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Politique jeunesse : quelles actions des intercommunalités et des pays-PETR ?

Une étude réalisée par l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP) illustre, à partir de l’analyse croisée de quatre monographies de territoires périurbains et ruraux, la manière dont intercommunalités et pays-PETR appréhendent puis mettent en oeuvre une action publique en direction de la jeunesse.

Une grande diversité d’interventions

Jordan Parisse, rédacteur de la note et chargé d’études et de recherche au sein de l’INJEP, a d’abord souhaité observer de quelles façons les enjeux relevant de la jeunesse en milieu périurbain et rural étaient traités au sein des projets de territoire portés par des intercommunalités et des pays-PETR.

Ce travail s’appuie sur l’analyse de quatre territoires : le pays de Marennes-Oléron, le pays de la Vallée du Lot, le Pays Basque (Nouvelle-Aquitaine) et le pays Terres de Lorraine (Grand Est) et de quelques-unes de leurs communautés membres.

A l’échelle des pays-PETR, « les enjeux propres à la jeunesse ne sont pas pensés (…) comme un élément structurant d’une stratégie de développement territorial intégré » ; « mais se limitent à une approche relativement restreinte (…) sans évoquer l’articulation avec d’autres dimensions telles que la mobilité, le logement, l’emploi, la formation ou encore la santé ». La prise en compte de la jeunesse reste cependant très variable selon les territoires : de « inexistante » à plutôt présente. Cette approche, quand elle existe, se résume souvent à l’accompagnement de projets portés par les jeunes et à la recherche de cohérence des actions qui leur sont destinées.

Dans ce paysage, le cas du Pays Basque (avant sa constitution en communauté d’agglomération au 1er janvier 2017) fait figure d’exception, lui qui a fait, depuis les années 2000, « de la jeunesse un enjeu saillant de la stratégie de développement territorial » : création d’un « chantier jeunes », d’un « dispositif jeunesse Pays Basque », d’une « mission jeunesse » au sein du Conseil de développement du pays dotée de deux chargées de mission…  

Ce dernier exemple d’initiative est révélateur du volontarisme du territoire et renvoie à la question, plus large, de l’ingénierie mise à disposition des actions destinées aux jeunes.

Si toutes les structures de type pays-PETR disposent bien d’une ingénierie technique, celle-ci revêt des formes variables, impactant la déclinaison concrète (ou non) des stratégies : ingénierie pérenne ou ingénierie très ponctuelle relevant d’une démarche contractuelle (programme Leader par exemple), la « fragilité » de l’ingénierie conduit parfois, pour les projets élaborés, à «un manque de légitimité auprès des élus du pays ».

Côté intercommunalités, on observe une même « diversité des logiques d’intervention en direction des jeunes » : avec ou sans la compétence enfance-jeunesse, en régie ou se reposant « exclusivement sur les initiatives portées par les associations de jeunes », seule ou en contractualisant avec d’autres acteurs publics…les quelques communautés observées démontrent que de nombreuses initiatives sont prises et qu’elles concernent des champs d’action très larges :

  • Des actions de prévention, via le conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance et la création ad hoc d’un « groupe prévention » réunissant un grand nombre d’acteurs (Communauté Moselle et Madon) ;
  • Un projet éducatif local, avec la création d’un bureau information jeunesse et d’un réseau d’animateurs (Communauté de l’île d’Oléron) ;
  • Un contrat d’animation jeunesse territorialisé (CAJT), signé avec le Conseil départemental et l’une des cinq fédérations d’associations d’éducation populaire (Communauté du Pays de Colombey et du Sud Toulois) ;
  • Des actions dans le domaine de l’emploi, de l’activité économique, du logement, grâce à l’engagement des associations de jeunes (communauté du Pays Basque).

Une traduction opérationnelle encore trop faible

Si les interventions des pays-PETR et des intercommunalités permettent « une offre de services aux jeunes » ou participent à « la structuration des jeux d’acteurs locaux », ces « deux niveaux d’action publique (…) ne constituent pas à ce jour des entités porteuses d’une politique transversale et globale en direction des jeunes ». Car « les projets de territoire prennent marginalement en compte ces enjeux, et se limitent à une approche relativement restrictive ».

Cependant, le constat, pour les intercommunalités, « est quelque peu à nuancer », car les actions se font « parfois dans une logique d’animation transversale ».

L’analyse de ces quatre monographies aboutit à la conclusion suivante : « les intercommunalités rurales et périurbaines pourraient jouer un rôle accru dans la formulation d’une politique territoriale de jeunesse ».

D’autant que les récentes évolutions de périmètres et de responsabilités des intercommunalités peuvent laisser penser à de nouveaux « processus de redéfinition des projets territoriaux et des relations partenariales propices à l’intégration de nouveaux enjeux tels que la jeunesse ».

Téléchargez ici l’intégralité de la note

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