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En Hauts-de-France, entreprises et communautés débattent des clés du renouveau productif

Dans le cadre de son pacte productif, l’AdCF a organisé le 15 novembre sa sixième rencontre consacrée au renouveau productif et industriel. Alors que le gouvernement devrait annoncer le 22 novembre une liste d’une centaine de territoires d’industrie, dans le cadre de son programme pour l’industrie du futur, l’AdCF continue de mobiliser les communautés et métropoles pour encourager les initiatives en faveur du développement productif.

Accueillie par la Communauté d’agglomération du Pays de Saint Omer, la rencontre régionale Hauts-de-France a réuni des représentants du monde économique, de la formation et des collectivités qui ont pu échanger sur les conditions de création d’écosystèmes résistants et innovants, l’offre de service aux entreprises ou encore le co-design des politiques de recrutement et de formation.

Coordination des acteurs

François Decoster, président de la Communauté d’Agglomération du Pays de Saint-Omer, a ouvert le débat en rappelant que l’action économique sur les territoires s’inscrit aujourd’hui dans un moment clé du dialogue entre les Régions et les intercommunalités. La construction d’une stratégie ne peut selon l’élu se réaliser qu’en bonne intelligence entre les deux échelons, la convergence des outils permettant à terme une action plus efficace et cohérente à l’échelle du territoire. 

Au-delà des acteurs publics, tous les intervenants ont également rappelé la nécessité impérieuse du dialogue entre les différents réseaux, publics et privés. Selon Frédéric Motte, président du MEDEF Hauts-de-France « l’emploi ne se décrète pas, il se construit » et ce, collectivement. Il a ainsi averti que les appels à projets qui omettaient d’associer l’ensemble des acteurs étaient souvent voués à l’échec dans les Hauts-de-France.

Encourager la création d’écosystèmes

Ainsi cette collaboration entre acteurs permet de renforcer l’impact de l’action économique. Le témoignage de Jean-Marc Vienot, directeur du cluster Club-Tex, spécialisé dans le textile technique, a pu montrer les effets de résistance et de développement engendré par la mise en commun des savoir-faire dans des champs de compétence variés (production, R&D, marketing, …). Pour autant, il a insisté sur l’importance du parti pris thématique : l’écosystème généraliste n’existe pas. Avec le lancement d’Euramatériaux, réunissant les acteurs de la transformation de matériaux, ClubTex va ainsi mettre en complémentarité une filière professionnelle à l’échelle régionale. En effet, ces écosystèmes doivent également chercher à servir l’ensemble de leur territoire, comme l’a souligné Olivier Pagezy, directeur d’Entreprises et Cité.  Il cite ainsi pour exemple le cluster Euratechnologies, qui essaime son action à l’ensemble du territoire des Hauts-de-France.

Autre dimension de l’action publique, et que François Decoster a rappelé : « la création d’entreprise manque à l’ADN du territoire des Hauts-de-France ». Au-delà de la coordination et la mise en convergence de l’existant, l’accompagnement de la création entrepreneuriale sert ainsi un objectif fort dans l’innovation industrielle.

Faciliter la visibilité et la cohérence du tissu économique du territoire

Selon Jean-Marc Vienot, directeur du cluster ClubTex, les entreprises demandent aujourd’hui à leur collectivité d’être en capacité de les flécher auprès des porteurs de projets, leur apportant ainsi le gage de confiance nécessaire au déclenchement de certaines commande. Il devient donc indispensable pour les intercommunalités de connaitre le tissu économique de leur territoire. Si un diagnostic, comme le souligne François Motte, apporte souvent une lourdeur administrative et entre dans le temps long, la promotion des premières entreprises identifiées amène souvent les autres spécialistes à se manifester.

Les services économiques de la CAPSO ont fait quant à eux le choix de commencer par cartographier les compétences présentes sur le territoire à travers des séminaires à l’invitation de l’agglomération. Une fois définies les spécialités et capacités de chacun, des pilotes et des contributeurs ont été désignés sur chaque thématique. Pour répondre à une commande, le pilote est sollicité en priorité et associe au cours du projet les contributeurs complémentaires. Chacun est ainsi tour à tour pilote et contributeur.

Une offre de service aux entreprises lisible et installée

Pour optimiser la relation entreprises – collectivité, il est également nécessaire de clarifier les choses pour produire une offre de service lisible, coordonnée et sans doublon aux entreprises de toutes tailles. C’est ainsi que François Decoster a expliqué la réunion de 14 organismes dans une seule maison du développement économique à Saint-Omer. Il ne s’agit donc pas de « réinventer la roue » mais bien de concentrer les efforts.

Afin de faciliter l’accès à cette offre, mais aussi la coordination et l’accompagnement des acteurs, Olivier Pagezy a expliqué l’importance de « lieux totems » installés sur les territoires. Véritable point de repère, ils peuvent être une porte d’entrée dans le bassin d'emploi et permettent de concentrer plateforme de services aux entreprises et lieu d’incubation, de dialogue et de création. François Decoster a ainsi présenté le projet de La Station, lieu « dédié à l’innovation, la collaboration, l’entrepreneuriat » qui répondra dès novembre 2019 à ces enjeux sur le territoire de l’audomarois (voir documents de présentation attachés).

Le co-design, élément clés des politiques de formation et de recrutement

Les participants ont tous fait état des difficultés de recrutement pour les entreprises de Hauts-de-France. L’adéquation des compétences peine à suivre le rythme de l’évolution du secteur industriel actuel. Claude Verger, directeur du CNAM Hauts-de-France explique en effet que la dernière enquête sur les métiers en tension réalisée sur la Région se base sur des statistiques vieilles de deux ans. La saturation du marché est ensuite rapide et les formations doivent à nouveau s’adapter aux nouveaux métiers en tension. Le besoin de réactivité est sans précédent, pour s’adapter, selon Jean-Marc Vienot à « une industrie mature mais en mutation ».

De fait, les acteurs s’accordent sur le besoin de formations flexibles. Avant tout généraliste et transversale mais « coloriées de 4 à 5 spécialisations par promotion » selon les mots de Claude Verger. Pour définir ces spécialisations, la collectivité peut réaliser un premier filtre, en définissant les besoins de son territoire grâce aux démarches de GPEC réalisées en partenariat avec les représentants de son tissu économique. Pour affiner ces diagnostics, François Decoster a également plaidé pour un décloisonnement entre les lycées et les établissements d’enseignement supérieur pour mieux saisir l’ambition professionnelles des jeunes du territoire. L’immense base de données fournies par Parcours Sup permettrait ainsi d’observer les dynamiques privilégiées et celles ignorées par les jeunes en formation.

Pour conclure, les participants ont évoqué l’importance d’une démarche de marketing territorial, cohérente sur les domaines économique, touristique, culturel, qui reste au cœur de l’attractivité du territoire et de l’action publique économique.

 

Contact : c.lacoste@adcf.asso.fr

 

Télécharger le support de présentation de la rencontre

Accéder à la présentation de la Station

 

Retrouvez les compte-rendu de précédentes rencontres :

https://www.adcf.org/contenu-article?num_article=4222&num_thematique=4

https://www.adcf.org/articles-renouveau-productif-dans-les-territoires-les-delegations-regionales-de-l-adcf-pleinement-mobilisees-4278

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