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Communauté de communes Faucigny-Glières : l’importance de la relance pour les jeunes

Le président de la communauté et président de l’Union Nationale des missions locales, Stéphane Valli, met en avant l’effet d’accélérateur du plan de relance sur la mise en œuvre des projets intercommunaux et sur l’importance que doivent avoir ces fonds exceptionnels en matière de cohésion sociale, notamment en direction des plus jeunes.

Stéphane Valli est le président de la communauté de communes Faucigny-Glières. Pour la série « Au cœur de la relance », il revient sur trois projets importants lancés dans le cadre de la relance sur son territoire : la rénovation d'un bâtiment public, la mise en place de réseaux d'assainissement et la rénovation du Château de Faucigny. Pour lui, le plan de relance est un accélérateur de projets. Il évoque aussi son point de vue sur la relance chez les jeunes à travers son mandat de président de l'Union Nationale des missions locales.

 

Comment vivez-vous la période de la relance sur votre territoire ?

La période Covid a été très particulière. Elle nous a permis, néanmoins, de travailler sur nos dossiers. Il était assez difficile de se retrouver entre nous et de construire en participatif avec les habitants. Le plan de relance nous a permis d'accélérer le démarrage d'opérations pas forcément prévues tout de suite. Cela a donné un vrai coup de boost et ça nous a permis aussi de nous mobiliser sur des dossiers alors que ce n'était pas forcément facile de tenir les délais du plan de relance.

C'est plutôt l'idée de mettre en place de nouveaux projets ou d'accélérer ceux préexistants ?

Il y a deux choses. D'abord, au niveau des crédits. Nous n'avions pas forcément pu boucler les budgets. Cela nous a permis de les boucler d'un seul coup et donc d'accélérer des projets qui n'avaient pas forcément été imaginés tout de suite en début de mandat. Le délai du plan de relance est assez contraint. Pour signer les projets qui y sont liés, on s'est peut-être mis plus rapidement autour de la table. Nous avons formalisé des choses concrètes plus rapidement.

Cela permet-il aussi d'aider les entreprises locales ?

C'est vrai que, localement, nous étions sollicités par nos entreprises. Que ce soient les entreprises qui travaillent dans le bâtiment ou dans les travaux publics. Elles avaient besoin d'avoir de l'activité et une visibilité sur les travaux à court terme. Cela a été un élément moteur dans le démarrage des trois projets évoqués dans le pitch d'introduction.

Par exemple, sur la restauration d'un des hôtels de ville du territoire, comment cette accélération s'est-elle matérialisée ?

Nous avions commencé à imaginer la restauration avec notamment la création d'une salle consulaire nouvelle pour accueillir le conseil communautaire. Le plan de relance, avec en plus un déploiement particulier sur la rénovation énergétique, a fait que ce dossier qui n'était pas prioritaire et qui aurait dû attendre le milieu de mandat, a été engagé tout de suite. Sur le château de Faucigny, c'est un peu différent car le dossier était déjà bien parti. Mais nous avons pu accélérer une tranche des travaux et satisfaire ainsi la demande d'entreprises qui travaillent dans le bâtiment, sur le patrimoine en particulier. Dans le domaine de l'eau, nous avions un plan pluriannuel d'investissement qui était prévu. Ces projets étaient nécessaires pour notre communauté de communes et ils ont été accélérés. Nous avons aussi bénéficié de prix intéressants au niveau des marchés publics car la période était un peu creuse pour les entreprises. Donc on a eu une sorte de double avantage avec des subventions et en même temps l'intérêt de faire travailler des entreprises avec des tarifs plutôt intéressants pour nous. Aujourd'hui, cela remonte de manière assez significative.

Cela a permis aussi de compléter les aides versées aux entreprises pendant la crise ?

Oui nous avions proposé diverses aides directes, même si rien n'avait été simple à cause, notamment, du fait que l'on ne peut pas donner d'aides directes aux entreprises. Nous avons surtout accompagné nos petits artisans et commerçants. Mais pour les autres entreprises, lancer des chantiers est une aide concrète. Cela a permis aux entreprises d'éviter de licencier et d'avoir un carnet de commandes bien rempli.

Avez-vous chiffré cette aide ?

La rénovation de l'hôtel de ville, c'est un dossier d'environ 1,5 millions d'euros. Pour les réservoirs et l'assainissement, on est à plus de 1 million d'euros. On doit être aux alentours de 1,5 millions d'euros et puis le château de Faucigny c'est environ 500 000 €. Les aides, liées au plan de relance sont extrêmement importantes. Sur l'eau et l'assainissement, c'est au-delà de 50 % du budget total. Sur l'hôtel de ville, les aides sont assez conséquentes, peut-être aux alentours de 30%. Sur la rénovation du château, c'est un peu moins car nous bénéficions d'autres financements.

Où en êtes-vous au niveau du CRTE ?

Nous sommes en train de finaliser le CRTE. Nous avons bien avancé dans les discussions avec l'État et la DTT locale. Nous devrions être les deuxièmes à signer en Haute-Savoie. À l'intérieur, nous avons mis l'ensemble des projets identifiés dans notre plan pluriannuel d'investissement. Il y en a dans tous les domaines. Nous avons une intercommunalité avec un taux d'intégration qui est extrêmement important. Par exemple, dans le domaine de la petite enfance, nous avons inscrit des investissements assez conséquents pour la restauration scolaire et dans la réalisation de crèches. Il y a aussi des projets sur la voirie. Nous avons aussi des dossiers sur l'économie. Nous avions un projet de territoire qui n'était pas rédigé en format « projet de territoire » mais en PPI entre nous. Le CRTE a permis de le mettre en forme pour le présenter à nos financeurs et à l'État. Je trouve le CRTE intéressant s'il permet à l'État de mieux comprendre nos projets dans la durée.

Quel est le climat actuel sur votre territoire ?

Il y a une reprise très forte sur notre territoire et une tension sur le marché du travail qu'on n’avait pas connu depuis longtemps. Je préside également l'Union nationale des missions locales. Je me rends compte que sur tout le territoire national, il y a une reprise d'activité très forte. Certains métiers en tension ont des difficultés à trouver des jeunes notamment. À part cela, au niveau social, nous avons le sentiment qu'il y a un vrai besoin de nos concitoyens de retrouver du lien social. Donc la reprise des activités culturelles, périscolaires est extrêmement importante et intéressante. Certains citoyens, notamment les plus anciens, sont toujours fragilisés par le covid. Les associations ont souffert de la crise. Il y a eu une rupture dans la dynamique avec des bénévoles qui sont partis. Il faut réussir à recréer une dynamique.

Sur votre mandat lié aux missions locales justement, qu'avez-vous remarqué au niveau de la relance ?

Les missions locales ont été très présentes sur le terrain pendant la période Covid. Elles n'ont presque jamais fermé l'accueil au jeune public. Elles ont toujours essayé d'accueillir les jeunes en présentiel. Après, on a eu une première période de fragilité très importante au niveau de la jeunesse avec des problèmes financiers sur certains jeunes. Il y a aussi eu des difficultés à trouver du boulot et des jeunes qui se sont trouvés avec des problèmes psychologiques, des problèmes de santé qui se sont accumulés. Quand on est jeune, on a besoin d'avoir du lien social. On a essayé de les accompagner au maximum. Nous avons eu un fort soutien par l'État. Il y a eu le plan “1 jeune, 1 solution” par exemple. Aujourd'hui, nous sommes en train de travailler sur le revenu d'engagement, le président de la République en a parlé, ce qui peut être une bonne idée pour sécuriser financièrement les jeunes dans leur projet de construction personnelle. La reprise d'activité est très bonne car elle leur permet d'entrer en emploi. Pour les jeunes les plus éloignés de l'emploi, il faut continuer à travailler pour les rapprocher du monde du travail.

 

 

 

"Au cœur de la relance" est une série d'Intercommunalités de France en partenariat avec Territoires-audacieux.fr destinée à valoriser les initiatives des intercommunalités dans le cadre de la relance et à les accompagner : interviews de président.e.s d'intercommunalités, questions/réponses techniques, échange avec une personnalité qualifiée, ...

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