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Metz Métropole - BTP : Maîtres d’ouvrages et prestataires en demande de visibilité

À Metz Métropole, les chantiers sont repartis mais les retards pris et les pertes de productivité qui résultent de la mise en œuvre des mesures sanitaires font l’objet de discussions entre donneurs d’ordres et prestataires. En jeu, la prise en compte des surcoûts éventuels, alors que les finances intercommunales, impactées par la crise, devront aussi contribuer à la relance.

Au sein de Metz Métropole les chantiers de bâtiments et de travaux publics, en reprise progressive depuis le 20 avril, sont désormais tous repartis. La facilité de reprise est variable en fonction des chantiers, des maîtres d’œuvre et des maîtres d’ouvrage, en particulier les travaux sur les réseaux semblent plus lents à redémarrer (gaz, eau, électricité), ce qui peut bloquer les autres opérations, notamment de voirie.

Les entreprises respectent les consignes de l’OPPTB (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics) pour lutter contre l’épidémie ce qui entraine incontestablement une moindre productivité et donc des « surcoûts ». Le comportement des entreprises varie fortement de l’une à l’autre : certaines sont très volontaires dans le redémarrage quand d’autres sont très prudentes. Il convient également de distinguer les chantiers du bâtiment de ceux des travaux publics. Pour les ouvriers du bâtiment, le respect des gestes barrière est complexe car les équipes travaillent nécessairement dans une relative proximité physique. Les interventions des différents corps de métiers sur un chantier, parfois effectuées par plusieurs entreprises, doivent être articulées de manière très optimisée. En revanche, pour les travaux publics (voirie, entretien), l’impact est moindre.

 

Estimation de la perte de productivité

Des discussions sont engagées au niveau national sur l’estimation de la perte de productivité des entreprises : les estimations varient de 5 % à 15 % de surcoût selon les opérations et leurs caractéristiques. Des réflexions sont en cours sur la manière de prendre en compte ces surcoûts potentiels. Il appartient aux co-contractants de redéfinir les droits et obligations qui les lient. Dans le Grand Est, ces discussions se déroulent à l’initiative de la préfète, avec les fédérations professionnelles (BTP, architectes…) et donneurs d’ordre (collectivités, bailleurs sociaux …). Tous les surcoûts ne peuvent pas être imputés au maître d’ouvrage public.

 

Un paysage concurrentiel bouleversé

A terme, le paysage concurrentiel des entreprises de travaux publics pourrait être bouleversé, probablement au détriment des entreprises familiales, plus fragiles financièrement. C’est un point de vigilance pour les maîtres d’ouvrage publics. Selon Emmanuel Lognon, directeur général adjoint des services urbains, Metz Métropole est bien décidée à contribuer au rebond de son territoire par la commande publique. En premier lieu, il s’agit de mener à bien les opérations lancées puis de réaliser les travaux programmés. Metz-Métropole étudie le principe d’une avance de 60 % dès la signature du marché afin de faciliter la gestion de la trésorerie des entreprises. L’incertitude sur l’évolution des ressources de l’intercommunalité à court et moyen terme, en raison des baisses des ressources fiscales et des recettes tarifaires, peut toutefois limiter sa capacité à s’engager sur un plan de relance. Cela peut dépendre aussi des mesures d’accompagnement d’opérateurs nationaux comme l’Ademe ou l’agence de l’eau, voire des crédits ministériels déconcentrés. Pourront-ils augmenter leurs dispositifs de soutien ? Cela permettrait aux collectivités d’accepter certaines incertitudes financières sur d’autres opérations. Aujourd’hui, la priorité est de donner de la visibilité, tant aux entreprises qu’aux donneurs d’ordre.

 

Contact : Erwan Le Bot (e.lebot@adcf.asso.fr)

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