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Transferts d’entreprises entre territoires: la 9ème note économique est parue

La note n°9 de la collection de l’AdCF consacrée à l’analyse des tissus économiques intercommunaux porte sur les mouvements de transferts d’établissements ou d’entreprises mono-établissement entre intercommunalités. Réalisée par le cabinet OPC, cette nouvelle note publiée par l'AdCF avec le soutien de la Banque des territoires montre que ces mouvements de transfert restent assez limités au regard du parc d’établissements. Ils relèvent essentiellement d’un phénomène de desserrement des grands centres urbains et concernent in fine peu d’emplois, les très petites entreprises voire auto-entreprises étant très majoritaires dans les transferts. Retrouvez la nouvelle note.

Portant sur l’année 2015 (pour laquelle des données fines sont disponibles), la nouvelle note s’efforce d’évaluer les phénomènes de relocalisation d’entreprises dans les territoires via les mouvements de départs et d’arrivée entre intercommunalités. En 2015, 57 700 mouvements d’entrée et de sortie ont été identifiés, ce qui est à la fois important en valeur absolue mais assez marginal au regard du « parc » total des entreprises françaises, toute taille confondue. Ces transferts concernent en outre pour l’essentiel des très petites structures, et représentent des volumes d’emplois limités.

Ils s’opèrent surtout dans des rayons assez courts, soit au sein d’un même bassin d’emploi, soit dans la périphérie des grandes conurbations (sous l’effet des contraintes foncières notamment). Les cartes illustrant les « entrées » mettent en évidence les dynamiques d’accueil des intercommunalités périurbaines proches des métropoles de Bordeaux, Toulouse, Nantes, Rennes, Lyon… La note met en outre en lumière les phénomènes d’aspiration mais aussi de refoulement qui caractérisent les métropoles, avec des taux d’entrée importants mais aussi des taux de sortie élevés.

Moins d’un tiers de transferts s’opèrent entre régions différentes, et encore le plus souvent aux franges de ces dernières (avec des mouvements de quelques kilomètres), sur les pourtours de l’Ile-de-France par exemple, aux limites de la Normandie et de la Bretagne, ou aux lisières de l’Occitanie

Examinés en solde net entre « entrées » et « sorties », les transferts révèlent une plus forte attractivité des territoires situés au sud de la ligne Cherbourg-Genève, ce qui contraste avec le développement du XXème siècle (jusqu’aux années 1980).

En matière d’emploi, les phénomènes de transfert s’avèrent peu structurants compte tenu de la prépondérance des TPE et mirco-entreprises dans les mouvements. Seul un millier d’établissements et d’entreprises de plus de 10 salariés ont changé d’intercommunalité en 2015, avec des soldes nets négatifs plus marqués dans les grandes intercommunalités (desserrement foncier). Les unités de plus de 10 salariés ne concernent que 2% des transferts, eux-mêmes assez peu nombreux.

La note met ainsi en exergue l’assez forte stabilité de la cartographie des implantations d’entreprises, les transferts répondant à une logique de « parcours résidentiel » au sein d’une même région voire d’un même bassin d’emploi. L’existence d’un nombre élevé de salariés et de cadres, d’investissements immobiliers, d’un réseau de clients ou de fournisseurs… tend à limiter la volatilité des établissements, contrairement à certaines idées reçues.

En conclusion, cette analyse propose de reconsidérer certaines politiques de prospection d’entreprises et d’attractivité. C’est davantage sur les flux d’investissement, à partir des tissus d’entreprises existants, ou lors de la phase de création de sites, que s’opère la concurrence inter-territoriale. L’analyse des stratégies des groupes, ou des PME multi-sites, met en lumière leurs critères d’arbitrage interne pour le développement de leurs filiales ou établissements. Les relocalisations d’entités complètes sont en revanche très complexes, et très rares, une fois franchis certains seuils.  En 2015, seulement 7 entreprises de plus de 250 salariés ont changé d’intercommunalité.

Il doit être noté que l’étude prend la métropole du Grand Paris comme territoire de référence. Une analyse à l’échelle plus fine des établissements publics territoriaux (EPT) aurait pour effet d’accroître sensiblement les transferts d’entreprises d’une certaine taille ; à l’intérieur même de la métropole.

 

Contact : Nicolas Portier, n.portier@adcf.asso.fr & Floriane Boulay, f.boulay@adcf.asso.fr

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