourd'hui d'écrire un projet de territoire et de permettre davantage de transversalités entre les services de la ville centre et ceux de l'intercommunalité. Mais ma priorité, c'est d'écrire un projet de territoire avec des axes forts pour engager des politiques publiques qui porteront leur fruit au bénéfice de la collectivité dans trois, cinq ou dix ans. 

 

- Les informations complémentaires - 

Quelles sont vos difficultés des derniers mois ?

Ce n'est pas spécifique au CRTE mais ce que nous attendons des services de l'État, c'est de la visibilité. C'est très bien d'avoir des dispositifs en appui aux collectivités territoriales. Mais nous devons avoir un cap et que les dispositifs arrêtent de s'empiler les uns sur les autres avec des changements de cap tous les trois ans. La grosse difficulté des collectivités publiques, c'est d'y voir clair sur les politiques publiques à engager dans la prochaine décennie. Pas seulement à très court terme. La crise du Covid-19 et la relance vont laisser aux collectivités territoriales un certain nombre d'opportunités. Encore faut-il que les services de l'État nous donnent une visibilité sur ce que nous pouvons engager ou pas. 

 

Que va-t-on y retrouver ? 

L'un d'entre eux, c'est le développement économique. Nous devons nous différencier en structurant des filières sur lesquelles nous pouvons être compétitifs par rapport à des intercommunalités de la même strate. Le plan de relance existera pour nous comme pour les autres. Je m'adapterais aux dispositifs qui seront mis en place. Tout ceci ne dépend pas uniquement des acteurs locaux. 

 

 

 

"Au cœur de la relance" est une série de l'AdCF en partenariat avec Territoires-audacieux.fr destinée à valoriser les initiatives des intercommunalités dans le cadre de la relance, à les accompagner : interviews de président.e.s d'intercommunalités, questions/réponses techniques, échange avec une personnalité qualifiée, ...

Retrouver l'ensemble des vidéos et articles du programme

 

Contacts :

- AdCF : Sandrine GuiradoYoann JacquetFloriane Boulay

Territoires-audacieux.fr : Baptiste GapenneLéa Tramontin

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