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Développement économique

Ratio emplois/actifs : Mesurer les désajustements à l'échelle des intercommunalités

L’AdCF et le cabinet OPC publient une nouvelle note sur les économies locales qui s’inscrit dans une collection de dix notes thématiques proposée par son observatoire, avec le soutien de la Banque des Territoires. Sixième opus de la série, cette nouvelle livraison porte sur la comparaison des volumes d’emplois et d’actifs à l’échelle des communautés afin d’évaluer l’ampleur des désajustements territoriaux. Cette analyse est déclinée pour certaines catégories socio-professionnelles et offre des indications sur l’intensité des interdépendances territoriales.

Comme en attestent les taux de chômage persistants en France, le nombre d’emplois s’avère en France structurellement inférieur au nombre d’actifs, dans des proportions qui varient néanmoins selon les territoires. A l’échelle des intercommunalités, le ratio nombre d’emplois/nombre d’actifs calculé en 2015 (dernières données disponibles) était en moyenne de 86% avec des scores encore plus faibles dans les intercommunalités les moins peuplées. Le ratio est inférieur à 70% pour les strates d’intercommunalités de moins de 50 000 habitants et descend même à 67% pour celles de moins de 20 000 habitants.

Ces communautés de profil rural ont une vocation majoritairement résidentielle, une partie significative de leurs actifs « navettant » quotidiennement vers les pôles d’emploi proches. Un ratio faible n’est donc pas nécessairement synonyme d’un taux de chômage élevé, les résidents n’étant pas captifs de leur territoire de résidence pour le travail. A l’inverse, un grand pôle urbain très pourvoyeur d’emplois pour l’ensemble des territoires environnants peut également subir en son sein un taux de chômage élevé.

La seule strate d’intercommunalités disposant d’un ratio emplois/actifs supérieur à 100% est celle de plus de 500 000 habitants, à savoir les principales métropoles françaises, avec un ratio de 104% en moyenne. Seule la catégorie des ouvriers s’y avère déficitaire en emplois au regard des actifs qui y vivent. A l’opposé, les emplois de cadres et professions intellectuelles supérieures y sont très supérieurs (113%), de même que les professions intermédiaires (112%). Ces catégories d’emplois sont très déficitaires dans les petites intercommunalités au regard des actifs qui y résident.

Des désajustements compensés par … les migrations pendulaires

Malgré le très net élargissement des périmètres des intercommunalités (les analyses sont en effet proposées en utilisant les périmètres intercommunaux actuels), les mouvements pendulaires restent de fait très importants entre intercommunalités.

Depuis la crise de 2008, les dynamiques de création d’emplois se sont concentrées dans les grands centres urbains ou dans leurs périphéries, alors que les dynamiques résidentielles ont continué en sens contraire leur mouvement de diffusion au profit des tissus périurbains et ruraux (sous influence urbaine).

Ces territoires périphériques ou interstitiels « captent » de fait des revenus salariaux qui profitent à leur économie résidentielle mais cela ne suffit pas à compenser les déficits d’emplois.

On remarquera au demeurant que, dans la strate des intercommunalités de moins de 20 000 habitants, la catégorie « Artisans, commerçants, chefs d’entreprises » résiste mieux que les autres avec un ratio emplois/actifs de 88%, soit un score supérieur à la moyenne nationale toutes catégories. Dans ces territoires ruraux, seule la catégorie des agriculteurs exploitants présente un nombre d’emplois supérieur au nombre d’actifs.

Les emplois de cadres et professions intellectuelles supérieures, mais aussi des professions intermédiaires, apparaissent légèrement excédentaires dans les intercommunalités de 200 000 à 500 000 habitants, mais deviennent déficitaires dans les strates démographiques moins peuplées. Le ratio est de 95% au niveau national en moyenne. Pour les catégories « employés » et « ouvriers » les déficits d’emplois sont quasiment systématiques partout, dans des proportions variables.

Derrière ces moyennes nationales ou par strates démographiques d’intercommunalités, d’importantes disparités sont constatées lorsque l’on procède par analyses cartographiques. Au total, seule une cinquantaine d’intercommunalités disposaient en 2015 d’un volume d’emplois global supérieur à leur volume d’actifs. Si l’on intègre celles qui s’approchent d’un ratio de 100%, l’étude recense 208 intercommunalités proches de l’équilibre. On retrouve dans ce groupe des intercommunalités urbaines (métropoles, communautés urbaines ou d’agglomération) mais aussi des communautés de communes au profil particulier : soit des territoires touristiques (avec l’effet spécifique des emplois saisonniers) soit des pôles d’emplois situés dans des bassins assez enclavés.

Accédez à la note n°6 « Nombre d’emplois, nombre d’actifs dans les intercommunalités : une mesure des disparités territoriales »

(La note n°7 à paraître prochainement portera sur les corrélations entre qualifications et développement local)

Retrouvez les autres notes de la collection :

Note n°5 sur le renouvellement des tissus économiques locaux (avril 2020)

Note n°4 sur les dynamiques de création d’emploi et les profils des intercommunalités (septembre 2019)

Note n°3 sur les poids respectifs des emplois « exposés » et des emplois « abrités » dans les territoires (juin 2019)

Note n°2 sur le degré de concentration de l’emploi dans les établissements (avril 2019)

Note n°1 sur la dynamique des tissus d’entreprises et d’établissements dans les intercommunalités (mars 2019)

 

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