Contenu article AdCF Direct

« De la smart city à la réalité des territoires connectés »

Retour sur l’étude de référence « Pipame » consacrée à l’émergence d’un modèle français de la ville intelligente. Une étude dont les recommandations sont retenues pour un appel à projet « Territoires intelligents et durables ». Parallèlement l’association « les Interconnectés » lance un appel à candidature pour le label « territoires innovants 2022 ».

Etat des lieux et perspectives de la ville intelligente en France

A la suite des deux rapports d’Akim Oural (conseiller de la métropole européenne de Lille) de 2015 et 2018 et de celui du député Luc Belot en 2017 (cf. liens en fin d’article), l’étude du Pipame (pôle interministériel de prospective et d’anticipation des mutations économique) « De la smart city à la réalité des territoires connectés » constitue la nouvelle étude de référence sur les enjeux de la transformation numérique des collectivités françaises. Ce travail a été piloté par la DGE (direction générale des entreprises) et réalisé par un consortium d’experts (piloté par « Data publica »).

Publiée en octobre, cette étude permet de faire le point sur la réalité de la « ville intelligente » en France. Les auteurs ne cachent pas l’écart qui existe souvent entre des mots, des notions, des slogans très englobants et ambitieux et la réalité des réalisations, mais ils posent aussi les jalons de ce qui pourrait être une voie française de construction de la ville numérique par les territoires.

Fruit d’un travail de fond (entretiens, ateliers, séminaires), l’étude restitue notamment des enseignements tirés de l’analyse critique de 70 « cas d’usage » mis en œuvre dans les collectivités. Ce travail de fond, à la fois de synthèse et de détail, se conclut sur une cinquantaine de recommandations du consortium adressées aux parties prenantes de la ville numérique.

Les auteurs distinguent deux stratégies de développement de la « ville intelligente » entre lesquelles les territoires se positionnent :

  • La voie « intégrée » : le territoire choisit dès la départ de digitaliser plusieurs politiques publiques de manière coordonnée, le processus d’intégration/d’équipement/de formation est long car il emporte de très nombreux arbitrages internes (politiques/managériaux/ juridiques) pour garder sa cohérence ;
  • La voie des « petits  pas » (incrémentale) : les métiers entrent dans la digitalisation un à un, au fur et à mesure, et cette méthode progressive autorise a priori une meilleure acceptabilité et une appropriation progressive des conséquences, mais elle pose la question de la cohérence finale des options techniques et de la gouvernance (chaque évolution acquise doit autoriser l’évolution à venir des autres services, ce qui n’est pas facile à assurer). Cette voie est globalement dominante parmi les territoires, elle limite (voire contredit) les effets transversaux attendus par les théoriciens du numérique. 

Plus globalement, l’étude dresse quelques constats. Il n’existe pas aujourd’hui de modèle français du territoire intelligent, mais des processus profonds de transformation de l’action publique sont à l’œuvre à des degrés divers dans tous les territoires, une situation qui appelle à la vigilance collective des autorités publiques pour suivre ce mouvement et l’accompagner. Les actions relevant des « territoires intelligents » s’appuient toujours sur un projet politique global (intégrant des réponses aux enjeux des transitions écologiques) et sur un projet politique local s’adaptant aux objectifs et équilibres de chaque territoire. Le modèle économique de la « ville intelligente » ne peut pas, sauf exception, tenir dans une approche strictement financière (retour sur investissement, rentabilité), l’utilité s’apprécie de manière globale (externalités « positives », retour d’expérience, acquisition/formation, efficacité du service public, gain d’image et d’attractivité, etc.).

Pour avancer vers la « smart city » à la française, la mise en commun des réussites mais aussi des échecs est une nécessité (créer un « centre de ressources national » permettant cette mise en commun des expériences), la dimension « mutualisation » des démarches et de leurs résultats est un levier attendu par les territoires. Les projets français veillent à conserver une maîtrise publique de la gouvernance, des outils numériques et des données utilisées (avec une sensibilité quasi généralisée au principe de souveraineté dans le choix des technologies et des outils). Dans le même esprit les auteurs constatent que la protection des données personnelles des habitants (et le souci de consulter/associer la population) est une préoccupation partagée des projets français (même si sa traduction concrète est très variable d’un territoire à l’autre). Bien sûr, le choix des thématiques et des métiers prioritaires est très large même si certains domaines dominent (énergie, eau, mobilité, environnement, gestion de la relation à l’usager). Le recours à l’expérimentation est plébiscité par les collectivités « innovantes » (mais les voies de cette expérimentation sont très disparates ce qui rend difficile la capitalisation). Les « produits » très médiatisés comme l’hyperviseur, le jumeau numérique ou la plateforme de données territoriales sont très peu diffusés.

Retrouver la synthèse du rapport ici (fichier joint)

Retrouver le rapport dans son intégralité ici (fichier joint)

 

Lancement d’un appel à projet dans la cadre du PIA 4 « territoires intelligents et durables »

Sur la base de cette étude et de ses recommandations, le Secrétariat général pour l’investissement lance un appel à projet investissements d’avenir du programme solutions pour la ville durable et les bâtiments innovants : « territoires intelligents et durables », porté par la Caisse des dépôts et consignations. 

Les objectifs : soutenir des projets structurants pérennes et réplicables, où la donnée et les infrastructures sont au service de la mise en œuvre des politiques publiques, des services aux usagers et d’un développement durable. Les projets doivent se structurer autour d’une ou plusieurs solutions de transmission, d’exploitation et de partage des données territoriales (stratégie, gouvernance, moyens opérationnels, open data).

La cible : toutes les collectivités. Une priorité sera donnée aux villes/intercommunalités petites et moyennes car la réplicabilité des projets fait partie des objectifs de l’AAP. La ou les collectivités candidates peuvent répondre en consortium avec des entreprises, des acteurs de la recherche et de l’innovation. Les projets doivent permettre le pilotage et/ou la gestion opérationnelle de politiques publiques grâce à la donnée et/ou la création de nouveaux services innovants reposant sur l’utilisation des données.

Le calendrier : la relève des candidatures se fera en deux vagues, la première le 17 janvier et la seconde le 7 septembre 2022.

L’aide : Le budget total de l’AAP est de 30 M€, le montant minimum des projets est de 2 M€. Les aides seront de natures diverses selon les bénéficiaires (R&D d’entreprises, laboratoires publics, collectivités, …) ; pour les collectivités l’aide sera de 50 % du coût complet. Les lauréats de l’AAP pourront être soutenus financièrement sur une durée maximum de 36 mois. La Banque des territoires pourra mobiliser des moyens complémentaires en prêts ou fonds propres.

Retrouver l’appel à projet en cliquant ici

 

Parallèlement l’association les Interconnectés – réseau des territoires innovants (dont Intercommunalité de France est membre fondateur) lance un appel à candidature pour le label « Territoire Innovant » 2022

La fin de l'année approche et avec elle, la date limite de clôture des candidatures pour le label "Territoire Innovant" 2022 (31 décembre 2021). Ce label est destiné aux collectivités. Il identifie les initiatives mobilisant les technologies numériques et pratiques innovantes au service des territoires et de leurs habitants. Il est décerné aux collectivités qui ont mis en œuvre des initiatives marquantes en matière d'usages ou de services. Chaque année, une vingtaine de collectivités sont sélectionnées et valorisées au sein du réseau et au national, une occasion de mettre en lumière vos projets.

 

En savoir plus

 

Contact AdCF : Erwan Le Bot, e.lebot@adcf.asso.fr

Email
Print
Partager
Facebook Twitter LinkedIn