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Concentration de l’emploi dans les établissements à l’échelle des intercommunalités

Alors que le Grand ouest est marqué par une part importante de l’emploi dans les établissements de taille intermédiaire, la France méridionale connaît une forte concentration de l’emploi dans les petites structures.

Avec le soutien de la Banque des territoires, l’AdCF a créé en 2019 une nouvelle collection éditoriale : "Les Notes de l'AdCF". Aux côtés de ses publications régulières, de ses études et guides, l’AdCF proposera régulièrement des notes de son observatoire consacrées à des questions socio-économiques, financières et fiscales, environnementales… Cette collection est inaugurée en 2019 par une série de notes consacrées à l’analyse approfondie des tissus économiques des intercommunalités. Celles-ci sont réalisées par Olivier Portier Conseil pour l'AdCF. Il est envisagé de restituer les données sur l’application informatique de l’observatoire de l’AdCF en cours de reconfiguration. Dans un premier temps, les analyses sont restituées sous forme de documents de 6 à 8 pages, comportant des cartes, tableaux, textes et commentaires (méthodologie, points à retenir…).

La première note de cette nouvelle collection a été diffusée sous format numérique en mars 2019. Elle était consacrée à la composition des tissu productifs locaux au regard de la taille de leurs établissements (retrouver la note ici). Le poids hyper-prépondérant des petits établissements et même des micro-entreprises dans l’ensemble des territoires était mis en évidence, avec une intensité plus ou moins forte selon les régions.

La nouvelle note prolonge ces analyses mais en inversant le regard et en partant de la concentration de l’emploi. Celui-ci est-il concentré dans les micro-établissements ? Dans des entreprises de petite taille ou taille intermédiaire ? Dans des très grands établissements ? La note révèle que si les établissements de plus de 500 salariés ne représentent que 0,05% des établissements au niveau national, ils concentrent néanmoins 16,8% de l’emploi du tissu productif. 36,4% de l’emploi relèvent d’établissements de 50 à 500 salariés (1,1% des établissements). 27% des salariés relèvent des établissements situés entre 10 et 49 salariés (4,7% du parc). 71,1% des établissements sont des entreprises sans salarié. De fait les salariés se répartissent entre moins d’un tiers des établissements au total.

Pourquoi retenir la notion d’établissement ?

Comme l’explique la note, l’établissement est la seule donnée finement localisable et stable. La notion d’entreprise, même si elle est redéfinie depuis la loi LME de 2008, est confrontée au problème de découpage juridique (filialisations) et de stabilité du périmètre. Les politiques de ventes et de rachats, de filialisation ou de consolidation, de cessions de parts… rendent très volatiles les frontières des entreprises. La notion d’établissement est de fait celle qui est la plus stable et la plus tangible pour les collectivités. Elle permet une localisation fine. De fait, la note offre des cartes qui effectuent les calculs de répartition à l’échelle des intercommunalités. Il apparaît en moyenne que la concentration de l’emploi dans les établissements de taille importante s’accroît de manière presque linéaire avec la taille des intercommunalités. L’emploi dans les plus grands établissements (+ 500 salariés) est de 25% dans les métropoles pour environ seulement 3% dans les intercommunalités de moins de 20 000 habitants. Dans ces dernières, l’emploi relevant d’établissements de petite taille (moins de 10 salariés) est presque le double (31,5%) de celui des grandes intercommunalités (16,2%). Ces écarts ne surprendront pas mais méritaient d’être chiffrés. L’emploi se concentre au fur et mesure que l’on progresse en « densité urbaine ». Ce constat résulte de valeurs moyennes qui connaissent néanmoins des exceptions, certains territoires peu denses, industrialisés, étant marqués par une forte polarisation de l’emploi dans des grosses unités (CC Cattenom, CC Tille et Venelle).

Au-delà des valeurs extrêmes, il est intéressant de découvrir que les intercommunalités de toutes tailles connaissent une concentration relativement proche de leurs emplois dans la strate d’établissements intermédiaires des 50-500 salariés. C’est une information notable car ces établissements représentent plus d’un tiers de l’emploi total (36,4%) en moyenne nationale. Toutes les strates d’intercommunalités disposent d’au moins 30% de leurs emplois dans les établissements de cette taille. Les moins de 20 000 habitants y comptent 31% de leurs emplois. Le taux record (38,5%) est atteint par les intercommunalités de la tranche 200 000-500 000 habitants. Ces types d’établissements sont stabilisateurs de l’économie locale en diversifiant les risques tout en dynamisant la croissance de l’emploi. Il est de fait intéressant de constater qu’ils irriguent une part importante des territoires.

Cette approche par strate d’intercommunalités ne doit pas oblitérer pour autant l’importance des contrastes régionaux que la note n°1 avait déjà mis en évidence. La « granulométrie » des établissements dessine une carte de France contrastée entre le nord et le midi. L’emploi au sein des établissements de taille intermédiaire est beaucoup plus élevé dans un grand quart Nord-Ouest qui s’étire des Hauts de France jusqu’aux Pays de la Loire.

La France méridionale, hors métropoles (Toulouse, Montpellier, Aix-Marseille, Nice), voit se concentrer l’emploi dans établissements des petite taille, notamment de moins de 10 salariés.

A suivre : L’orientation économique des intercommunalités : entre profil exposé et profil abrité, Les Notes de l'AdCF, N°3

Note publiée avec le soutien de la Banque des Territoires

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