Thématiques

Finances et fiscalité

Commande publique Un frémissement fragile

Les résultats du baromètre AdCF-CDC de la commande publique pour le deuxième trimestre 2017 sont désormais disponibles. Une analyse détaillée en sera proposée à la rentrée de septembre. En comparant les premiers semestres de l’année depuis 2012, le premier semestre 2017 est marqué par un léger mieux que l’an passé, avec 38,68 milliards d'euros de commande publique totale contre 37,72 milliards. Mais très loin des 50 milliards d'euros de 2012 et encore en dessous de 2015 (40 milliards d'€). Le bloc local repart à la hausse mais de manière très timide. C’est dans les travaux que la chute principale s’explique depuis 2012, les services, ingénieries et achats de fourniture ayant été assez stables.

En première analyse, il est encore difficile de parler de véritable reprise de la commande publique et de l’investissement local. Certains acteurs continuent même de voir leurs commandes chuter. D’autres la stabilisent ou l’augmentent un peu, mais nous sommes loin des mouvements de reprise qui caractérisent en période normale les deuxième et troisième années des cycles électoraux. 

Au cours des deux premiers trimestres 2017, les acteurs publics (Etat, collectivités, opérateurs, bailleurs sociaux...) ont commandé pour 38,68 milliards d’euros de prestations à travers 125 451 appels d’offres. C’est légèrement mieux qu’en 2016 (+2,5% en valeur et + 0,6% en nombre d’appels d’offre) mais 2016 est une année de creux, marquée par une commande importante au premier trimestre et un effondrement au second. L’AdCF et la CDC, avec leur partenaire Vecteur+, pensent que l’explication majeure vient du changement des règles de la commande publique intervenu fin mars 2016, puis l’entrée dans les séquences de fusions de structures intercommunales.

Compte tenu de la faiblesse atteinte par la commande publique en 2016, le mouvement de reprise des deux premiers trimestres de 2017 n’est qu’un signal faible. Et fragile. Il faudra mesurer l’impact des annonces de la Conférence nationale des Territoires sur cette reprise.

 

Le rebond classique après le « cycle électoral » ne se confirme pas

Par rapport à 2017, le bloc local voit sa commande publique progresser de 2,9% à 18,53 milliards d'€ contre 18,01 Mds d'€ l’an passé. Mais elle est encore très loin des 24 milliards du premier semestre 2012. Ce différentiel de presque six milliards, sur un seul semestre, explique l’essentiel de la chute de la commande publique.

Avec 6 milliards d'€ de commande sur la moitié de l’année, l’Etat reste stable depuis cinq ans. Sa commande publique évolue de manière linéaire autour de ce niveau avec un pic de 6,39 Mds d'€ en 2012 et un creux à 5,85 Mds d'€ en 2016, soit une très faible amplitude. La commande publique des opérateurs publics (RATP, RFF...) avoisine en général les deux milliards d’euros sur un semestre. C’est à nouveau le cas au cours du premier semestre 2017, après deux années de tassement à 1,8 Md d'€. Mais elle retrouve désormais son niveau de 2012 et sera sans doute dynamisée par les chantiers du métro "Grand Paris Express".

Les bailleurs sociaux sont enfin d’une remarquable stabilité entre 2017 et 2016 (5,24 Mds d'€ contre 5,25 Mds) mais demeurent très en-deçà des 7,1 Mds d'€ de 2012 ou 6,8 Mds d'€ de 2013. Les régions préservent à peu près leur commande publique mais elle reste proportionnellement faible. La baisse continue du côté des départements.

Parmi les enseignements frappants des nouvelles données : la chute qui se poursuit en matière des travaux neufs, avec une réduction de 9,4% de semestre à semestre. Les travaux de renouvellement se stabilisent en revanche et même progressent pour les seules collectivités. Ce sont de fait les services les ingénieries et les achats de fournitures qui redynamisant la commande publique. Une partie des commandes de travaux doit d’ailleurs être externalisée dans des délégations de services. Cela se confirme lorsque l’on regarde les commandes en matière d’eau et d’assainissement par exemple ; commandes qui continuent de chuter mais avec un mieux dans les services.

En matière de destinations thématiques, le baromètre met en exergue la reprise nette de la commande publique sur des sujets tels que le numérique mais aussi sur les bâtiments territoriaux. Les chantiers d’accessibilité et d’efficacité énergétique expliquent certainement une partie de cette reprise. D’autres domaines, comme les routes, continent de connaître des baisses.

 

Accéder aux résultats et ressources liés au Baromètre "Evolution de la commande publique 2012 - 2016" AdCF - Caisse des Dépôts

Partager
En savoir plus
Documents à télécharger Documents à
télécharger