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Élection présidentielle : une cartographie du second tour à l’échelle intercommunale

Quels scores ont obtenu les deux candidats finalistes dans votre intercommunalité ? Intercommunalités de France vous propose une nouvelle analyse territoriale des résultats de l’élection présidentielle, sous forme de données et cartographies à l’échelle intercommunale. Retrouvez les scores des deux candidats, les niveaux d’abstention et de vote blancs et nuls, et une analyse des rapports de force à l’échelle intercommunale.

Les résultats du second tour à l’échelle intercommunale

 

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La carte interactive ci-dessus indique le candidat arrivé en tête dans chaque intercommunalité, et une échelle de couleur indique l’ampleur du résultat de chaque candidat. En passant la souris sur la carte, vous retrouvez les résultats détaillés à l’échelle intercommunale, ainsi qu’un rappel des résultats du second tour de l’élection présidentielle de 2017.

 

Quelle analyse territoriale du vote ?

Comme lors du premier tour, Marine Le Pen arrive en tête dans la totalité des intercommunalités de Corse, la grande majorité des intercommunalités des Hauts de France, du Grand Est, de PACA et d’Outre-mer, où elle obtient également ses meilleurs scores (plus de 65 % dans certaines communautés de communes, voire plus de 70 % à Mayotte et en Guadeloupe). Elle domine également dans près de la moitié des intercommunalités de Bourgogne-Franche-Comté et du Centre-Val de Loire. Elle arrive également en tête dans celles de l’Hérault, l’Aude, les Pyrénées-Orientales, en Gironde, dans le Lot-et-Garonne et la Seine-et-Marne.

Emmanuel Macron, quant à lui, obtient ses meilleurs scores en Bretagne, où il est majoritaire dans la totalité des intercommunalités, mais aussi dans les Pays-de-la-Loire (hors Sarthe) et en Île-de-France. Il obtient bien souvent plus de 65 % dans ces régions. Il fait également de bons scores dans les Pyrénées-Atlantiques, dans le Sud du Massif central, en Savoie, ou encore dans la Drôme et l’Isère.

 

Une forte progression de Marine Le Pen depuis 2017

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Lors du précédent duel entre les deux finalistes, Marine Le Pen n’arrivait en tête que dans un nombre très limité d’intercommunalités. Elle ne dominait que dans une majorité de celles des Hauts-de-France et du Grand Est, et dans quelques communautés de Corse et du pourtour méditerranéen. A contrario, Emmanuel Macron dépassait les 65 % des votes dans la quasi-totalité des intercommunalités des autres régions, et arrivait en tête dans la totalité de celles d’Outre-mer, la communauté de communes du Sud à Mayotte exceptée. Aussi, à l’échelle intercommunale, la progression de Marine Le Pen est très nette, et ce scrutin impacte sensiblement la carte électorale du second tour.

 

Ainsi, si l’on se fonde sur la carte intercommunale actuelle, Emmanuel Macron arrivait en tête dans 1 065 intercommunalités en 2017 (85 %), contre 696 lors du scrutin de dimanche dernier (55 %).

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Si l’on s’intéresse à la carte de l’évolution du vote Le Pen entre le 2e tour de 2017 et celui de 2022, il apparaît que Marine Le Pen progresse dans la quasi-totalité des intercommunalités. C’est dans le grand quart Sud-Ouest, territoire historiquement ancré à gauche, qu’elle progresse le plus, dépassant même parfois les plus de 15 points d’augmentation par rapport au scrutin précédent, notamment en Corrèze (+17,5 points à Tulle Agglo). L’augmentation du vote Le Pen est également très forte en Bretagne si l’on compare à 2017 (Ille-et-Vilaine mise à part), alors qu’elle y fait encore ses scores les plus bas. Ainsi, en France métropolitaine, Marine Le Pen progresse le plus dans des territoires qui lui étaient le moins acquis jusqu’à présent et où elle disposait d’une plus grande marge de progrès. D’un autre côté, elle progresse moins dans le Nord et l’Est de la France, là où elle était déjà parvenue à capter la majorité des voix en 2017.

Les Outre-mer représentent un cas un peu plus particulier. Bénéficiant d’une contestation de la politique du Président sortant et d’un report d’abstentionnistes et d’électeurs de Jean-Luc Mélenchon du premier tour, Marine Le Pen y progresse de manière inédite, atteignant plus de 20 points d’augmentation par rapport à 2017 dans la majorité des intercommunalités, voire plus de 40 points, notamment dans l’ensemble des intercommunalités de Guadeloupe.

 

Des communautés de communes aux métropoles, un vote différencié

 

Comme nous l’avions observé dans notre analyse des résultats du premier tour, la structure du vote se distingue si l’on s’intéresse au type d’intercommunalité concernée : Marine Le Pen convainc davantage dans les intercommunalités rurales et Emmanuel Macron fait de bien meilleurs scores dans les intercommunalités urbaines. Ainsi, ce dernier arrive en tête dans seulement près de la moitié des communautés de communes, contre 86 % des communautés urbaines et la totalité des métropoles, exception faite de celle de Toulon.

 

Si l’on agglomère le score de chacun des candidats par type d’intercommunalité, alors que Marine Le Pen convainc 48 % des électeurs des communautés de communes et 44 % de ceux des communautés d’agglomération, seulement 30 % des suffrages lui reviennent dans les métropoles.

S’il semble tentant d’opposer le vote des « villes » au vote des « champs », il ne faut toutefois pas oublier que derrière le lieu de vie se cachent d’autres variables explicatives comme le niveau de diplôme ou la catégorie socio-professionnelle ….

 

S’abstenir, voter blanc ou nul, quelle attitude des citoyens face au match retour Macron-Le Pen ?

L’évolution de l’abstention par rapport au premier tour et à 2017

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La carte de l’abstention au second tour laisse apparaître une abstention forte, supérieure à 20 % des inscrits, sur la majeure partie du territoire, mais rarement au-delà de 30 % dans l’Hexagone (sauf en Île-de-France, en Meurthe-et-Moselle et quelques territoires comme les communautés de Bourges ou Saint-Étienne par exemple). Elle dépasse cependant les 40 % dans la plupart des intercommunalités de Corse et des Outre-mer, qui se distinguent du reste du pays.

Par rapport à 2017, l’abstention augmente dans la quasi-totalité des intercommunalités (visualiser la carte de l’évolution de l’abstention entre les seconds tours de 2017 et 2022). Cette différence dépasse les 4 points en Île-de-France, en Corse, et dans les Outre-mer.

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En revanche, si l’on s’intéresse à l’évolution de l’abstention entre les deux tours de l’élection présidentielle de cette année, une coupure nette se dessine entre une moitié Nord (hors Île-de-France) où les électeurs se sont davantage mobilisés qu’au premier tour, et une moitié Sud où l’abstention augmente sensiblement. La différence est supérieure à +3 points dans la quasi-totalité des intercommunalités d’Île-de-France (+5,7 dans la métropole du Grand Paris) ou dans des départements ruraux comme l’Ardèche, la Drôme, l’Isère, l’Hérault, ou le Gers, mais également dans des métropoles comme Lyon, Toulouse, Montpellier ou Dijon. La participation augmente en revanche dans les Outre-mer, où ce regain semble avoir bénéficié à Marine Le Pen.

 

Quels reports des voix obtenues par Jean-Luc Mélenchon au premier tour ?

En France métropolitaine, la carte de l’évolution de l’abstention est à mettre en regard avec celle du vote Mélenchon au premier tour : on s’est plus abstenu au deuxième tour dans les intercommunalités où Jean-Luc Mélenchon a obtenu un score élevé. Néanmoins, si une partie de ses électeurs a choisi de s’abstenir au second tour, une part sensible de ces derniers s’est tournée vers Emmanuel Macron, comme le montre la carte de l’évolution du vote Macron entre les deux tours.

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Des votes blancs et nuls en baisse, mais territorialement marqués

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Bien que le taux de votes blancs et nuls soit important (8,7 % de l’ensemble des votants), celui-ci est en baisse sur l’ensemble du territoire national (visualiser la carte des votes blancs et nuls au second tour de 2017). Inférieurs à 8 % des votants dans la majorité des intercommunalités des Hauts-de-France et du Grand Est, ils sont plus importants dans le grand quart Sud-Ouest et dépassent même les 12,5 % dans certains territoires ruraux comme la Corrèze, la Haute-Vienne, le Lot, l’Aveyron ou le long des Pyrénées. Cette expression contestataire dans des territoires habituellement très civiques pourrait être l’expression d’une forme de lassitude des électeurs de gauche des territoires ruraux.

 

Nos analyses cartographiques du premier tour

Une cartographie à l’échelle intercommunale des candidats arrivés en tête

Les résultats des candidats à l’échelle intercommunale en 2017 et 2022

 

Contact : Yoann Jacquet, y.jacquet@adcf.asso.fr

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