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Développement économique

Territoires d’industrie : Une nouvelle note d’analyse de l’AdCF consacrée aux questions d’attractivité des métiers industriels

L'AdCF publie, avec le soutien de la Banque des Territoires, une nouvelle note d’analyse des fiches actions des Territoires d’industrie consacrées aux enjeux des qualifications. Elle propose également une version actualisée de ses deux premières notes d'analyse des projets Territoires d’industrie portant sur la transition écologique et la gestion des friches industrielles.

 

Retrouvez la 3e note d'analyse de l'AdCF :

Attractivité des métiers de l'industrie et des territoires d'industrie - Recrutement et capital humain dans les bassins d'emplois industriels

 

 

L'initiative Territoires d'industrie fêtait au printemps son premier anniversaire. Si le programme évolue en continu, avec une extension à quelques territoires (au nombre de 148) et des projets ajustés à la conjoncture actuelle, il se présente comme un levier majeur de développement économique local et de résilience face à la crise. L’AdCF poursuit son travail d’accompagnement et a rassemblé toutes ses ressources consacrées au programme sur une page dédiée de son site internet.

Dans son effort de des Territoires d’industrie, l’AdCF a organisé plusieurs rencontres nationales en 2019, en lien avec la Délégation aux territoires d’industrie, le CGET (devenu ANCT), Régions de France, CCI France, la Banque des Territoires…

Elle a animé un groupe de travail sur la question des friches industrielles qui s’est traduit par des rencontres sur sites, une note d’analyse des actions des Territoires d’industrie et un rapport remis au gouvernement.

En vue d’une rencontre nationale organisée avec CCI France en septembre 2019, une note d’analyse des projets des Territoires d’industrie en matière de transition écologique a été diffusée.

Le dossier du mois de mars du mensuel Intercommunalités était consacré à un premier bilan du programme un an après son lancement

En avril et mai, deux webinaires ont été proposés aux Territoires d’industrie.

Un nouveau contexte qui place les Territoires d’industrie au cœur des stratégies de relance et de relocalisation

La crise sanitaire et le spectre d'une crise durable de l'emploi ont mis en évidence la nécessité d'une base industrielle forte et résiliente au niveau national. Si ce constat est partagé par une large majorité d'acteurs - politiques, économiques, académiques - la question du comment reste encore à préciser sur le long terme.

Des plans de soutien aux filières fragilisées comme l'automobile ou l'aéronautique ont été rapidement mis en place pour soutenir les industries à fort effet d'entraînement. Toutefois la question de la stratégie industrielle post-crise du Covid demeure (Industrie et territoires : Quels leviers pour agir). En ce sens, la commission des affaires économiques du Sénat a récemment publié un rapport, co-rédigé par Valérie Létard, parlementaire associée de l’AdCF, et Alain Chatillon, esquissant une stratégie nationale de réindustrialisation (Plan de relance de la commission des affaires économiques Tome V : Industrie). Plusieurs pistes préconisées sont d'ores et déjà investies par les Territoires d'industrie.

La nouvelle note de l’AdCF consacrée au recrutement, aux qualifications et à l’attractivité des bassins industriels

Les projets d’amélioration des conditions de recrutement et d’attractivité des Territoires d’industrie comptent parmi les plus nombreux au sein des fiches actions Territoires d’industrie : ils représentent plus du tiers des 1500 projets recensés par la Délégation Territoires d’industrie. Avant crise, les industriels ont connu des difficultés croissantes pour recruter, tant sur des postes très qualifiés (ingénieur, cadre) que sur des postes nécessitant des études plus courtes (CAP, BEP, BTS, licence pro). Ces derniers : technicien de maintenance, ouvrier usineur... sont tout particulièrement recherchés, et font l’objet d’une importante pénurie due au manque de reconnaissance des métiers manuels.

Au niveau local, les collectivités, les services de l’Etat, les branches et les entreprises s’organisent pour dépasser ces obstacles, avec trois leviers. Tout d’abord en améliorant les méthodes de recrutement et de gestion des ressources humaines des entreprises (méthodes de recrutement par simulation, spécification des offres, postes mutualisés, formations courtes, passerelles avec les acteurs de l’insertion et de l'emploi).

Ensuite en stimulant l’attractivité des territoires industriels, au travers d’une politique de communication mutualisée, d’une offre de services et d’accueil sur le territoire (logement, loisirs, garde d’enfants), de solutions de mobilités nouvelles...

Enfin, en planifiant une gestion de compétences territorialisée sur le long terme, par l’évaluation des besoins actuels et futurs des industriels au regard des changements économiques et technologiques, par la mise en place de formations qualifiantes, et enfin par l’amélioration de l’image des métiers industriels au travers d’actions de sensibilisation auprès des jeunes.

L’efficacité de ces actions repose sur leur cohérence et dans le chaînage des différentes interventions : une formation dans un milieu peu attractif n’aura pas de candidat, une offre d’emploi peu diffusée aura un nombre réduit de postulants…

Si la crise du COVID-19 rebat les cartes en matière de recrutement, le constat d’un besoin de sécurisation des compétences nécessaires au développement industriel demeure. Les pertes d’emplois et d’apprentis d'aujourd'hui seront les pénuries de demain.

Il s’agit donc pour les Territoires d’industrie de préserver le capital humain présent localement, au travers de projets d’investissement, de renouvellement et de diversification de l’appareil productif, par la diffusion de l’industrie 4.0, par le soutien aux filières émergentes localement (bois, hydrogène, éolien…). Si certaines filières comme l’automobile et l’aéronautique sont tout particulièrement impactées par la crise, d’autres filières sont fortement stimulées par la situation atypique que nous traversons (agroalimentaire, mobilités douces, paramédical). En réponse, les Territoires d’industrie réorientent leur action pour former des passerelles professionnelles entre ces filières, et consolider les compétences existantes pour sortir par le haut du marasme économique actuel.

Pour plus d'informations, voir la note dédiée

Foncier et friches industrielles

La doctrine du « zéro artificialisation nette », qui traduit une volonté de réduire la consommation foncière, complique l'extension des activités industrielles et incite à la réhabilitation des friches, en dépit d'une multitude de contraintes techniques, réglementaires et financières.

Simultanément, le foncier économique connaît une mutation sans précédent ; recompactage d'activités, mixité des usages, numérisation (THD, fibre optique, industrie 4.0) et verdissement (énergies renouvelables, écologie industrielle, mobilités durables) des sites… Ces multiples enjeux conduisent à une approche intégrée et territorialisée des stratégies foncières, qui ne se résument plus au simple aménagements de parcs d'activités en bordure de ville.

Territoires d'industrie constitue un cadre qui encourage la coordination entre acteurs, tant sur le plan opérationnel que sur le plan stratégique.

Sur le plan opérationnel, il s'agit de constituer un réseau de compétences foncières associé à la réhabilitation des friches industrielles : DREAL, ADEME, Caisse des Dépôts, EPF, Intercommunalités, SEM…

Sur le plan stratégique, il s'agit de créer une capacité à anticiper les besoins futurs : implantations, restructuration, modernisation… les friches industrielles mettent des années à se réhabiliter du fait des multiples démarches à mener successivement (démolition, dépollution, études archéologiques et biodiversité, aménagements…). Cette capacité d'anticipation est également économique : l'équation financière est complexe, d'une part du fait des prix de sortie trop faibles au regard des coûts de réhabilitation, d'autre part en raison des différences de temporalité entre dépenses de réhabilitation et recettes de vente.

La structuration d'une intelligence foncière sur le long terme au niveau du territoire et non de la parcelle reste le levier le plus efficace, car permettant de réaliser une politique d'acquisition du foncier (baux emphytéotique) et de péréquation des opérations.

Au niveau national et régional, d'autres solutions apparaissent : de plus en plus d'EPF d'État et locaux se mobilisent (Occitanie, Auvergne-Rhône Alpes) pour cofinancer des opérations d'une part, et les visibiliser d'autre part. A titre d'exemple, au travers de l'appel à projet Sites d'activités clefs en main, qui connaît une seconde édition dans le cadre des perspectives de relocalisations à l’agenda gouvernemental.

Pour plus d'informations, voir la note dédiée

Écologie industrielle territoriale

L'Ecologie Industrielle Territoriale est un autre enjeu capital du programme Territoires d'industrie. La préservation de l'environnement devient une préoccupation politique première, appréhendée concrètement au niveau local, selon les spécificités écologiques des territoires. L'industrie est exposée à ces préoccupations croissantes, comme l'attestent les pollutions de l'étang de Berre proche du site de Fos sur Mer, ou encore la saturation en CO2 et en azote du ciel Dunkerquois. Les enjeux de décarbonation de l’industrie, de réduction des rejets et des externalités diverses, de prévention des risques technologiques… sont majeurs pour assurer l’acceptabilité sociale de l’industrie mais aussi préserver l’attractivité des métiers. Pour autant, la transition écologique n’est pas qu’une contrainte pour l’industrie. Celle-ci en est au contraire un acteur essentiel. Elle contribue à inventer les produits et solutions de demain : éco-matériaux, nouvelles énergies, véhicules propres, filières de réemploi…

Les sites les plus concernés par les externalités négatives et les risques industriels développent des solutions d'écologie industrielle territoriale qui limitent l'impact de ces activités sur l'environnement ; réutilisation des flux de matière, économies d'énergies et production d'énergies vertes, optimisation des résidus…  Les collectivités jouent un triple rôle ; d'observatrices des flux grâce à leurs connaissances du terrain et de ses acteurs, d'interfaces entre parties prenantes grâce à leur réseau, et d'initiatrice des démarches grâce à leurs investissements.

L’écologie industrielle territoriale n’a pas qu’une fonction environnementale, elle revêt également d’un intérêt économique associé aux économies d’énergie et de matière réalisées, et à la plus-value en matière d’image apportée par des productions au bilan carbone réduit. Ces dispositifs sont de nouveaux types d’actifs spécifiques qui renforcent les avantages comparatifs de la production industrielle hexagonale, sous réserve de sécurisation de ces initiatives sur le long terme.

Dans cette optique, les collectivités s’investissent dans l’écologie industrielle territoriale et les projets concrets. Il s’agit, par exemple, d’accorder des industriels sur un prix de récupération, ou d’investir dans un équipement pour pallier la disparition d’un acteur local (pipeline plus long, panneaux photovoltaïques pour remplacer un producteur d’énergie…). Dans le cadre du plan de relance industrielle, ces initiatives gagneront à se systématiser dans chaque territoire, au travers d’une extension des coordinations multi-niveaux (intercommunalités-Région) d’observation et de mise en synergies des acteurs, par exemple dans le cadre des plans régionaux de prévention et gestion des déchets (PRPGD), qui pourraient être couplés aux Schémas régionaux de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3RER) adossés au SRADDET.

Aux dispositifs d'EIT s'ajoutent les filières vertes telle que l'hydrogène, les mobilités durables, qui sont autant de leviers d’emplois futurs à renforcer au niveau local, et structurer au niveau national.

Les Territoires d’industrie promeuvent directement ces nouvelles filières en structurant des réseaux d’acteurs permettant de concentrer des financements et une expertise, par exemple pour installer des panneaux photovoltaïques organiques sur un site industriel ou des bâtiments publics (Territoires d’industrie Lacq-Pau-Tarbes). La commande publique des collectivités est également un élément essentiel pour nourrir et muscler ces filières émergentes. Nombre d’entre elles soutiennent ainsi les filières vertes sur leur territoire en acquérant des équipements produits par celles-ci : bus à hydrogène, borne de recharge électrique, flottes au gaz naturel.... Ces initiatives éparses gagneront à se structurer au niveau national, via le Conseil National des Achats par exemple, ou au travers d’appels à projets tels que celui de l’Ademe sur les mobilités hydrogènes (Appel H2mobilité 2019-57).

Pour plus d'informations, voir la note dédiée.

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