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Atlas régional de la culture : 13 milliards de dépenses publiques passés à la loupe

Le Ministère de la Culture a publié en mai dernier la première édition de l’Atlas régional de la culture qui propose de très nombreuses informations territorialisées sur les dépenses et interventions culturelles des collectivités mais aussi de l’Etat. Un document très riche qui aurait gagné à s’appuyer sur la carte des intercommunalités tant ces dernières comptent dans les politiques culturelles.

Dans sa partie introductive, l’Atlas régional offre des informations analytiques sur les montants des dépenses culturelles des acteurs publics qui s’élèvent à près de 13 milliards d’euros au total. L’Etat demeure un financeur important, avec 3,2 milliards soit 26% des financements publics apportés par le ministère et ses opérateurs. Leur projection territoriale est au demeurant extrêmement concentrée en Ile-de-France (67% !!!), à travers les grands établissements publics nationaux parisiens notamment. Avec 57% des dépenses totales,  le bloc communal est de très loin le principal financeur de la culture. Les communes représentent 44% et les communautés/métropoles 13% de ce total.  Ces dernières ont dépassé les départements (11%) et largement les régions (6%).

La dépense culturelle des collectivités par habitant est la plus élevée en Ile-de-France et en Provence Alpes Côte d’Azur (PACA), la plus faible en Guyane et en Martinique (mais forte en Guadeloupe et à la réunion). En métropole, les régions Nouvelle-Aquitaine, Centre Val de Loire, Bourgogne Franche-Comté ont les dépenses par habitant les moins élevées. Hors Ile-de-France, c’est plutôt dans l’Est de la France que l’Etat intervient le plus mais de manière plus homogène (entre 10 et 20€ par habitant). L’Atlas décompose ces dépenses par grands sujets et par types de dépenses. Les postes principaux sont formés des bibliothèques et médiathèques (1,58 milliard dont environ le quart en investissement), l’action culturelle (1,57 milliard partagé entre subventions culturelles, fonctionnement et investissement), l’expression lyrique et chorégraphique (1,485 milliard majoritairement de fonctionnement) en troisième place.
Viennent ensuite les Musées (701 millions), les Théâtres (522 millions), les cinémas (487 millions), les services communs, l’entretien du patrimoine culturel (389 millions), les arts plastiques (260)...

L’Atlas propose ensuite des tableaux sur les principaux équipements culturels et leur fréquentation. Des cartes en montrent le déploiement géographique à l’échelle des bassins de vie INSEE. Il est à ce titre très intéressant de constater que la densité des équipements culturels dits de proximité est parfois très différente de la densité démographique française. Les Ardennes, les départements du Massif central présentent des densités élevées. A l’inverse de la Manche, du sud du bassin parisien (Loiret, Indre, Nièvre...). Le poids des professions culturelles est supérieur dans les métropoles ou les grandes agglomérations, mais il suit de manière plus générale les espaces du développement économique et démographique français (façades atlantique et méditerranéenne, sillon alpin, Ile-de-France). L’Ile-de-France concentre par ailleurs 60% des salariés des entreprises culturelles selon l’Atlas, ce qui représente 8,7% de la valeur ajoutée des entreprises des secteurs marchands contre 4,3% en moyenne nationale. Sont comptabilisés au demeurant dans ces salariés les secteurs de l’audio-visuel, des médias, des agences de publicité... La notion d’entreprises « culturelles » est donc assez extensive et sujette à débat. Les entreprises du livre, celles liées au patrimoine, à la presse... sont mieux réparties.

Après ces analyses nationales, l’Atlas propose des monographies très détaillées région par région. Il constitue de fait un véritable outil de travail pour les élus et agents en charge des politiques culturelles. Il montre des lignes de fracture mais pas forcément entre espaces ruraux et urbains. La corrélation entre investissement culturel et développement local frappera les bons connaisseurs du territoire national.

On pourra juste reprocher à ce bel outil son absence de prise en compte des périmètres intercommunaux. Il privilégie les échelles régionales et départementales, parfois celle des communes mais le plus souvent celle des bassins de vie INSEE. C’est regrettable car une fois de plus les périmètres d’étude divergent des périmètres de l’action publique et des projets de territoires. Un défaut à corriger dans la prochaine édition. 


Accéder à l'Atlas : http://www.culturecommunication.gouv.fr/Thematiques/Etudes-et-statistiques/L-actualite-du-DEPS/Atlas-regional-de-la-culture-2017

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