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Institutions et pouvoirs locaux

Les Français et l’intercommunalité : 3 sur 4 sont satisfaits du travail accompli par leur communauté

Les résultats de sondage IFOP réalisé pour l’AdCF révèlent une très forte adhésion des Français aux principes de la coopération intercommunale, un haut niveau d’appréciation et un progrès des connaissances tant sur l’intercommunalité en général que sur leur communauté/métropole de résidence.

À la demande de l’Assemblée des Communautés de France, l’IFOP a conduit un sondage du 6 au 11 septembre 2018 auprès des Français sur l’intercommunalité (échantillon de 2005 personnes). L’étude portait sur les perceptions et représentations associées à l’intercommunalité; le degré de connaissance de son intercommunalité, l’information sur le rôle et les actions des communautés et métropoles; les attentes et la satisfaction à l’égard de son intercommunalité; institution et mode d’élection dans les intercommunalités.

Présentés par François Kraus, directeur du pôle politique de l’IFOP le 4 octobre lors de la 29ème convention nationale de l’association, les résultats traduisent un large soutien des Français à l’intercommunalité :

-        86% des Français pensent que le principe de l’intercommunalité est une bonne chose,

-        83% déclarent également que ce principe est une bonne chose pour leur commune de résidence

Ce dernier résultat est en progrès (+ 9% pour leur commune de résidence) par rapport au précédent sondage (2013) de l’IFOP pour l’AdCF.

 

En termes d’appréciation et de connaissances de leur communauté

-        75% des répondants sont satisfaits du travail accompli par leur intercommunalité

-        79% connaissent le nom actuel de leur communauté/métropole mais seulement 41% le nom de leur président-e (questions en notoriété assistée).

 

En termes d’appréciation et de connaissances de l’intercommunalité

D’une manière générale, les Français considèrent assez bien connaître les domaines de compétences des intercommunalités (89%), leur mode de financement (83%). D’un point de vue qualitatif, les répondants considèrent que l’intercommunalité permet de

-        mettre en commun des moyens au service d’un projet de développement cohérent (84%),

-        proposer de nouveaux services et équipements collectifs pour les habitants (80%),

-        renforcer les solidarités financières entre communes riches et pauvres (70%).

Parmi les autres traits d’image associés à l’intercommunalité, 74% des répondants indiquent que l’intercommunalité permet d’adapter la gestion publique à l’évolution des modes de vie et des besoins des habitants. Au demeurant, et il faut y prendre garde, ils sont 65% à penser que l’intercommunalité tend à une hausse des impôts locaux et 56% à éloigner les élus des citoyens. Des scores inférieurs à 2013 mais qui restent élevés.

 « Les résultats de ce nouveau sondage sont pour nous très encourageants » soulignait Jean-Luc Rigaut, président de l’AdCF, président du Grand Annecy, lors de leur présentation. Il y a un soutien très clair de nos concitoyens à la coopération intercommunale et aux évolutions récentes.  « C’est un considérable encouragement pour aller de l’avant.  Nous devons néanmoins rester attentifs aux points d’alerte sur la fiscalité ou le risque d’éloignement ».

 

Le Point de vue de l’IFOP -

« De toutes les collectivités, l’intercommunalité est souvent présentée comme la mal-aimée, non seulement en raison du fait qu’elle bénéficie d’un moindre attachement que des institutions multi-séculaires comme la commune ou le département mais aussi parce que ses actions, ses compétences ou ses projets sont généralement moins bien identifiés par les Français…

Or, les résultats de cette enquête vont à l’encontre de ces idées reçues issues de la tradition et de la culture politiques françaises en montrant notamment une adhésion massive et croissante des Français à l’égard de leur intercommunalité.

Certes, elle n’est toujours pas un référent politique aussi important que peuvent l’être par exemple la municipalité ou le département, mais l’intercommunalité est désormais une institution bien ancrée dans le rapport des Français à la politique et plus particulièrement au paysage politique local.

Cette adhésion des Français, l’intercommunalité la doit avant tout à un large sentiment de satisfaction a l’égard de ses services, au sentiment que son action a un impact positif pour sa commune de résidence et qu’elle est beaucoup moins politisée, personnalisée ou idéologique qu’à d’autres échelons politiques : la forme de cogestion qu’implique le principe d’intercommunalité oblige son action à s’inscrire plus dans une logique de services aux habitants que dans une logique politique.

En cela, si l’intercommunalité est de plus en plus appréciée par les Français, c’est parce qu’elle correspond de plus en plus à un air du temps où les Français expriment à l’égard des collectivités la volonté d’agir en dehors des clivages idéologiques et avec un souci d’efficacité et de rassemblement des bonnes volontés autour de projets concrets améliorant par exemple la compétitivité du territoire et la qualité des services aux habitants. »

 

Un regard globalement positif sur les évolutions récentes des communautés avec des attentes en termes d’information entre autres sur l’intercommunalité.

Par rapport aux réformes récentes de l’intercommunalité, les Français en approuvent largement les axes majeurs :

-        87% d’entre eux jugent positivement le renforcement de leurs compétences,

-        74% l’intégration de toutes les communes dans une intercommunalité,

-        64% la réduction du nombre de communautés à travers des fusions.

 

Par rapport au mode d’élection des candidats aux élections municipales et communautaires :

-        78% des Français pensent que le mode de scrutin « fléché » introduit en 2014 est une bonne chose,

-        61% se déclarent favorables à son extension à toutes les communes.

En termes d’information sur l’intercommunalité et sur l’ensemble des collectivités territoriales, il reste encore d’importants progrès à faire pour incarner ces institutions et mieux expliquer leur mode de fonctionnement.

Les Français sont en demande forte d’information sur l’intercommunalité, comme d’ailleurs sur les autres niveaux de collectivités.

-        59% des Français s’estiment insuffisamment informés et souhaitent en savoir davantage sur leur intercommunalité (47% sur les communes, 59% sur les conseils départementaux, 61% sur les conseils régionaux).

En vue des élections locales, les Français sont en demande de transparence forte et de renforcement de la part des débats consacrée aux projets et compétences des intercommunalités :

-        94% souhaitent que ces derniers soient placés au coeur des débats et des programmes des candidats.

-        93% demandent que les candidats à la présidence de l’intercommunalité se déclarent clairement avant les élections locales.

« Le message est très clair », conclut Jean-Luc Rigaut : « nos concitoyens veulent une intercommunalité au grand jour et incarnée. Le temps de l’intercommunalité anonyme est révolu ».

 

Présentation des résultats du sondage IFOP pour l’AdCF sur « les Français et l’intercommunalité », septembre 2018

Communiqué de presse, AdCF, 4 octobre 2018

 

Les Français et l’intercommunalité : les résultats du sondage expliqués et commentés avec François Kraus, directeur des études politiques à l'Ifop et Charles-Eric Lemaignen, 1er vice-président de l'AdCF au micro d'Acteurs Publics TV

 

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