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Mobilités domicile-travail : Le gouvernement lance un chantier de concertation

Organisée le 29 janvier par les ministères du Travail, de la cohésion des territoires, des transports, une rencontre entre les représentants des associations de collectivités (Régions de France, AdCF, GART, France urbaine, APVF, Villes de France) et des partenaires sociaux a installé trois groupes de travail sur la question des mobilités domicile-travail.

Les directeurs de cabinet des ministres Muriel Penicaud, Jacqueline Gourault et Elisabeth Borne ont reçu le 29 janvier les partenaires sociaux et associations de collectivités pour engager une réflexion approfondie pour améliorer les modes de déplacement en matière de mobilité domicile-travail. Au cœur de la récente crise sociale, cette question est devenue de plus en plus sensible avec l’extension kilométrique des déplacements pendulaires, l’éclatement des anciennes logiques « radio-concentriques » qui permettaient de massifier les flux sur des grands axes, et la relocalisation des activités économiques sur des zones d’activité périphériques mal desservies par les transports en commun.

Les mobilités quotidiennes des actifs : une dépense contrainte lourde

En présence des représentants des associations de collectivités, des organisations patronales et des syndicats de salariés, les ministères ont souligné l’enjeu de trouver des réponses pour « solvabiliser » les actifs face à leurs contraintes de mobilité quotidienne et apporter de nouvelles solutions de déplacements. Étaient particulièrement au cœur des discussions, les espaces péri-urbains et ruraux marqués par les déplacements domicile-travail les plus longs (générateurs de fortes dépenses pour les ménages), l’absence de solution de transports collectifs, et l’obligation de « zapping » territorial (courses, loisirs, activités des enfants, travail…).

Les différents organismes représentés ont confirmé l’importance croissante du sujet dans nos territoires, qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages en phase d’augmentation des prix de l’énergie, mais qui interroge également nos stratégies d’urbanisme, d’habitat, de transition énergétique, ainsi que sur la qualité de vie et l’accessibilité des équipements. De nombreux sujets ont été évoqués au cours de ces premiers échanges tels que l’appui financier aux salariés les plus dépendants à la voiture particulière (chèque mobilité), la péréquation à envisager entre espaces agglomérés et ruralités, les possibilités de rapprocher lieux de domicile et de travail (mobilité résidentielle), les causes du faible essor des plans de déplacement d’entreprises, les moyens de déployer des solutions de co-voiturage, de mieux desservir les sites et zones d’activités économiques en transports collectifs (navettes…), de multiplier des options de télétravail (tiers-lieux).

 

Trouver des solutions opérationnelles dans les espaces de faible densité

Le débat s’est engagé sur le financement de la mobilité des salariés par les employeurs et les contributions déjà importantes des entreprises (versement transport pour les plus de 11 salariés, prise en charge partielle des frais de mobilité…). Les représentants du MEDEF (Patrick Martin, vice-président) ont plaidé pour une plus forte péréquation entre espaces denses, où le versement transport dispose d’un bon rendement, et les espaces périurbains. Les collectivités ont rappelé de leur côté les besoins de financement des transports urbains en agglomération dense et la nécessité de trouver d’autres ressources (cf. Taxe carbone) pour financer des solutions collectives dans les espaces de faible densité. Tous les participants ont convenu de la nécessité d’offrir des solutions flexibles, peu coûteuses, dans les espaces périurbains et ruraux, en portant des plateformes performantes pour organiser le co-voiturage, le transport à la demande, l’autopartage… combinés avec des modes actifs (vélo, vélo à assistance électrique).

Tous les participants ont souscrit aux objectifs de la loi d’orientation des mobilités (LOM) d’organiser une concertation obligatoire entre entreprises et autorités organisatrices des transports dans les ressorts territoriaux de ces dernières. C’est en dehors de ces derniers que se pose avec le plus d’acuité les questions d’organisation, le projet de loi souhaitant impliquer les communautés de communes dans l’offre de solutions de mobilités, en lien avec les régions : complémentarité avec offre TER, pôles d'échanges multimodaux (construction de parcours intermodaux).   

Des convergences de vues, largement facilitées et préparées par les travaux antérieurs des Assises de la mobilité de l’automne 2017, se sont dégagées sur le diagnostic entre les parties prenantes. Sans surprise, c’est sur la question des modes de financement et des prises en charge que se sont structurés les débats. Pour éviter de prolonger des débats parfois bloqués et un peu théoriques au niveau national, l’AdCF a souhaité que les acteurs anticipent la LOM et se mettent sans tarder autour de la table, sur le terrain, pour réfléchir à des solutions innovantes et pas nécessairement coûteuses. La structuration des offres de co-voiturage s’avère l’une des pistes les plus sérieuses pour réduire les factures, même si chacun convient de la difficulté à les organiser modes courte distance. Des plans de covoiturage à l’échelle de zones d’activité économiques sont ainsi évoqués pour promouvoir des solutions d’organisation collective entre employeurs d’un même site, notamment avec une animation dédiée (association de parcs d’activité, GIE, groupement d’employeurs…). Cette solution a souvent bien plus de pertinence que la desserte en transports collectif des zones d’activité depuis le centre-ville dans la mesure où nombre de salariés de ces zones habitent encore plus loin dans des espaces de faible densité. L’AdCF a défendu ce type d’approche lors de la récente réunion de lancement du plan national du covoiturage du quotidien.  

Les trois groupes de travail installés lors de la réunion seront consacrés au dialogue social au sein des entreprises, à l’accompagnement des modes de déplacement vertueux, et à l’accompagnement des automobilistes. L’AdCF sera à l’écoute des propositions de ses adhérents pour contribuer activement à ces travaux. Les problèmes de déplacement domicile-travail sont actuellement un frein à l’embauche et aux difficultés d’appariement entre offres d’emploi non pourvues et nombre de chômeurs élevé.

Contact AdCF : o.crepin@adcf.asso.fr

 

Le nombre de navetteurs croît plus fortement dans les territoires les moins denses

De 1999 à 2013, la part des navetteurs dans l’ensemble des personnes ayant un emploi augmente de 6 points, passant de 58 % à 64 %. Cette hausse concerne l’ensemble du territoire français. Sur les 795 aires urbaines françaises, la part des navetteurs ne diminue que dans 13 d’entre elles. Ces dernières sont de petites aires urbaines de moins de 15 000 habitants comme Cogolin dans le Var, Prades et Le Teil en Ardèche ou Bitche en Moselle.

Pour aller plus loin :

De plus en plus de personnes travaillent en dehors de leur commune de résidence, Maud Coudène, David Levy, pôle Analyse territoriale, Insee Première, No 1605, 30/06/2016
 

Mobilités professionnelles en 2014 : déplacements domicile - lieu de travail / Recensement de la population - Base flux de mobilité https://www.insee.fr/fr/statistiques/2862065#consulter

 

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