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Territoires éducatifs ruraux : l’expérimentation est lancée dans trois académies

A l’occasion d’une rencontre avec Nathalie Elimas, secrétaire d’Etat chargée de l’éducation prioritaire, Sébastien Martin et Anne Terlez, président et vice-présidente de l’AdCF, ont pu échanger sur les principes et les objectifs de l’expérimentation « Territoires éducatifs ruraux ».

Créer un « écosystème global » pour accompagner les 0-25 ans

Le programme Territoires éducatifs ruraux vise à « renforcer les prises en charge éducatives des enfants et des jeunes, avant, pendant, autour et après le cadre scolaire, en construisant des solutions appuyées sur une stratégie territoriale ambitieuse et partagée, accompagnée par le ministère de l'Éducation nationale ».

« Les projets porteront sur trois axes :

  • La mobilisation d'un réseau local de coopération autour de l'école, 
  • La construction d'un projet cohérent qui permette aux élèves ruraux de gagner en ambition pour leur avenir, 
  • L’amélioration de l'attractivité de l'école rurale et de l'accompagnement des personnels. »

Le ministère illustre cette organisation souhaitée avec le schéma suivant :

 

Nathalie Elimas, secrétaire d’Etat chargée de l’éducation prioritaire, a souligné la nécessité de « créer un écosystème global pour accompagner les 0-25 ans, et pour cela mettre autour de la table l’Education nationale, les élus, le préfet, la CAF, les acteurs associatifs, les acteurs du sport et de la culture… ».

Dans un premier temps, les académies d’Amiens, de Nancy-Metz et de Normandie expérimenteront le programme au travers de 24 territoires éducatifs ruraux. Ces territoires, dont le périmètre correspond à un bassin de vie, ont été identifiés sur la base d’indicateurs de fragilité. Un collège pilote est désigné ainsi que son réseau d’écoles primaires

 

L’expérimentation se fera en plusieurs étapes :

  • D’ici le mois d’avril, les conventions Territoire éducatif rural seront signées avec toutes les parties prenantes et fixeront les objectifs, le plan d’action et les modalités d’évaluation du programme ;
  • Fin juin, un point d’étape sera réalisé ;
  • En septembre 2021 et en fonction des enseignements tirés, l’expérimentation pourra être élargie à d’autres territoires. 

 

Nathalie Elimas l’a souligné : ce programme est « la réplique, pour les territoires ruraux, des Cités éducatives, aujourd’hui installées dans plus d’une centaine de quartiers prioritaires de la politique de la ville ». La logique est identique, « créer une alliance éducative autour des jeunes » ainsi que le pilotage du programme.  

 

L’engagement des intercommunalités dans le champ éducatif

Sébastien Martin a insisté auprès de la secrétaire d’Etat sur l’importance de mobiliser chacun des acteurs en fonction de son cœur de métier et ses compétences tout en veillant surtout à respecter les différentes configurations locales, notamment la répartition des responsabilités entre communes et intercommunalité dans le champ de l’éducation et des politiques enfance-jeunesse.

A ce titre, il est intéressant d’indiquer que selon la base de données BANATIC :

  • 25% des intercommunalités sont compétentes en matière scolaire (382 intercommunalités dont 334 communautés de communes) ;
  • 50% des intercommunalités sont compétentes en matière d’activités périscolaires (524 intercommunalités dont 460 communautés de communes) ; 
  • Près de 50% des intercommunalités sont compétentes en matière de transport scolaire (483 intercommunalités dont 308 communautés de communes). 

 

Au-delà de ces compétences, Anne Terlez a rappelé l’engagement des intercommunalités, et particulièrement en milieu rural, dans les politiques petite enfance, enfance, jeunesse. 

Ces thèmes font désormais partie des projets de territoire que les intercommunalités portent et pilotent. Inscrire ces questions à l’échelle de l’intercommunalité permet justement de les traiter de manière transversale et de travailler au parcours éducatif, de la petite enfance jusqu’à l’entrée dans le monde du travail. Et cela sans affecter les compétences des communes, puisque le projet de territoire d’une intercommunalité intègre le plus souvent des projets dont les maitrises d’ouvrages sont diverses (commune, intercommunalité, opérateur, association…). Les travaux de la commission cohésion sociale de l’AdCF, que préside Anne Terlez, en attestent. Nathalie Elimas a d’ailleurs marqué son intérêt pour y participer, à l’occasion d’une réunion prochaine. 

Autre élément : le programme Territoires éducatifs ruraux vise aussi à favoriser l’accès à la formation et l’accès à l’emploi des jeunes. Ces sujets sont aussi, et de plus en plus, portés à une échelle intercommunale voire au-delà (PETR…), dans une logique de bassin de vie ou de bassin d’emploi et en s’appuyant sur les politiques de mobilités, la mobilité étant considérée comme le frein numéro 1 dans les territoires ruraux. Des solutions alternatives au transport en commun et à la voiture individuelle existent, comme l’illustre l’étude AdCF – Transdev « Nouvelles solutions de mobilités dans les espaces de faible densité ». 

Raison de plus pour intégrer l’intercommunalité dans « l’écosystème global ».

 

Plus d’informations sur le programme Territoires éducatifs ruraux

 

Contact : Romain Briot - r.briot@adcf.asso.fr

 

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