Thématiques

Développement économique

Territoires d'industrie : Jacqueline Gourault et Agnès Pannier-Runacher installent le comité de pilotage

La ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, et la secrétaire d’Etat chargée de l’industrie Agnès Pannier-Runacher, ont installé officiellement le 7 janvier le premier comité de pilotage du plan Territoires d’industrie. Le délégué aux Territoires d’industrie, Olivier Lluansi, a présenté à cette occasion la méthode de déploiement du plan national et le calendrier retenu pour la contractualisation avec les territoires concernés.

Dans les locaux du ministère de la cohésion des territoires, le comité de pilotage installé par les deux ministres a réuni les représentants des ministères concernés (MCT, CGET, Direction générale des entreprises…), des intercommunalités (Virginie Carolo et Laurent Trorglic, vice-présidents de l’AdCF) et des régions (Harold Huwart, vice-président de la région Centre Val de Loire), du monde industriel (France industrie) ainsi que des différents opérateurs nationaux impliqués dans la démarche : Banque des Territoires, BPI France, Business France, secrétariat général à l’investissement, Pôle emploi, France stratégie…

Jacqueline Gourault et Agnès Pannier-Runacher ont rappelé les objectifs poursuivis par Territoires d’industrie, les enjeux et opportunités de cette mobilisation collective et la méthode retenue par le gouvernement. Annoncé par le Premier ministre en septembre, ce plan de mobilisation s’est traduit par une mission de préfiguration qui a travaillé dans des délais contraints pour identifier des pistes d’action et des territoires à forte composante d’emplois industriels. Les 124 territoires identifiés (qui regroupent plus de 450 intercommunalités) ne dessinent pas une géographie figée ni un nouveau zonage ont rappelé les deux ministres mais un premier ensemble d’une centaine de bassins auxquels seront proposés une démarche d’accompagnement sur-mesure, afin de mieux mobiliser des moyens d’ingénierie et d’investissement et de faciliter des expérimentations. Les ministres ont confirmé la volonté de confier aux régions la mise en oeuvre du plan national sur le terrain, en lien avec les élus et industriels des bassins concernés. Formant le comité de projet local, des binômes élu intercommunal-industriel devront être identifiés dans chaque bassin, voire par intercommunalité (comme l’a déjà souhaité la région Normandie) pour ancrer la démarche au plus près des besoins et élaborer des stratégies de dynamisation locale en partant de l’existant.

Une démarche "ascendante"

Les ministres ont mis l’accent sur le pragmatisme avec lequel le plan est conçu, en partant des outils existants pour en territorialiser davantage les retombées, en accélérer la mise en œuvre et en assurer l’efficacité maximale. Les engagements financiers affichés par l’Etat au niveau national, en s’appuyant sur ses opérateurs et partenaires, atteignent 1,3 milliard, mais seront mobilisés sur projets et non sous forme d’enveloppes affectées a priori.

Les ministres ont rappelé que « Territoires d’industrie » se veut une démarche ascendante, « bottom up », qui doit faire émerger des propositions et des initiatives du terrain dans une logique de fabrique de projets.

Les représentants de Régions de France et de l’AdCF, associations impliquées dans la préfiguration, sont intervenus à leur tour pour se féliciter de l’esprit de co-construction dans lequel s’est préparé le plan Territoires d’industrie et son mode opératoire assez inédit, rompant aussi bien avec les logiques d’appels à projets que les logiques de guichet. Les deux associations ont fait état des coopérations déjà largement engagées entre régions et intercommunalités en matière de développement économique dans le cadre des SRDE-II.

 

L’AdCF a mentionné son appel à un « nouveau pacte productif » lancé le 30 mai 2018, et les enseignements des différentes rencontres sur le thème industrie et territoires qu’elle organise depuis le printemps dans les régions. Virginie Carolo a évoqué l’importance de bien ancrer le pilotage local de la démarche sur le binôme élu-industriel et s’assurer des soutiens dont il disposera auprès des parties prenantes locales. Elle a plaidé pour une mise en œuvre souple, agile, pensée pour répondre dans les meilleurs délais aux problèmes concrets des industriels. La valeur ajoutée de la démarche se mesurera à l’accélération des procédures et des réponses des acteurs publics, mais aussi à une meilleure information des acteurs locaux sur les dispositifs existants.

 

Le nouveau délégué aux Territoires d’industrie, Olivier Lluansi, récemment nommé par le gouvernement à la suite de sa participation aux travaux de préfiguration, a ensuite présenté la méthode proposée par la mission. Il a souhaité que les travaux démarrent sans tarder par une mobilisation des territoires pressentis, la vérification de leur intérêt pour la démarche et leur souhait de s’inscrire dans le plan. Des évolutions de la liste des 124 territoires d’industrie ne sont pas à exclure, s’il s’avère que le premier repérage des territoires à fort potentiel industriel s’avère incomplet. La priorité est à ses yeux de faire émerger des stratégies et projets pour conforter nos dynamiques industrielles, répondre aux difficultés de recrutement, accélérer des dynamiques d’innovation, lever d’éventuels facteurs de blocages (réglementations, infrastructures, enjeux de mobilité…). 

En termes de calendrier, il est prévu de diffuser au cours du mois de janvier un document méthodologique aux territoires d’industrie et de préfigurer, avec un premier panel d’entre eux, un nouveau prototype de contrat sur une dizaine d’actions structurantes (en moyenne). L’ambition affichée est de viser à incuber un millier de projets concrets au cours du premier semestre sur les différentes thématiques recensées par la mission de préfiguration : aménagements économiques (foncier, immobilier), infrastructures (très haut débit, logistique…), mobilités, attractivité du territoire, innovations, formation/recrutement, actions collectives, export…

L’objectif d’Olivier Lluansi est de parvenir à une contractualisation effective avec l’ensemble des territoires intéressés d’ici à l’été 2019. Il souhaite préfigurer les premiers contrats « pilotes » en mars, en vue de la prochaine réunion du Conseil national de l’industrie. 

Le dispositif d’animation et de lancement au niveau national devra être relayé au niveau régional.

Les différents représentants des opérateurs nationaux associés au comité de pilotage (Banque des territoires, BPI France, Business France, Pôle emploi…) ont ensuite décrit les appuis qu’ils entendent apporter à la démarche, tant en ingénierie qu’en investissement. 

L’AdCF a fait état du travail de mobilisation qu’elle a engagé au cours des dernières semaines et du courrier envoyé aux intercommunalités des territoires d’industrie en décembre par le président Jean-Luc Rigaut. L’association s’est engagée à réunir les communautés intéressées dans le courant du mois de février. Des échanges bilatéraux ont eu lieu avec Olivier Lluansi et le CGET pour organiser cette première rencontre nationale vers la mi-février . Ces échanges au niveau national ont vocation à être relayés et amplifiés dans un cadre régional, en lien avec les régions. Les délégations régionales de l’AdCF pourront y prendre part. 

 

Contacts AdCF : o.crepin@adcf.asso.fr; n.portier@adcf.asso.fr

 

Accéder à "Développement industriel des territoires : les ressources et initiatives de l’AdCF"

 

Partager
En savoir plus
Documents à télécharger Documents à
télécharger