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Territoires d’industrie : forte mobilisation pour la troisième assemblée générale

Près de 500 participants ont pris part à l’assemblée générale des Territoires d’Industrie le 15 décembre. Deux ans après le début du programme, la démarche est engagée et renforcée par les récentes mesures du plan de relance. A cette occasion, chacun a pu constater l’importante mobilisation des chefs d’entreprise, élus, et équipes techniques dans le programme, en soulignant la réussite de la méthode partenariale du programme, à étendre et renforcer via les Contrats de Relance et de Transition Ecologique. Un dossier de presse fait état de l’avancement du programme.

Avec 148 Territoires d’industrie, 1600 projets et plus de 500 intercommunalités investies dans le programme, le programme est désormais en vitesse de croisière, et sert de levier pour rebondir face à la crise économique et sanitaire. Cette reconquête est permise par une collaboration active entre parties prenantes : collectivités, entreprises, services de l’Etat… soulignée en ouverture par les ministres Jacqueline Gourault (cohésion des territoires) et Agnès Pannier-Runacher (Industrie), mais aussi par les représentants de Régions de France (Annabelle André) et Sébastien Martin pour l’AdCF et les intercommunalités de France.

 

Un plan de relance soutenu par une forte mobilisation des Territoires d’industrie

Le plan de relance capitalise sur cette dynamique collective pour injecter rapidement des fonds nouveaux dans les tissus industriels (fonds automobile, aéronautique, décarbonation, numérisation, friches). En quatre mois, 3900 entreprises ont candidaté aux différents appels à projet de l’Etat, 524 d’entre elles ont vu leur projet validé, tandis que 2,6 milliards d’investissements vont être accélérés, avec in fine une création de 5000 emplois dans les Territoires d’industrie.

Retrouvez toutes les informations dans le dossier de presse

 

Un renforcement de la boîte à outils à disposition des Territoires d’industrie

La territorialisation du plan de relance passe également par un renforcement de la commande publique grâce à un triplement de la DSIL, toutefois encore insuffisamment mobilisée sur les projets des Territoires d’industrie. De son côté, le FNADT finance 31 chefs de projets pour les territoires d’industrie ruraux ou fragiles, nécessitant un renforcement de leurs équipes. De même, une série d’actions sur mesure cible les territoires fortement impactés par la crise sanitaire et économique à Béthune, Lannion, Saint-Dié des Vosges… Enfin, la « boîte à outils » à disposition des Territoires d’industrie est renforcée par une troisième vague des « sites d’activités clés en main » et par l’AMI Transition Collectives visant à faciliter les mobilités salariales entre les entreprises d’un même bassin d’emploi. D’autres mesures, la promulgation de la loi ASAP simplifiant les autorisations d’installations industrielles et la création d’un french fab investment desk accompagnant les investisseurs industriels, viennent compléter ces dispositifs.

L’appropriation de cette boîte à outil par les territoires est centrale selon Guillaume Basset, délégué aux Territoires d’industrie. C’est aux Territoires de s’emparer de ces outils, pour faire face dans l’urgence, pour relancer l’économie, puis pour reconstituer des plans d’action adaptés à la nouvelle conjecture. En ce sens, Sébastien Martin a insisté sur la nécessité d’inscrire ces différents dispositifs dans des stratégies territorialisées de long terme, avec comme ambition nationale de stopper la chute de la part des activités industrielles dans le PIB. La ministre déléguée à l’industrie Agnès Pannier-Runacher a de son côté soutenu que les territoires les plus résilients en sortie de crise seront ceux qui auront le plus analysé l’impact de la crise sur le tissu industriel, relevé leurs atouts, et réalisé une feuille de route claire en mobilisant la boite à outil du pack rebond et les différents moyens accordés par le plan de relance.

Parmi ces outils, doit être soulignée la mise à disposition d’une Dataviz  Dataviz Territoires d'industrie, très bel outil mis en place par la Banque des Territoires pour visualiser l’état des Territoires d’industrie : les niveaux d’attractivité, de formation, les projets menés, proposés et financés, leurs impacts.. Bien qu’encore en construction, l’outil permet d'ores-et-déjà d'accéder à un nombre important de données, qui feront prochainement l’objet d’analyses détaillées par l’AdCF.

Source : Banque des Territoires, Dataviz

 

Des Territoires d’industrie permettant de catalyser les réponses à la crise industrielle

A l’occasion, plusieurs Territoires d’industrie ont témoigné de leurs situations locales et présenté les actions entreprises en faveur de leurs tissus productifs. Le bassin d’Alès a souligné qu’après une période d'incertitude caractérisée par la peur d’un dispositif communicationnel, l'initiative Territoires d’industries constitue désormais un dispositif dont la méthode permet de fédérer les acteurs industriels locaux et de leur donner une impulsion pour avancer.

Cette impulsion, la communauté d'agglomération de la Région nazairienne l’a illustrée au travers d’un projet de renforcement du complexe industrialo-portuaire de Saint-Nazaire. Celui-ci se compose d’une part d’une sécurisation des chantiers de l'Atlantique par l’élaboration d’un Plan B de reprise de l’entreprise par un consortium de PME locales, soutenues par les collectivités et l’Etat. Cette sécurisation s’inscrit dans l’objectif plus vaste de protection du maillage d’entreprises locales, dont les liens forts sont une source de compétences et d’investissements essentiels à la compétitivité des sites. Ce travail en réseau sert, par exemple, à chercher des commandes sur les marchés étrangers, à constituer des formations pour des métiers industriels de niche (150 emplois). Enfin, il rend possible des investissements nouveaux visant à diversifier l’économie locale, par exemple sur l'hydrogène produit en mer, à partir de l’éolien offshore.

Il s’agit en définitive, malgré la crise et le besoin de liquidités qu’elle induit, de conserver une autonomie stratégique, des compétences, ainsi qu’une longueur d’avance en matière de technologies. Cette résilience concerne en priorité des territoires mis en difficulté par la crise sanitaire, à l’instar de la Vallée de la Bresle-Vimeu, comptant sur son territoire un écosystème verrier pluri-centenaire représentant 10 000 emplois industriels, et subissant des baisses de ventes de près d’un tiers. Face à cette chute, les industriels et leurs salariés s'organisent, par exemple en s’accordant sur des efforts partagés : baisse temporaire de salaire (salariés-cadres-dirigeants), surcroît d’investissement des actionnaires, accord-prix avec les fournisseurs...

 

Préserver les compétences, un impératif préalable à la réindustrialisation

Les enjeux de préservation de la main-d'œuvre étant essentiels pour les Territoires d’industrie, l’AdCF a présenté les enseignements principaux de sa note d’analyse dédiée aux enjeux de compétences et d’attractivité dans les Territoires d’industrie. La note insiste sur la nécessité de rapprocher les acteurs et politiques d’attractivité, d’emploi, et de formation afin de réaliser des politiques cohérentes et territorialisées, prenant en compte les différentes faces d’un recrutement : identifier un salarié, le faire venir, le former, le loger, trouver un emploi pour le conjoint…

S’il s’agissait avant crise de répondre aux difficultés croissantes de recrutement, l’heure est désormais plutôt à protéger au maximum les compétences malgré les aléas des carnets de commandes, tout en permettant aux secteurs qui embauchent de recruter sans délai. Dans l’immédiat, le dispositif « Transition Collective » répond à cet objectif, en facilitant les reconversions professionnelles, entre secteurs en sureffectifs et en sous-effectifs. Cet AMI n’en est néanmoins qu’à son début. Ont été évoquées également les possibilités de mettre en place des plateformes de prêt de main d’œuvre qui n’en sont qu’à leurs premiers pas : selon un sondage effectué auprès des participants, seuls 13% des répondants déclaraient disposer d'une plateforme de prêt de main d'œuvre sur leur territoire.

Comme l’a souligné Bruno Lucas (DGEFP), les dispositifs de court terme comme le transfert de main d'œuvre entre entreprises dans l’immédiat doivent s’inscrire dans un travail d’anticipation des compétences qui seront demandées à l’avenir. Nevers Agglomération a, dans cette optique, témoigné de sa gamme d’actions en matière d’attractivité et de formation. A court terme, un service d’accueil dédié aux nouveaux arrivants (welcome in Nevers) vise à faciliter leur insertion dans le territoire. D’autre part, un certain nombre de formations sont mises en place en partenariat avec le technicentre SNCF, permettant de répondre aux besoins immédiats de l’entreprises mais aussi d’anticiper les compétences qui lui seront nécessaires à l’avenir. D’autres solutions, sont également envisagées et proposées dans le cadre du plan de relance, à l’instar des Ecoles de production, soutenues à hauteur de deux millions d’euros (Plan de relance : les mesures spécifiques pour les Territoires d’industrie et les entreprises industrielles).

 

Contacts : Lucas ChevrierFloriane Boulay

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