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Plans de relance locaux : La dynamique s’engage

En parallèle de l’accompagnement de la reprise des activités économiques, de nombreuses intercommunalités commencent à présenter (ou préparer) leurs plans de relance territoriaux appuyés à la fois sur des aides aux entreprises, sur la commande publique du « bloc communal » et sur des aides ciblées à la consommation. Illustrations.

Le conseil d’administration de l’AdCF a mis l’accent à la mi-mai sur la question des aides économiques et des mesures de relance qui devront, dans les territoires, prendre la suite de la reprise d’activité. Il a souhaité que l’association suive avec attention les initiatives locales et que des contacts soient pris avec les grandes fédérations professionnelles pour définir des objectifs partagés, une méthode de travail et recenser les difficultés éventuelles. Des échanges successifs ont eu lieu par visio-conférence avec le président de la Fédération nationale des Travaux publics, le président de la Fédération française du bâtiment, Syntec ingénierie… pour apaiser les débats sur les compensations de surcoût ou les retards sur les permis de construire, mais surtout travailler en bonne intelligence à la reprise des chantiers engagés et préparer la phase de relance au second semestre.

L’AdCF (à travers son baromètre de la commande publique créé avec la banque des territoires) et les secteurs de la construction partagent des informations relativement précises et instantanées sur les volumes d’appels d’offre et les attributions. Les dernières publications des cellules d’études et de recherche sur la construction (CERC) montrent un très net redressement de l’activité du BTP en termes de chantiers.

Côté appels d’offres et attributions, les tassements de mars-avril 2020 sont très importants, mais ne sont pas imputables à la seule crise sanitaire. L’entrée dans le « cycle électoral » devait en effet se traduire en toute probabilité, même sans la crise, par un creux prononcé pendant plusieurs mois. La superposition entre confinement et période électorale peut s’avérer, d’un certain point de vue, moins néfaste que si le confinement était intervenu en période de redémarrage de l’activité.

Il reste que les professionnels se sont inquiétés début mai des risques de nouveau report du second tour et du prolongement de la période de renouvellement qui risquait de geler durablement toute décision. Associations de pouvoirs locaux et fédérations professionnelles se sont accordées pour souhaiter des équipes municipales et intercommunales opérationnelles dans les délais les plus rapprochés possibles.

L’AdCF avait appelé à cela par voie de communiqué de presse le 19 mai. Elle a également consacré une conférence de presse le 27 mai à cette question pour rappeler le rôle majeur des intercommunalités de France dans la commande publique et la relance économique. Cette conférence de presse a permis de faire état des actions qui s’engagent d’ores et déjà sur le terrain pour accélérer la reprise d’activité et annoncer des mesures de soutien, sans même attendre les élections du 28 juin.

 

La reprise des chantiers

Les premières mesures prises pour préparer la relance consistent à faciliter la reprise des chantiers de construction et la remise en route des activités économiques. Nombre d’intercommunalités mettent tout en œuvre pour accélérer la relance des chantiers de construction et engager le rattrapage. Il faut en effet « purger » le stock de chantiers engagés avant d’envisager toute relance plus massive.

Par exemple, Lorient Agglomération comptabilisait à l’entrée du confinement plus de 60 chantiers en cours ou programmés. La crise sanitaire a conduit la quasi-totalité des entreprises, titulaires de marchés confiés par la communauté, à suspendre l’exécution des travaux ou à en différer le commencement. Lorient Agglomération a effectué mi-avril un travail de recensement pour identifier les chantiers de bâtiments et de travaux publics (BTP) prioritaires. L’état d’avancement, l’intérêt économique ou social, l’urgence, la capacité des autres acteurs (maîtres d’œuvre, entreprises, fournisseurs, coordonnateur sécurité et prévention de la santé…) à se mobiliser ont notamment été les facteurs pris en compte. 24 chantiers ont été retenus et un plan progressif de reprise a été engagé en lien avec la profession dans le strict respect des gestes barrières et des mesures sanitaires spécifiques préconisés par l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics (OPPBTP). Pour s’assurer de la sécurité des personnes, une analyse Sécurité Prévention de la Santé (SPS) a été menée en amont du démarrage des travaux. Parallèlement, des kits d’équipements individuels de protection ont été constitués pour doter les agents communautaires devant intervenir sur les sites au titre de représentants de la maîtrise d’ouvrage ou de la maîtrise d’œuvre. Depuis la fin du mois d’avril, différents chantiers ont déjà été relancés : travaux d’extension du port de course au large à Lorient La Base, opérations de préservation de la Grande Plage et de déchargement en sable de l’épi Est à Gâvres, réalisation d’une centrale de production photovoltaïque, travaux sur les réseaux d’alimentation d’eau potable ou d’assainissement sur les communes de Caudan, Inguigniel, Inzinzac-Lochrist, Lanester, Larmor-Plage, Ploemeur…

La Métropole de Lyon a annoncé dès le 11 mai un fonds d’urgence de 100 millions d’euros pour les entreprises. Des chantiers majeurs de travaux publics ont par ailleurs repris sur la ligne de tramway T2, au Carré de soie, à la Part Dieu.

Dès le 17 avril, la communauté d’agglomération de La Rochelle a présenté, avec la ville, un plan massif de soutien aux entreprises impactées par la crise. Outre l’abondement du fonds de soutien régional (350 k€), la création d’un fonds de soutien aux entreprises naissantes et plusieurs mesures d’appui aux trésoreries des TPE-PME, le plan conçu à partir d’une stratégie concertée avec les chambres consulaires, le tribunal de commerce, la Banque de France comprend un important volet consacré à la commande publique. Communauté d’agglomération, ville, Ports, office public de l’habitat… annoncent un milliard d'euros de commande sur 5 ans. Le maire et président de l’agglomération a précisé qu’une inflexion sera donnée à cette commande publique pour répondre aux exigences de l’ambition Zéro carbone du territoire. Cette stratégie pluriannuelle, multi-acteurs, est destinée à donner de la visibilité de long terme aux entreprises. Pour le court terme, dès le 20 avril, des gros chantiers de construction ont été ré-autorisés dans le territoire comme le Papi de Port neuf.

En Centre-Val de Loire, la communauté de communes Chinon Vienne et Loire et les communes se sont mobilisées pour mettre en place un plan de relance local afin de parvenir à une reprise économique forte et durable. Ce plan de relance économique s’est traduit par la mise en place d’un déblocage de plus de 700 000 € pour soutenir l’économie locale. Cette opération vient compléter le fonds de relance mis en place par la Région Centre-Val de Loire et le fonds national de solidarité de l’État. La communauté participe à hauteur de 25 000 € au fonds de solidarité de l’État et la même somme au fonds de relance de la Région Centre-Val de Loire. À côté de ces aides directes aux petites entreprises, la communauté de communes souhaite plus largement participer à la revitalisation du territoire en mettant en place un programme d’action de relance de la consommation locale avec un financement de 100 000 € pour valoriser les producteurs locaux. Elle s’engage aussi à augmenter son enveloppe des fonds de concours à destination des communes à hauteur de 200 000 € supplémentaires.
Afin de soutenir les investissements privés de rénovation et réhabilitation de l’habitat, la communauté de communes va lancer une nouvelle OPAH, avec 50 000 € supplémentaires par rapport aux 203 000 € prévus. Elle s’engage dans une nouvelle politique touristique pour le territoire avec une opération de marketing territorial. Enfin, la CC CVL va débloquer 25 000 € pour le centre intercommunal d’action sociale. Elle souhaite pouvoir identifier rapidement les structures, entreprises, associations, personnes fragiles des communes pour que les mesures soient le plus conformes au plan de relance territorial. Pour ce faire, elle créé une adresse pour recenser rapidement les difficultés.

En Île-de-France, la reprise active des chantiers s’est opérée au début du mois de mai au sein de la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (GPS&O). À l’image de l’aménagement des voies d’accès au futur centre d’entraînement du PSG ou encore du dédoublement de la sortie 13 de l’A13 à Buchelay, la communauté urbaine relance progressivement ses chantiers à l’arrêt depuis le début du confinement. L’objectif est de tenir au mieux les délais mais aussi de soutenir les entreprises du BTP, fragilisées par la crise sanitaire. Cette filière emploie près de 8 000 salariés sur le territoire. Ses services ont été déployés pour accélérer les formalités liées à la vente de biens immobiliers et instruire les permis de construire. D’autre part, GPS&O joue un rôle plus direct en réactivant ses chantiers de travaux publics, à l’arrêt depuis plus d’un mois et demi. La reprise s’est effectuée dans des conditions sanitaires strictes et encadrées. L’entreprise doit présenter les mesures adoptées, conformément aux préconisations de l’Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des Travaux Publics, en termes d’équipement de protection, nettoyage, organisation des bases vie, transports des personnels… Chaque reprise de chantier s’accompagne d’un plan particulier de sécurité et de protection de la santé établi par l’entreprise et qui doit être discuté et validé par le maître d’œuvre et le coordonnateur en matière de sécurité et de protection de la santé (CSPS). La validation de ce document de référence est le préalable à l’autorisation de redémarrage délivrée par GPS&O, maître d’ouvrage. À partir du 11 mai, les interventions de la communauté ont repris sur l’espace public, tant celles qui étaient en cours avant le confinement que celles sur le point d’être lancées. Il s’agit de plusieurs dizaines d’opérations touchant à la réfection de chaussées, à l’enfouissement de réseaux, à la modernisation de l’éclairage public. Cet important programme est aussi dédié à la réparation d’ouvrages d’art (ponts, murs de soutènement…), au traitement des risques naturels (carrières, comblement de cavités) ou à la mobilité (pistes cyclables, mise en accessibilité d’arrêts de bus…).
Pour mener à bien ces opérations dans des conditions sanitaires satisfaisantes, la communauté urbaine fait appel à un référent Covid indépendant et privé pour l’assister sur la validation des mesures de prévention proposées par les entreprises.

Dans les Hauts de France, la communauté urbaine de Dunkerque prépare son plan de relance en tenant compte de la concertation engagée avec les habitants avant le déconfinement. La communauté d’agglomération du Beauvaisis a mis en place un groupe de réflexion sur le soutien à apporter aux entreprises au moment de leur reprise d’activité. Composé d’élus et de chefs d’entreprises, ce Groupe de Relance Économique pour Beauvais et sa Région (GREBER) a été installé le 21 avril par la présidente Caroline Cayeux. Des propositions concrètes sont attendues d'ici la mi-juin sur ce que la Ville et la CAB pourraient mettre en place en complément des aides de l’État, de la Région et du Département. La communauté de communes du Pays des Lumbres, dans le Pas-de-Calais, a déjà engagé des actions de relance en privilégiant à court terme des fonds de communes pour les petits travaux faciles à engager rapidement. Elle bonifie le taux de soutien quand les chantiers s’inscrivent dans une stratégie communautaire, comme le PCAET. Une manière efficace et pragmatique de mettre en œuvre des orientations intercommunales tout en accélérant la relance.

En Occitanie, Carcassonne Agglo a lancé un grand plan de sortie de crise et de relance économique. « C’est la solidarité territoriale et l’implication des acteurs publics qui permettront au territoire de se relever » a expliqué Régis Banquet, le président. La communauté s’est associée à la région dans son fonds d’aide aux entreprises et a créé son fonds d’intervention spécifique de 1,8 million d’euros. Elle a annoncé une relance de la commande publique, à travers un programme d’investissement de plus de 30 millions d’euros injectés sur le territoire sur deux ans. Ce programme comprend des interventions sur une ZAC, les stations d’épuration, les travaux sur un barrage, la construction d’une piscine. Des mesures sont prises en faveur des acteurs touristiques, des associations mais aussi du pouvoir d’achat des ménages (factures d’eau, gratuité de services…).

En Nouvelle Aquitaine, la communauté de Bergerac a lancé un plan d'achats et de chantiers immédiats pour les commerces, les artisans et les entreprises. Les 38 communes bénéficieront de fonds de concours pour assurer des commandes aux entreprises locales. Pour le président de la Communauté d'agglomération de Bergerac, c'est un plan de relance de 1,3 million d'euros en faveur des artisans, des commerces, et des petites entreprises en chute d'activité à cause du confinement. La CAB a réservé une enveloppe de 500 000 € pour subventionner la moitié des achats et des petits travaux immédiats sur les bâtiments des 38 communes de l'agglomération (façade à refaire, chauffe-eau à changer, etc.). Ces 500 000 € de subventions vont permettre d'engager un volume d’un million d'euros de commandes pour les petites entreprises bergeracoises.
La CAB va également engager 150 000 euros de travaux sur ses propres bâtiments, et 100 000 € d'achats auprès de fournisseurs locaux (librairie, horticulteurs…).
Dans les Pays de la Loire, Mauges communauté prépare son plan de relance et son président, Didier Huchon, déclare à Ouest France qu’il souhaite mettre l’accent sur la rénovation de l’habitat pour favoriser la relance du bâtiment.

 

Relance touristique : l’imagination au pouvoir

Les territoires à forte activité touristique annoncent des plans de relance sectoriels. C’est le cas de la communauté de Saint-Tropez dans le Var qui a annoncé avec l’ensemble des maires un premier plan de rebond. La communauté recentre sa promotion sur les clientèles locales « excursionnistes » et veut accompagner les professionnels dans leurs efforts d’adaptation. 120 000 euros ont été décidés pour repenser la promotion du territoire, avant annonce de nouvelles mesures d’accompagnement. En Auvergne Rhône Alpes, le président de la communauté d’agglomération et maire de Vichy (Allier) a présenté le 26 mai son plan de relance touristique en web conférence.

Toujours dans l’Allier, dans le cadre de son plan de relance de l’activité touristique, et afin de soutenir le secteur de la restauration fortement éprouvé, Moulins Communauté a lancé un chèque local intitulé « Solidarité Resto ». D’une valeur de 15 €, payé 12 € par le consommateur, ce chèque est reversé, par l’Office de tourisme de Moulins et sa région, au restaurateur du choix de l’acheteur sans attendre la réouverture. Dès réouverture, et après réservation, l’acheteur pourra déguster ses plats favoris chez son restaurateur local préféré. Les chèques achetés sont à retirer à l’Office de tourisme. L’offre est valable jusqu’au 31 octobre 2020 dans la limite de 15 chèques par foyer et dans tous les restaurants des 44 communes de Moulins Communauté ayant adhéré au dispositif. Les 3€ résiduels proviennent de la participation de Moulins Communauté. 50 000 euros de coupures de 15 € sont disponibles à l’Office de tourisme. Il s’agit d’accompagner la vitalité du territoire qui passe par les métiers de bouche. La demande est forte auprès des consommateurs si l’on en juge par le succès des traiteurs par exemple, sur la nouvelle plateforme www.mavillemonshopping.com. La moitié des commandes effectuées à ce jour vont en direction de la livraison de paniers ou plats gourmands. Le soutien ciblé aux consommations locales s’opère aussi à Tours, où la ville prévoit de distribuer 30 000 bons d'achat de 50 euros aux Tourangeaux afin qu'ils participent à la relance du commerce local.
La communauté de l’Etampois, dans l’Essonne, explique ses mesures de soutien à la consommation au profit des commerces locaux dans une vidéo.

En région Sud, la communauté de communes de la vallée de l’Ubaye a annoncé son plan de relance pour l’économie touristique qui représente 85 % des emplois directs et indirects, 2 800 emplois permanents ou saisonniers pour 160 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, dont plus de la moitié est réalisée sur la période estivale et les ailes de saison. Le plan de relance a été travaillé à trois niveaux : Promotion, Animations & Evénements, Soutien aux professionnels. Côté promotion, la vallée fera partie intégrante d’un puissant plan de communication de 2 millions d’euros porté par la Région et le Département, avec notamment la mise en œuvre d’une campagne nationale sur les grands chaînes de télévision et le déploiement de campagnes départementales et régionales destinées à "faire venir en Ubaye". « L’Ubaye, va tout faire pour convaincre les touristes de venir se ressourcer et se retrouver, en profitant de tous les atouts de la vallée » a expliqué la directrice des services. Pour des retombées économiques directes, un des leviers les plus stratégiques mis en place consistera à réajuster la politique événementielle, sur laquelle l’Ubaye a construit au fil des années une bonne partie de sa réputation de vallée attractive et vivante, en repositionnant, dans la mesure du possible, des opérations festives et récréatives au cœur de la vie commerciale, à proximité immédiate des commerces.

Dans le Vaucluse, toujours en région Sud, le plan de relance pour les entreprises locales de la communauté de communes Vaison-Ventoux a été présenté en vidéo par son président. Ce plan succède aux aides d’urgence déjà mises en place pour soutenir les professionnels du territoire. Le premier axe de ces actions concerne la saison touristique, où l’intercommunalité veut agir en urgence. Par le biais de son office de tourisme, elle travaille avec la région à un outil de commercialisation qui facilitera l’achat en ligne de prestations touristiques sur le territoire. Elle prépare des actions pour maintenir de l’animation dans les communes afin qu’elles restent attractives, et encourage depuis plusieurs semaines les professionnels à s’affilier à l’Association Nationale des Chèques Vacances (ANCV) pour bénéficier de l’opération lancée par la Région. Les actions en faveur des partenaires de l’office vont être renforcées. D’autre part, la communauté de communes va prendre à sa charge 500 000 euros que les communes versent habituellement à l’État pour qu’elle aient « plus de souplesse pour choisir le meilleur moyen de soutenir les entreprises locales comme faire réaliser des travaux par les artisans locaux, soutenir les commerces en difficulté, engager des actions favorisant l’attractivité commerciale… ». Le président souhaite accélérer la mise en œuvre du projet de vélo-route qui doit relier Mollans-sur-Ouvèze à Sablet, en passant par Vaison-la-Romaine. 

 

Contact : Nicolas Portier (n.portier@adcf.asso.fr)

 

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