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Développement économique

Territoires d’industrie : une nouvelle note de l’AdCF dédiée aux réseaux d’entreprises et aux projets de coopérations industrielles locales

L'AdCF publie, avec le soutien de la Banque des Territoires, une quatrième note d’analyse des fiches actions des Territoires d’industrie centrée sur les coopérations et réseaux d’entreprises dans la consolidation des bassins industriels. Ces rapprochements, aux formes plurielles, permettent aux Territoires d’industrie de conforter leur croissance et mieux affronter la crise économique. A moyen long terme, ils laissent également entrevoir des opportunités de croissance, d’innovation et de décarbonation des activités industrielles.

Le programme Territoires d’industrie s’inscrit depuis ses débuts dans une démarche ascendante et partenariale. Cette méthode inédite en matière industrielle a incité nombre d’entreprises, de collectivités, d’acteurs associatifs, à initier et formaliser des actions communes de consolidation des tissus productifs locaux.

 

Des configurations partenariales plurielles, façonnées par les réalités économiques locales, et accordant une place croissante aux intercommunalités

Ces coopérations permettent aux entreprises et aux collectivités de faire face aux transitions numériques, écologiques, humaines auxquelles font face les activités industrielles. Les mutualisations rendent possible l’émergence de sites d’activités hybrides, d’écoles de production, d’investissements durables, d’offre de services aux salariés… qui constituent autant d’actifs spécifiques non-délocalisables (dynamiques d'innovation, compétences et savoir-faire, dispositifs d’économie circulaire), plébiscités par les différents appels à projets du plan de relance (Transitions collectives, décarbonation de l’industrie, VTE).

Les modes locaux de coopération industrielle sont marqués par une très grande diversité. La composition du tissu économique (filières, taille des entreprises, procédés, produits, marchés…), le degré d’interventionnisme des collectivités et les trajectoires historiques des territoires influencent fortement les modes de gouvernance industrielle et leur degré d’institutionnalisation.

Ces derniers vont du simple contrat d’achat/vente aux « clusters » pérennes, en passant par des contractualisations, des associations… Pour être efficaces, les politiques industrielles doivent prendre en compte et s’appuyer sur ces différences de structuration des tissus productifs. En ce sens, leur «territorialisation » devient un enjeu majeur.

Dans de nombreux bassins est constaté un rapprochement très net entre collectivités et collectifs d’entreprises. Les différentes parties prenantes se dotent d’un langage commun et s'apportent un soutien mutuel (appui technique, cofinancement de projets ou de postes…) au cœur de la dynamique des Territoires d’industrie. Ces rapprochements sont les gages d’une animation réelle et durable des écosystèmes industriels, à l’origine de multiples projets de mutualisation et d’investissements, eux-mêmes porteurs d'innovation et de compétitivité. Ils contribuent à construire la variable clef de la coopération : la confiance.

 

Des collectivités locales essentielles dans la formation et la dynamisation d’écosystèmes propices aux activités industrielles

Pour sa part, le tournant de l’industrie dite « 4.0 » ne se résume pas à des investissements matériels, mais met à l’épreuve la capacité des organisations et de leurs écosystèmes à intégrer innovations et nouveaux procédés. En d’autres termes, la compétitivité des activités industrielles repose, dans une proportion croissante, sur des facteurs qualitatifs comme la proximité sociale et économique des acteurs, leurs complémentarités fonctionnelles, la confiance mutuelle, la présence d’institutions publiques et privées fédératrices... En abordant chacune de ces dimensions du développement économique local, les Territoires d’industrie forment un cadre de coopération propice à l’émergence et à la montée en puissance des écosystèmes industriels.

L’aménagement d’un bâti industriel hybride et collaboratif par les intercommunalités favorise les rapprochements économiques et les dynamiques d’innovation. La mise à disposition de « tiers lieux productifs » devient un cadre de rapprochement des acteurs d’horizons divers (entreprises, centres de formation, acteurs de l’insertion, universités, lycées…), mais concourant ensemble au renforcement des tissus industriels. Par les mutualisations de savoirs et d’équipements qu’ils concrétisent, ces interfaces permettent l’éclosion de projets nouveaux. Ils encouragent une certaine prise de risque, facilitent la modernisation des procédés et des outils, accompagnent la montée en compétence (et en valeur ajoutée) des entreprises des Territoires d’industrie.

Enfin, par la commande publique, les co-investissements et les actions d'intermédiation, les intercommunalités initient ou rendent possibles un certain nombre de dispositifs d’écologie industrielle territoriale, notamment au travers d’une position de « tiers de confiance ». Ces dispositifs représentent à la fois un levier et une résultante des rapprochements entre entreprises locales. Pour les entreprises, ces dispositifs sont un levier de réduction des coûts de production, d’optimisation de leurs déchets, et de diminution de leur impact carbone. Pour les collectivités, ces actions sont aussi l’occasion d’inscrire des stratégies économiques (Territoires d’industrie) et environnementales (Contrats de transition écologique) dans une même feuille de route globale, potentiellement incarnée dans les futurs contrats de relance et de transition écologique (CRTE).

 

Contacts : Lucas Chevrier, Floriane Boulay

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