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Attirer des médecins : l’expérience de la communauté Porte de DrômArdèche

La communauté de communes Porte de DrômArdèche construit un centre de santé et déploie un panel de mesures incitatives, allant jusqu’au salariat, pour faciliter l’installation de nouveaux médecins sur son territoire.

La communauté de communes Porte de Drômardèche a signé son contrat local de santé le 25 avril dernier, axé sur l’accès aux soins, la prévention, le secteur médicosocial et le lien entre médecine de ville et hôpital. Des sujets au cœur des préoccupations des 48000 habitants de ce territoire à cheval sur les départements de la Drôme et de l’Ardèche : « Comme bon nombre de territoires, nous devons anticiper le départ en retraite de la moitié de nos 35 médecins généralistes au cours de la prochaine décennie. Depuis deux ans, nous avons pris ce dossier à bras-le-corps et nous travaillons avec les praticiens déjà installés sur le territoire, qui accueillent des internes en tant que maîtres de stage. Nous recevons ensuite leurs stagiaires à la communauté de communes pour échanger sur leurs besoins et les accompagner dans leur projet d’installation » explique Pierre Jouvet, président de la communauté de communes. Son objectif à court terme est de recruter de nouveaux professionnels dans le futur centre de santé intercom- munal qui ouvrira à l’automne 2020 et qui devrait accueillir « entre trois et cinq médecins généralistes ainsi que plusieurs spécialistes : sage-femme, psychologue, diététicien, orthophoniste, infirmier. »

Le salariat, un premier pas

Une tendance forte se dessine parmi les attentes des jeunes médecins : « Ils nous expliquent que ce n’est pas facile pour eux de s’installer dans un territoire qu’ils ne connaissent pas dès la sortie de leurs études et d’assumer en même temps les res- ponsabilités d’un cabinet. Dans ces condi- tions, le salariat leur permet de faire un premier pas, découvrir le territoire, avoir des horaires fixes, avant peut-être d’ouvrir leur cabinet. » poursuit le président. Ce que confirme Flavie Pouradier Duteil, interne en médecine générale, pour qui « le salariat permet de se consacrer à 100 % à ses patients et à la médecine. Dans ce fonctionnement, ce n’est plus le médecin qui gère le volet administratif mais la collectivité. » Par exemple, le centre de santé pourra être déclaré comme médecin traitant. Les médecins étant salariés, c’est la communauté qui sollicitera les remboursements auprès de l’Assurance maladie. Le centre permet aussi de porter un projet médical partagé : « c’est ce dernier point qui m’a convaincue. L’accompagnement est réalisé par plusieurs professionnels qui exercent au même endroit et communiquent. C’est aussi la possibilité de monter plusieurs projets communs » confie Flavie Pouradier Duteil.

Un accompagnement complet facilitant tout mode d’exercice Aujourd’hui, la communauté propose un accompagnement complet en facilitant tout mode d’exercice, salarié ou libéral, pour attirer les praticiens. Les médecins qui souhaitent ouvrir leur cabinet sont accompagnés avec la prise en charge pendant un an du loyer, qui peut être complétée avec une aide à l’investisse-ment matériel et un accompagnement à  la recherche d’emploi du conjoint. « Nous mettons en œuvre les mêmes actions que pour l’accueil d’entreprises » résume Pierre Jouvet. Ainsi, la communauté a loué un stand au congrès national des internes en médecine générale afin de présenter le territoire, ses atouts et sa palette d’outils d’accompagnement à l’installation. Porte de DrômArdèche a également déployé ces dernières années cinq maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) pour permettre l’exercice en regroupement libéral. Afin de mener de telles actions, l’échelle intercommunale s’impose, selon Pierre Jouvet. « Le temps où nous avions un médecin par village est révolu, il faut réfléchir à l’échelle du bassin de vie. J’ai souhaité dès le départ que le diagnostic soit établi au niveau de la communauté. Il a permis d’identifier les manques, les besoins, les pathologies plus spécifiques à notre territoire, de déterminer où installer le centre de santé. » En l’occurrence, c’est la ville-centre, Saint-Rambert d’Albon, qui accueillera l’équipement de 450 m2 car c’est celle où le déficit de médecin était le plus prégnant. En complément, un bus santé est à l’étude. Il sillonnerait le territoire afin d’aller au-devant des personnes âgées, moins mobiles ou sur les secteurs sans médecin. Les médecins du centre de santé se relaieront pour assurer ces tournées dans les communes sans offre de soins. Ils disposeront à l’arrière du véhicule du même équipement qu’en cabinet.
Pour mener son action en matière de santé, la communauté de commune s’appuie sur un poste de chargé de mission à plein temps avec l’appui de la directrice générale des services et de Patricia Bodin, vice-présidente à la Santé. À terme, un recrutement est envisagé pour la direction du centre de santé. Le centre a nécessité un investissement de 2,8 millions d’euros financé par la communauté de communes avec le soutien de l’État, de la région Auvergne- Rhône-Alpes, du département et de la Caisse d’allocations familiales car le projet comprend également une crèche multi-accueil.

Sébastien Bayette

 

 

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