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Comment la CARENE répond aux besoins en compétences des filières industrielles

La Communauté d’agglomération de la Région Nazairienne et de l'Estuaire (CARENE) travaille et déploie depuis plusieurs années une stratégie visant à consolider les dynamiques industrielles de son territoire, qui concentre 30 000 emplois industriels (hausse de 30 % entre 2010 et 2019).

Le territoire d’industrie Saint-Nazaire Cordemais compte plusieurs secteurs porteurs : la construction aéronautique, la construction navale, la logistique, l’énergie (pétrole, gaz, charbon, énergies marines renouvelables), l’industrie agroalimentaire, et la fabrication de moteurs et turbines. 

Le programme Territoires d’industrie et la crise sanitaire ont été deux facteurs de mobilisation de l’écosystème local public et privé. Elle a permis dans un premier temps de faire émerger un projet collectif pour accompagner les industriels dans la transition écologique et énergétique à travers cinq axes thématiques : la décarbonation de l’industrie et les nouveaux modes de propulsion ; l’innovation et le soutien à l’émergence d’entreprises ; l’accompagnement des activités industrielles traditionnelles ; les compétences et les enjeux de recrutement ; la transition énergétique et écologique. 

Autours de ces axes, le programme Territoires d’industrie a permis de mettre en mouvement l’écosystème industriel et de fédérer les acteurs publics, privés, et voisins (communauté de communes Estuaire et Sillon), puis de faire remonter et d’accélérer les projets de formation sur les phases d’ingénierie (étude d’opportunités, de marché), en particulier grâce à l’appui des services et opérateurs de l’État (Banque des Territoires et ANCT) et de la Région Pays de la Loire. In fine, 35 projets ont été formalisés, parmi lesquels une école de production visant à apporter des réponses aux difficultés chroniques de recrutement dans l’industrie rencontrées sur le territoire. 

 

L’insertion et l’emploi, des priorités partagées 

La communauté d’agglomération mène depuis sa création dans les années 2000, et plus fortement depuis 2014, des actions en faveur de l’emploi et de l’insertion professionnelle, au travers de plusieurs outils : soutien à la mission locale et aux structures d’insertion par l’activité économique, aides à la mobilité, plan local pluriannuel pour l'insertion et l'emploi (PLIE), école de la deuxième chance (en lien avec la politique de la Ville). L’intercommunalité est également facilitatrice des clauses d’insertion, en lien notamment avec les grandes activités productives du territoire : parc éolien offshore, chantiers de l’Atlantique, grand port maritime, usine General Electric. 

Des actions plus stratégiques sont également menées au travers d’une gestion prévisionnelle des emplois et des compétences territoriale (GPECT) et d’un plan local pour l'insertion et l'emploi (PLIE). Le tissu économique, historiquement mono industriel, a pour conséquence de fortes variations cycliques de l’emploi local, tributaires des donneurs d’ordre internationaux. Depuis 2016, la conférence permanente pour l’emploi, initiée par la CARENE, réunit l’État, la région Pays-de-la-Loire, Pôle Emploi, le département de la Loire-Atlantique et les chambres consulaires. Elle a permis d’élaborer un diagnostic commun de la situation en matière d’emploi, suivi d’actions concrètes :

  • Un salon de l’orientation et des métiers qui s’adresse aux collégiens, lycéens et aux adultes (13 000 personnes pour la dernière édition), leur permettant de découvrir les métiers par le geste, de changer leur perception des métiers industriels et d’accompagner les jeunes et leurs familles dans leur orientation professionnelle ;
  • Un dispositif d’accueil des stagiaires dans les entreprises en lien avec les autres dispositifs d’insertion et de formation professionnelle (« Entreprise accueillante ») ;
  • Un dispositif de sensibilisation aux méthodes de recrutement à destination des employeurs pour cibler les compétences informelles et les savoirs être. 

 

Les écoles de production, un levier de sauvegarde du tissu industriel 

Désormais, l’industrie navale comme l’aéronautique sont en haut de cycle, et les carnets de commandes sont stabilisés pour les 5 à 10 prochaines années, ce qui donne une visibilité forte rarement connue sur le territoire. Plus globalement, le taux de chômage est passé en 5 ans de 11 % à 7 %.  Les actions d’insertion professionnelle sont ainsi de plus en plus souvent complétées par des solutions visant à offrir des réponses plus larges aux problématiques de pénuries de compétences. Des actions de formation sont menées avec les entreprises du territoire, par le biais d’un groupement d'employeurs pour l'insertion et la qualification (GEIQ) dédié à l’industrie, et d’un campus des métiers et des qualifications labélisé campus d’excellence lié à l’aéronautique. 

Plus récemment, les écoles de production sont apparues comme une nouvelle solution permettant de répondre aux demandes fortes de compétences très techniques de la part des entreprises. Dans un premier temps, une étude d’opportunité a été réalisée en interne par la CARENE, pour rechercher l’adhésion des acteurs de l’insertion et de l’éducation au projet. La région Pays de la Loire et l’Éducation nationale ont soutenu et validé le projet d’école de production. Pour sécuriser ce projet d’un point de vue financier, l’intercommunalité a recensé et mobilisé des entreprises en mesure de passer des commandes à la future école (des grands donneurs d’ordre comme Airbus et General Electric, des représentants de branches comme l’UIMM, des sous-traitants). La labellisation « École de production » par l’État apporte un soutien financier non négligeable en phase d’ingénierie (50 000 euros en faisabilité) ainsi qu’en aide à l’investissement initial (immobilier, équipements).  

La mise en œuvre et le déploiement du projet d’école de production ont suivi un processus élaboré en lien avec la fédération nationale des écoles de production. Une association a été créée : elle est présidée par un chef d’entreprise et animé par un salarié en charge de la préfiguration du projet, à temps plein. La phase de déploiement a été l’occasion d’un travail spécifique sur le contenu du projet. Le concept des écoles de production est de « faire pour apprendre ». Il est destiné aux 15-18 ans en rupture avec l’enseignement académique et/ou décrocheurs scolaires. 

Deux diplômes sont envisagés : un CAP de conducteur d’installation de production/usinage et un CAP chaudronnerie. L’enjeu est de pouvoir envisager des commandes potentielles des entreprises du territoire pour l’école de production, sans être en concurrence avec les formations de l’éducation nationale. En effet, un lycée professionnel dispense déjà un diplôme en chaudronnerie mais ses promotions sont insuffisantes face aux besoins en main d’œuvre des entreprises. L’école de production devrait ouvrir ses portes à partir de septembre 2022 avec une première promotion de dix à douze élèves. L’objectif est de les accompagner au moins jusqu’au bac pro. 

 

Contact : Lucas Chevrier, l.chevrier@adcf.asso.fr

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