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Tissus économiques des intercommunalités : Le poids respectif des secteurs "exposés" et des secteurs "abrités"

L’AdCF publie fin juin 2019 une troisième note d’analyse des tissus productifs des intercommunalités réalisée en partenariat avec OP Conseil. Cette publication mesure le degré d’exposition des économies locales à la concurrence internationale en distinguant les poids respectifs des secteurs exposés et des secteurs abrités dans les tissus économiques locaux. Sur une longue période (1975-2018), les bassins ruraux et semi-ruraux ont subi les plus fortes pertes d’emplois productifs « exposés », à peine compensés par la croissance des activités des secteurs résidentiels et domestiques. Retrouvez la note.

Ce nouveau numéro des Notes de l’AdCF consacré aux tissus économiques des intercommunalités françaises vient pleinement éclairer les enjeux du programme Territoires d’industrie et en conforter l’ambition. Elle analyse l’évolution du poids des emplois « productifs concurrentiels » (industrie, agriculture, services aux entreprises connexes…) dans les territoires sur une longue période, à partir du choc pétrolier du milieu des années 1970 (point culminant de la part de l’emploi productif en France) jusqu’à aujourd’hui. Depuis cette période, notre pays a connu une réelle décrue de ses emplois productifs concurrentiels, exposés à la compétition extérieure (- 1,17 million) compensée par la création d’emplois nombreux dans les secteurs « présentiels » (+ 6 millions). Cette transformation de l’emploi n’a pas profité à tous les territoires de la même manière. Les intercommunalités de moins de 20 000 habitants (périmètres actuels) ont vu les créations d’emplois présentiels juste compenser les pertes en emplois productifs (451 000 créations contre 438 000 destructions), ce qui explique largement le déficit d’emplois de ces territoires qui ont souvent vu s’accroître leur population résidente et leur nombre d’actifs. Tout en restant souvent marqués par un profil « productif », très exposé à la compétition internationale, ces territoires manquent de fait de relais de croissance.

Dans des proportions moindres, les intercommunalités de 20 000 à 50 000 habitants, comme celles de 50 000 à 200 000 habitants, ont également connu des pertes importantes d’emplois productifs, mais les créations dans la sphère présentielle ont été largement supérieures d’où des créations nettes d’emplois importantes sur longue période (entre 23% jusqu’à 41% selon les strates). Les seules intercommunalités à avoir connu une croissance des emplois productifs exposés (industrie et services associés) sont les intercommunalités de 200 000 à 500 000 habitants, c’est-à-dire les grandes agglomérations et petites métropoles (+6,5%) tout en gagnant 66,3% d’emplois présentiels « abrités ».

Cette nouvelle Note de l’AdCF revient sur ces trajectoires de longue durée, tout en les illustrant par des cartes inédites qui mettent en évidence des évolutions différenciées selon les régions françaises. Les décroissances des emplois exposés s’avèrent plus ou moins accentuées selon les régions et bassins d’emploi. Le grand quart nord-est de la France, ainsi que de nombreux bassins du massif central ont connu les plus fortes hémorragies alors que le littoral atlantique, la Bretagne, l’Ile-de-France ont renouvelé leur tissu. L’auteur de la note et des cartes, Olivier Portier, reprend à son compte la notion de « France inverse » qu’entrevoyait l’économiste René Uhrich dès les années 1970-80.

Le développement de l’économie présentielle, corrélé à la consommation de masse et à la part décroissante de l’industrie ou de l’agriculture dans les économies développées, a produit des redéploiements de l’emploi, mais aussi des disparités très nettes de croissance. Les plus fortes hausses sont constatées dans les grands corridors d’urbanisation (Rhône, Garonne) et les façades littorales. Malgré ces différences de dynamiques, les profils productifs des territoires restent marqués par une certaine continuité : très peu sont passés d’un modèle productif à un modèle présentiel-abrité, ou l’inverse.

Aujourd’hui encore (données disponibles 2014), nombre des bassins les plus exposés à la concurrence (en poids relatif de l’emploi) demeurent des petites ou moyennes intercommunalités (moins de 50 000 habitants).

 

Retrouvez les deux numéros précédents de la collection "Les Notes de l'AdCF" :

Concentration de l’emploi dans les établissements à l’échelle des intercommunalités, Les Notes de l'AdCF, N°01

Entreprises : la dynamique des tissus d'établissements à l'échelle des intercommunalités, Les Notes de l'AdCF, N°02

 

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