L’enseigne française Décathlon prévoit un tournant qui ne passe pas inaperçu à Saint-Denis. Son magasin emblématique, situé face au Stade de France et ouvert en 1998 pour accompagner la Coupe du monde, pourrait fermer ses portes à la fin juin 2026. Cette décision marquerait l’issue d’un quart de siècle rythmé par des pertes régulières, avec un déficit moyen estimé à 500 000 euros chaque année. L’annonce officielle, faite lors d’un comité social et économique le 19 novembre 2025, mobilise actuellement salariés, syndicats et élus locaux autour de l’avenir de ce site historique.
Pourquoi la fermeture du magasin du Stade de France est envisagée ?
Après 25 ans d’exploitation sans parvenir à atteindre la rentabilité, la fermeture de magasin fait désormais partie des options sérieusement étudiées par l’enseigne française. Même si la décision finale n’a pas encore été prise, cette perspective suscite de nombreuses inquiétudes, autant pour sa portée symbolique que pour ses conséquences économiques. Depuis son ouverture en 1998, ce point de vente doit composer avec l’évolution de la zone commerciale, les nouvelles habitudes de consommation et une concurrence accrue, sans oublier les défis liés à l’entretien d’une grande surface située à deux pas du célèbre stade.
L’annonce officielle évoque une possible cessation d’activité à la fin juin 2026, sauf retournement de situation. Ce calendrier laisse quelques mois pour engager des discussions ou tenter un redressement, mais la direction met en avant un besoin de rationalisation face au déficit récurrent enregistré depuis plus de vingt ans.
Un déficit structurel difficile à résorber
Malgré plusieurs tentatives pour relancer la fréquentation et diversifier les offres, le magasin du Stade de France a accumulé année après année des pertes importantes. Les comptes dans le rouge se traduisent par un déficit cumulé évalué à près de 12,5 millions d’euros sur 25 ans. Cette situation interroge sur le modèle commercial choisi pour ce magasin emblématique, pourtant idéalement placé à proximité immédiate du stade.
Une enseigne malgré tout investie localement
Le partenariat tissé autour des Jeux Olympiques de Paris 2024 témoignait de l’ancrage de Décathlon dans ce secteur stratégique. Pourtant, cet engagement n’a pas suffi à compenser le déficit chronique. Les pics de fréquentation liés aux grands rendez-vous sportifs n’ont jamais permis de stabiliser durablement la rentabilité du site, qui reste déficitaire hors période événementielle.
Ce magasin emblématique est perçu comme un repère par la municipalité et certains habitants de Saint-Denis, mêlant espoirs et regrets. Malgré tous les efforts déployés pour dynamiser le lieu, la rentabilité n’a jamais été atteinte, poussant aujourd’hui à envisager sérieusement la fermeture.
Quelles conséquences pour les salariés et la ville de Saint-Denis ?
La fermeture de magasin concerne directement les 39 salariés du site historique du Stade de France. Ces collaborateurs attendent des garanties solides quant à leur avenir professionnel. Le reclassement, exigé par la CFDT sans perte d’emploi, s’impose comme l’une des priorités du dialogue social. Pour ces salariés, il est crucial de préserver des postes qualifiés et d’éviter toute rupture forcée.
Au-delà de l’aspect social, cette annonce trouve un écho particulier à Saint-Denis. Ville populaire attachée au maintien de son tissu économique, elle voyait en la présence de l’enseigne française une opportunité pérenne en matière d’offre et d’emploi. La municipalité avait espéré une réimplantation en centre-ville, mais Décathlon n’a donné aucune suite concrète à cette proposition.
Quel sort pour les collaborateurs concernés ?
L’annonce officielle a ravivé les préoccupations des représentants du personnel. Les syndicats réclament un plan précis garantissant des mesures de reclassement dignes. L’idéal serait que chaque salarié puisse conserver son emploi, par mutation interne ou en accédant à d’autres fonctions compatibles dans la région parisienne.
Les employés s’interrogent déjà sur les conditions proposées, notamment concernant la localisation des éventuelles solutions et la préservation de leurs acquis salariaux. Tous partagent la même volonté : éviter les suppressions de poste et préparer l’avenir dans les meilleures conditions possibles.
Une vigilance accrue sur la reconversion du site
La mairie de Saint-Denis promet de rester attentive lors des échanges à venir. Elle souhaite encadrer la reconversion du site afin de favoriser la création de nouvelles activités génératrices d’emplois locaux. Des consultations pourraient être menées avec différents acteurs économiques et associatifs pour imaginer, dès la fermeture effective, des projets porteurs pour les riverains.
Pour les usagers, la disparition de ce magasin emblématique représente une perte pour le quartier. Le maintien de commerces attractifs reste essentiel à l’attractivité de la ville, surtout dans ce secteur proche du Stade de France où les enjeux de développement demeurent importants.