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Relations entreprises-territoires : Une étude publiée par la Banque postale

Présentée par l’un de ses auteurs, Franck Vallerugo (professeur à l’ESSEC), lors d’un forum de la dernière convention nationale de l’AdCF de Deauville, l’étude réalisée avec la Direction des études de la Banque postale consacrée aux relations des entreprises avec les territoires est disponible en ligne. Nous en recommandons la lecture aux élus et responsables des communautés ou métropoles en charge du développement économique.

L’enquête qualitative conduite par l’ESSEC pour le compte de la Banque postale s’est appuyée sur un questionnaire auquel ont répondu 969 entreprises. Les entreprises qui ont répondu sont majoritairement d’une certaine taille (plus de 20 salariés) ; les moins de 20 salariés n’étant que 19%. L’échantillon est donc ciblé sur les PME, ETI ou établissements de grandes entreprises, c’est-à-dire des employeurs importants. Il n’a pas vocation à refléter le parc des entreprises françaises marqué par la nette prédominance des micro-entreprises. Les réponses proviennent majoritairement de grandes aires urbaines (dont l’Ile-de-France) mais 27% sont issues d’aires urbaines de taille moyenne ou petite, voire de secteurs ruraux.

L’exploitation de l’enquête et la synthèse des résultats mettent en exergue trois leviers pour agir sur l’ « offre territoriale » en direction des entreprises.

  • L’offre territoriale en matière de ressources humaines,
  • L’accessibilité physique et numérique des territoires et milieux économiques locaux,
  • L’environnement des entreprises et les services aux personnes.

 Sur le premier levier « ressources humaines », les entreprises répondantes s’avèrent relativement satisfaites de leurs salariés par rapport aux taux d’absentéisme (avec des nuances selon les types de territoires) et aux critères de coût de la main d’oeuvre ; deux critères très importants et donnant satisfaction. D’autres critères sont jugés très importants sans se traduire par la même satisfaction : la qualification et l’abondance de main d’œuvre. Le jugement porté sur les structures de formation continue et initiale est en retrait. Le jugement est critique sur les instances publiques pour l’emploi (Pôle emploi) mais les entreprises jugent son importance faible, trouvant des solutions par ailleurs pour recruter.

Sur le levier « accessibilité » les réponses sont extrêmement variées selon la taille des aires urbaines. L’importance de ces critères d’accessibilité, notamment numérique, réunit tout le monde (94% pour la desserte numérique) mais l’accessibilité effective de leur site d’implantation ne donne pas satisfaction. Les taux de satisfaction passent de 54% des entreprises en moyenne à 41% dans les petites et moyennes aires urbaines. 77% des entreprises de plus de 500 salariés sont satisfaites mais seulement 41% des moins de 20 salariés. L’accélération du déploiement numérique dans les territoires est de fait prioritaire.

L’étude met également en évidence d’autres critères impactant les entreprises et leur éco-système, notamment la densité de leurs partenaires (clients, fournisseurs, financeurs, prestataires de services…). Les taux de satisfaction s’avèrent plutôt élevés sur ces différents critères, avec une importance des critères jugée variable selon les secteurs économiques. Les avantages comparatifs des territoires varient selon les critères.

Sur le dernier levier de l’attractivité, il est notable que les réponses des entreprises varient beaucoup en fonction des types de territoires. L’importance accordée par ces dernières au cadre de vie des salariés (« environnement urbain » dit l’enquête ce qui peut prêter à confusion en secteur peu dense) chute de 75% à Paris à 54% dans les petites aires urbaines. Le taux est de 67% dans les grandes aires urbaines et 58% dans les moyennes. Le lien entre qualité du cadre de vie et l’impact sur la productivité n’est pas perçu non plus de la même manière. Toutes les entreprises (96%) se préoccupent en revanche du bien-être au travail.

L’étude emploie l’expression « salaire urbain » pour évoquer la composante « bien-être » des salariés, y compris en matière d’immobilier. Les niveaux de prix, l’organisation (surface, volume), les capacités d’extension apparaissent essentiels aux entreprises. Les taux de satisfaction sont bons mais plus mitigés, surtout sur les capacités d’extension (51% seulement) ce qui est à retenir pour les intercommunalités dans leur responsabilité d’accompagnement du « parcours résidentiel » des entreprises.

Sur les différents services aux salariés (commerce, crèches,  écoles, équipements culturels…) l’importance accordée par les entreprises varie fortement mais on notera qu’un nombre non-négligeable d’entre elles se disent prêtes à co-financer certains services, notamment des petites entreprises.

Sur les questions de gouvernance locale, l’étude invite à repenser la question de la responsabilité territoriale de l’entreprise et son insertion dans l’éco-système local. Beaucoup d’entreprises sont ancrées dans leur territoire depuis de nombreuses années. Les choix de localisation concrets s’avèrent être très différents de tout ce qu’enseignait naguère une certaine littérature économique (poids de la fiscalité…).

 

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