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Des intentions d’embauche en hausse dans les bassins d’emploi : Retrouvez l’étude du CREDOC

Malgré les mauvaises nouvelles du premier trimestre 2017 sur le front de l’emploi, une enquête récente du CREDOC réalisée pour Pôle emploi dresse un très large panorama sur les intentions d’embauche de la part des employeurs au cours des prochains mois. Ces intentions n’ont jamais été aussi élevées depuis de nombreuses années. L’étude permet d’analyser les secteurs d’activité les plus dynamiques mais aussi d’identifier les bassins d’emploi dans lesquels la propension des entreprises à embaucher est la plus forte. Les façades atlantique et méditerranéenne se distinguent clairement, en lien avec leur attractivité résidentielle.

Qu’il est loin le temps où des prophètes de mauvaise augure prédisaient la concentration de l’activité sur la « dorsale européenne » et ce que le géographe Roger Brunet dessinait comme une « banane bleue » étirée de Londres à Milan en passant par Francfort. C’était il y a un quart de siècle, au lendemain de la réunification allemande puis du traité de Maastricht. Le centre de gravité de l’Europe serait l’axe rhénan, condamnant l’ouest français à la « finistérisation » ! On sait désormais ce qu’il en a été.
Depuis deux décennies, c’est l’Ouest français qui se caractérise par la plus forte vitalité économique et démographique. Notre grand quart Nord Est continue au contraire de souffrir des désindustrialisations et de ses soldes migratoires négatifs, malgré sa proximité avec l’espace rhénan.
La grande enquête annuelle du CREDOC, réalisée à la demande de Pôle emploi et consacrée aux « besoins de main d’œuvre », confirme ces disparités. Reposant sur un questionnaire adressé aux entreprises et auquel 436 152 établissements ont répondu, échantillon considérable, cette édition 2017 de l’enquête peut susciter un regain d’optimisme.
Les intentions d’embauche des employeurs augmentent significativement. 22,4% des établissements envisagent de recruter contre 20,5% l’an passé. Le nombre de projets de recrutement atteint même près de deux millions de postes (1 976 468 contre 1 827 271 soit + 150 000 environ). S’ils étaient concrétisés dans l’année, ces projets contribueraient non seulement à compenser le flux de disparitions d’emploi mais aussi de faire face à l’augmentation de la population active. On sait qu’il faut en France un nombre élevé de créations nettes d’emplois pour faire reculer le chômage.
L’enquête soulève en revanche la question des difficultés de recrutement et des inadéquations entre les offres proposées et les disponibilités de main d’œuvre ou de qualifications. Qu’ils soient marqués par une forte ou une faible saisonnalité, certains métiers sont en tension dans les territoires, que ce soit les aides à domicile et aides ménagères, les cuisiniers, les ingénieurs informatiques, les employés de l’hôtellerie...
L’enquête identifie les profils les plus recherchés au niveau national qui ne présentent pas tous les mêmes difficultés de recrutement. BTP (91 400 intentions de recrutement), les agents d’entretien, les aides ou employés de cuisine, les agriculteurs salariés, les professionnels de l’animation socioculturelle, les aides-soignants, les manutentionnaires, les techniciens... sont tous des profils pour lesquels sont recensés plusieurs dizaines de milliers d’intention d’embauche. 

Dans les territoires, les principaux pôles de recrutement (nombre d’embauches proposés en volume) sont naturellement les grands bassins d’emploi, démographiquement denses, avec des marchés du travail actifs et un fort renouvellement du tissu d’entreprises (Ile-de-France, Provence Alpes Côte d’Azur, les métropoles, les Savoies...).
La carte du rapport de synthèse la plus intéressante est celle qui analyse la proportion (et non le volume) des établissements déclarant des projets de recrutement. Les taux les plus élevés sont les littoraux atlantiques (du Mont Saint-Michel au Pays basque), le bassin de la Garonne, le piémont pyrénéen, l’ancien Languedoc (sur l’axe A75), la quasi-totalité des bassins de Provence et de Côte d’Azur, la vallée du Rhône et les massifs alpins). Les périphéries du bassin parisien, le Grand Est et le massif central voient leurs bassins d’emploi marqués par une propension à recruter de leurs entreprises beaucoup plus faible.
Dans leurs réponses, les employeurs confrontés à des difficultés de recrutement mettent en avant l’inadéquation des profils des candidats (expérience, formation...) mais aussi la pénurie. Les questions de mobilité, de difficulté d’accès au lieu de travail... font également leur apparition. Ces constats (anciens mais amplifiés) invitent à renforcer les politiques centrées sur l’appariement local entre offre et demande d’emploi, via l’anticipation des mutations économiques et la qualification professionnelle. La « territorialisation » des politiques de formation professionnelle et le renforcement de la formation continue (VAE, CPF...) prennent une dimension décisive.

 

Accéder à la présentation des principaux résultats 2017

 

Contact AdCF : n.portier@adcf.asso.fr
 

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