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Santé et action sociale

Masques : la mobilisation continue en vue du 11 mai

Depuis le début de la crise sanitaire, l’AdCF fait état des initiatives prises dans les territoires par les collectivités, les acteurs économiques et les habitants pour approvisionner les personnels soignants mais aussi les personnels en contact du public et les populations. Après les confusions de début avril, les choses s’organisent peu à peu pour les achats et la distribution de masques à la fois techniques et grand public. En mobilisant les capacités de production locales, y compris bénévoles, le pays s’étant remis massivement à la couture. Au-delà des masques, d’autres équipements et matériaux sont recherchés ou produits. Un « made in France » se réinvente dans de nombreux territoires. Histoire d’une mobilisation.

Après avoir contribué depuis de nombreuses semaines à fournir du gel hydro-alcoolique et des masques techniques aux personnels soignants, aux EHPAD et autres personnels en contact du public, les intercommunalités et leurs communes ont commencé à préparer, depuis début avril, l’approvisionnement futur des populations de leur territoire. Souvent pris en charge sur leurs seuls budgets ou sous forme d’un groupement de commande, parfois avec le département ou la région, communautés et métropoles ont procédé à des achats massifs de masques, parfois complétés par des masques techniques pour les agents et personnels soignants.

Selon un mini-sondage réalisé lors d’un webinaire réalisé par l’AdCF le 27 avril avec 300 représentants d’intercommunalités, 90% des communautés et métropoles ont procédé à des achats de masques. Dans 45% des cas, ces achats ont été réalisés avec les communes (seul bloc local), dans 46% les achats ont été mutualisés également avec le département et/ou la région. 10% des intercommunalités ne se sont pas impliquées, les commandes étant assurées par d’autres institutions.

 

Utilité et disponibilité des masques : les retards des réponses

L’approvisionnement en masques et en équipements ou produits de protection a fait, ces dernières semaines, partie des sources principales de confusion dans l’esprit des Français. Usages prioritaires, doctrines d’utilisation, concurrences entre acteurs publics, inflation des prix, capacités de réapprovisionnement… à quelques jours du déconfinement, beaucoup d’incompréhensions demeurent.

La première question récurrente est celle du recensement des besoins et des capacités d’approvisionnement dans la durée. Les masques grand public, on le sait, doivent être commandés en très grande quantité, compte tenu du nombre d’usagers et d’habitants à doter. Mais les unités par personne sont en revanche plus réduites compte tenu des modèles lavables (à plus de 60°) et ré-employables. Pour certains usages, un masque auto-réalisé peut suffire, mais il n’offre pas toujours un bon niveau protection. De fait, les masques grand public « renforcés », répondant à des cahiers des charges techniques et une homologation AFNOR, ont commencé à être commandés en grand volume. De nombreux producteurs français se sont faits référencer depuis les premiers articles d’AdCF Direct de mars consacrés à cette mobilisation des industriels. Ces masques homologués sont plus protecteurs, plus sécurisants et peuvent participer de la réassurance des populations et des agents. Ils sont plus maniables également que des masques techniques.

Les masques chirurgicaux comme les masques de type FFP2 ou FFP3 ont vocation pour leur part à être très régulièrement changés. Il en faut en très grand nombre pour le personnel soignant, mais aussi pour certains métiers, comme l’assainissement par exemple, en ce qui concerne les collectivités. Les filières doivent être prioritaires pour sécuriser la disponibilité.  Entre masques grand public et masques très techniques, il reste les masques chirurgicaux avec plusieurs catégories de protection en fonction de leur niveau de filtration. Ces masques doivent être privilégiés pour de nombreux métiers exposant à des contacts fréquents avec le public, sans être pour autant dans le même contexte qu’une salle de réanimation.

 

Un approvisionnement encore incomplet des territoires

Interrogées par l’AdCF, les intercommunalités qui ont participé au webinaire du 27 avril ont expliqué qu’elles n’auront pas toutes en nombre suffisant, d’ici le 11 mai, les deux types de masques, à la fois grand public et chirurgicaux, pour leur territoire. Des besoins d’approvisionnement restent à organiser.

Qui dit attente d’une livraison de masques ne dit pas, par ailleurs, que le problème est réglé.

Se posent en effet plusieurs autres questions. La première tient à la date d’arrivée. Il a parfois fallu prévoir plusieurs fournisseurs différents. Ou planifier plusieurs livraisons successives avec un même fournisseur qui ne peut produire en une seule fois. Dans certains cas, l’acheminement peut s’avérer aléatoire, sans une sécurité absolue des dates prévues. La plupart des intercommunalités font tout pour être livrées à temps et organiser la logistique de répartition aux communes (qui en général ont la charge du « dernier kilomètre » et de la distribution aux habitants), mais des inconnues peuvent demeurer.

Autre question : les prix payés. Une certaine amplitude de prix est constatée, liée à des différences de qualité et de fabricants, mais aussi à des phénomènes de surenchère de certains distributeurs. Plusieurs épisodes médiatisés au début du mois d’avril ont laissé des images très négatives.

Après la constitution progressive d’un catalogue de fournisseurs et de la montée en puissance d’une production nationale par conversion des lignes de production et remobilisation de salariés volontaires dans les entreprises… les solutions d’approvisionnement se sont peu à peu mises en place et ont détendu la crise d’offre, très inflationniste fin mars sur les prix des produits importés. De nombreux industriels fabriquent aujourd’hui à prix coûtant, voire bénévolement si on leur apporte la matière première. Les recherches d’élastique ont trouvé peu à peu des solutions. Sur les masques grand public, une mobilisation générale s’est opérée partout en France pour en faire produire par des couturiers et couturières bénévoles, mais aussi des habitants.

 

Assurer le dernier kilomètre

Au-delà de la production, parmi les autres enjeux sont recensés ceux du stockage et de sa sécurisation (éviter les vols des premiers jours du confinement dans des hôpitaux) mais aussi des jours et des modes de distribution au grand public. Les annonces nationales télescopent parfois sur ce point les stratégies locales de distribution. Les catégories de masques sont parfois confondues. La grande distribution veut également entrer dans le circuit (avec un souci d’attractivité commerciale).

Il est important de réguler localement les risques de précipitation vers tel ou tel fournisseur supposé, et proposer des modes de distribution ordonnés, assurant un équipement équitable des habitants du territoire. Il est en effet important de veiller à éviter des phénomènes de suraccumulation de masques par quelques individus, en vue d’organiser la pénurie et faire monter les prix. La logistique de distribution et la garantie apportée à tous les habitants qu’ils disposeront d’un masque en vue du déconfinement est à cet égard très important. A défaut, certains élus redoutent de voir s’organiser la tournée générale des pharmacies ou des magasins, ce qu’il faut éviter en invitant à des lieux de récupération au plus près du domicile (voire à domicile). 

Dès les prochains jours, il importera d’éviter la panique que peuvent produire certains messages.   

 

PANORAMA DES INITIATIVES

En tout état de cause, les communautés et métropoles font leur maximum pour garantir les habitants de leur territoire, comme l’indique le large tour d’horizon qui suit. Celui-ci donne une idée des volumes de masques commandés, des fourchettes de prix, des modes de répartition envisagés, mais il est aussi intéressant pour voir la priorité accordée par nombre d’intercommunalités au « made in local », industriel voire bénévole.

En Auvergne Rhône Alpes, la métropole du Grand Lyon a délivré avec sa réserve métropolitaine des kits de confection (élastiques, tissu prédécoupé, et filtres) à 2300 couturiers et couturières bénévoles, pour la production de 130 000 masques à trois couches homologués AFNOR, lavables et réutilisables.

La communauté d’agglomération Porte de l’Isère, en solidarité envers les habitants de son territoire, a décidé avec les 22 maires de commander, dès le 14 avril, des masques lavables mis à disposition auprès de l’ensemble de la population du territoire. La commande groupée a pour objectif de préparer la reprise d’activité progressive sur le territoire. L’objectif donné est d’être ainsi en capacité de distribuer gratuitement un masque par habitant du territoire. Les masques de protection sont réalisés par les entreprises « Porcher Industries », basée à Éclose-Badinières et par « Sofileta », basée à Bourgoin-Jallieu, toutes les deux situées sur le territoire de la CAPI.

Dès le 7 avril, la communauté de communes Bièvre-Isère, autour de La Côte Saint-André, a lancé une vaste opération de confection de masques en tissu pour doter chaque habitant des cinquante communes. Le président, Yannick Neuder, par ailleurs cardiologue au CHU Grenoble a porté la démarche. Objectif : un masque pour chaque habitant du territoire (60.000 habitants) grâce à l'achat de tissus/fibres/élastiques et à la mobilisation de bénévoles dans chaque commune pour la confection. « Un calcul simple a été effectué : si dans chacune des cinquante communes, dix personnes réalisent dix masques par jour, c’est une production de cinq mille masques quotidiennement. Pour cela, d'importantes quantités de matières premières ont été achetées : plus de 4,5 km de coton, plus de 2,2 km de molleton ou polyester et plus de 33 km d’élastique ! » explique France Bleu.

La communauté de communes Cœur de Chartreuse coordonne une chaîne bénévole de production de « masques barrières » destinés aux particuliers pour éviter la propagation du coronavirus. Après 1 600 masques réalisés en une semaine par les 80 couturières partenaires de l’opération, la communauté table sur la production d’au moins 4 000 à 5 000 masques d’ici la fin de la crise sanitaire. 1 600 « masques barrières » ont été fabriqués en l’espace d’une semaine, selon le bilan affiché par la communauté de communes Cœur de Chartreuse qui coordonne la fabrication des bénévoles. Le profil des personnes impliquées ? Des entreprises locales, des professionnels médicaux et 80 couturières non professionnelles qui travaillent depuis leur domicile.

La communauté de communes des Balcons du Dauphiné a aussi lancé une opération de fabrication de masques homologués et réutilisables avec l’objectif que chaque habitant du territoire puisse avoir son masque de protection. Cette action vise aussi à ne pas encombrer le marché des masques en réservant bien les masques chirurgicaux et FFP2 aux professionnels prioritaires. Il a été proposé aux 47 maires du territoire de lancer une opération de grande ampleur de fabrication de masques pour protéger les 77 000 habitants. L’ensemble des élus ont répondu favorablement. Le président de la communauté de communes des Balcons du Dauphiné, explique son choix à la presse : « Notre positionnement initial s’était orienté vers l’acquisition de matières premières nécessaires à la confection de masques qui auraient été réalisés par des volontaires du territoire. Outre la difficulté de trouver cette matière première, c’est surtout la volonté de garantir une certaine uniformité des masques conçus qui nous a orienté vers l’externalisation et donc le fait de recourir à une société de conception de masques en tissus homologués et réutilisables. Chaque habitant des Balcons du Dauphiné se doit d’être protégé, mais également les agents des services communaux et intercommunaux. C’est donc une commande de 85 000 masques qui sera faite dans les jours qui arrivent. ». Le coût : 280 000 euros.

En Nouvelle Aquitaine, la communauté d’agglomération de Pau a commandé 750 000 masques qui feront l’objet de deux livraisons. La distribution est prévue par les communes. Sur la ville de Pau, 5 drives sont prévus. Une distribution est organisée à domicile pour les plus fragiles. « La question des masques risque d’être une préoccupation brûlante quand se posera la question du déconfinement », avait expliqué François Bayrou le président de Pau Béarn Pyrénées. Pour les masques de la vie quotidienne, il a souhaité se tourner vers « les industriels du textile de la région pour des masques en tissu, réutilisables car lavables et stérilisables, qui pourraient être mis à disposition du grand public, après certification de leur propriété filtrante par les ministères de la Santé et des Armées ». L’agglomération s’est adressée à la manufacture de Layette de Morlaàs et à la manufacture textile méridionale de Jurançon.

Dans le même département, comme d’autres, la communauté de communes Béarn des Gaves a acheté 20 000 masques pour 18 000 habitants.

La communauté du bassin d’Arcachon a ouvert un vaste atelier de couture dans son parc des expositions, pour accueillir une entreprise avec 130 employés afin de produire des masques. L’agglo a passé à cette « usine éphémère » une commande de 100 000 masques ; d’autres ont été passées par des communautés proches, ainsi que la métropole de Bordeaux. Un entrepreneur du Teich a répondu à l’appel à candidature lancé par Bordeaux Métropole pour 800 000 masques en tissu. « Il a pris contact avec l’agence de développement économique de la Cobas (Communauté d’agglomération du bassin d’Arcachon sud), et comme nous aussi nous avions pris la décision d’acquérir 100.000 masques, on s’est dit qu’il valait mieux passer par lui également » raconte à 20 Minutes Marie-Hélène des Esgaulx, maire de Gujan-Mestras et présidente de la Cobas, qui regroupe quatre communes du sud bassin.

La communauté de communes Cœur-de-Charente coordonne la collecte de masques et autres équipements de protection individuelle de faible quantité (inférieur à 1 000 pour les masques chirurgicaux et à 500 pour les masques FFP2) en lien avec un réseau de six points de collecte. Ils doivent être redistribués aux professionnels de santé du territoire ainsi qu’aux services de soins à la personne, aux Ehpad…. A l’échelle de la communauté de communes, six points de collecte ont été identifiés.

Dès le 9 avril, les collectivités rochelaises (Ville de La Rochelle, communauté d’agglomération de La Rochelle et CCAS) ont passé commande de masques, d’abord pour protéger leurs agents, puis la population. L’agglomération du bassin de Brive a prévu l’achat de 100 000 masques.

En Occitanie, le Grand Figeac a fait savoir courant avril que 160 couturières avaient rejoint son appel et qu’au moins 225 étaient nécessaires. Une invitation à s’inscrire sur www.grand-figeac.fr/mon-voisin-solidaire a été lancé pour intégrer les bonnes volontés dans le groupe, les bénévoles recevant des lots prêts à assembler. Un appel est lancé aux bricoleurs pour réparer les machines à coudre. Le financement fait appel au crowdfunding (sur la plateforme nationale de financement participatif KissKissBankBank). Pour un euro dépensé, la communauté en ajoute un, afin de produire les masques en tissu. La collecte, dont l'objectif minimum était fixé à 5 000 €, est exclusivement dédiée à l'achat de tissus, la découpe et les matériaux nécessaires à la confection des masques. Selon la communauté, elle a déjà dépassé son objectif à plus de 120 % et se poursuit (lien ici).

La Communauté de communes du pont du Gard, et les communes participantes, ont mutualisé le 13 avril la commande de 35 000 masques tissus « antiprojections ». 22 000 à la Société gardoise Eminence et 8 000 à la société Waneup (Estellon), de Domazan, qui a transformé son outil de production pour la fabrique de masque. Elles sont également en contact avec l’entreprise Athecre de Théziers pour une commande de 5 000 masques.En Ariège, la communauté du Pays d’Olmes a commande 6 000 masques à la société locale Tissages Cathares.

La communauté Sète Agglopôle Méditerranée a passé une commande de 325 000 masques réutilisables, dans le cadre d'une commande groupée départementale de 2,5 millions d’unités mise en place par le département. Le financement de l'opération est supporté à hauteur de 50 % par le département de l’Hérault. L'Agglopôle s'acquitte de 25 % du total. Les 25 % restants à la charge de chaque commune du territoire au prorata de ses besoins, ainsi que des modalités de distribution à sa population

 

La Métropole de Toulouse a aussi réservé 900 000 masques, la distribution étant assurée via les mairies. Nîmes métropole a annoncé une commande de 270 000 unités auprès de l’entreprise Eminence.

Dès le 14 avril, la communauté de communes De Cèze Cévennes a proposé aux 23 communes du territoire de prendre en charge la prospection pour l'achat de masques grand public pour l'ensemble des communes. Les services de la communauté de communes ont lancé des consultations qui ont généré un grand nombre de réponses de la part de fournisseurs. 3 critères ont été retenus par la communauté de communes pour la sélection des offres : 1) le prix, 2) le délai de livraison, 3) la domiciliation commerciale du fournisseur et le lieu de fabrication. La société de Domazan dans le Gard a été retenue pour la fourniture de 43 000 masques au prix de 2 euros H.T, emballés à l'unité et lavables. La communauté de communes sera livrée à compter du 7 mai. Les communes récupéreront les masques à la communauté de communes à tour de rôle pour la distribution.

En Provence Alpes Côte d’Azur (région Sud), la communauté d’agglomération du Ventoux (CoVe), en lien avec ses 25 communes, s'est mobilisée dès le 6 avril pour coordonner et organiser la commande de masques pour doter l'ensemble des habitants en vue de la sortie du confinement. 140 000 masques ont été commandés (soit 2 par habitant) et pris en charge financièrement pour moitié par la CoVe et pour l'autre moitié par chacune des communes au prorata du nombre d'habitants.

La métropole de Nice a pour sa part commandé 800.000 masques à trois entreprises (Lainière Santé, Valrupt et Résilience) qui ont été livrés au fur et à mesure à partir du 17 avril pour être distribués « à l’ensemble des habitants de la métropole Nice Côte d’Azur », a précisé Christian Estrosi. Ces masques sont de normes UNS1 et UNS2 de la Direction générale de l’armement, et devaient être changés souvent. Cette solution est complétée par d’autres dispositifs de protection en tissu qu’une « manufacture locale », comme à Cannes, produira dès vendredi. « Déjà 33 couturiers professionnels, dont 17 agents de la Diacosmie [la régie costumes et décors de l’opéra de Nice] se sont portés volontaires. Le but est de pouvoir sortir 10.000 masques de norme Afnor S76-001 par semaine », a-t-il aussi expliqué.

Du côté du Grand Est, la communauté d’agglomération Saint-Dizier, Der et Blaise a coordonné l’achat de 85 000 masques et 1 000 visières pour les habitants de son territoire. Afin de préparer le déconfinement, les élus ont décidé de participer activement à la protection de la population par l’achat massif de masques. Une commande de 45 000 masques lavables et réutilisables ainsi qu’une commande de 40 000 masques chirurgicaux a été passée auprès de plusieurs fournisseurs. 1000 visières seront également fabriquées par le Fablab de l’Espace créateur d’entreprises à Saint-Dizier. Destinés à compléter les gestes-barrière, ces masques et visières offrent une protection supplémentaire pour l’entourage du porteur et amoindrissent le risque de contamination. Leur livraison est prévue vers la mi-mai. Les masques seront livrés aux maires qui se chargeront de les distribuer à leurs habitants. La communauté d’agglomération a déjà commandé, courant mars, des masques pour les agents intercommunaux et communaux par l’intermédiaire de l’association des Maires de Haute-Marne. 15 000 masques seront disponibles dès ce vendredi.

Avec la ville de Romilly, la communauté de communes du Nogentais a acheté 40 000 masques auprès de l’entreprise locale, le Coq sportif.

Dans les Ardennes, Ardenne Métropole s’est regroupée avec les sept autres intercommunalités et le conseil départemental pour fournir 288 000 masques en tissu, lavables et réutilisables, destinés à l’ensemble des ardennais. La distribution des masques sera assurée début mai. Les 10 000 premiers masques distribués ont été confectionnés par 200 couturières du territoire.

Le maire et président de la communauté d’agglomération d’Epinal a annoncé le 17 avril la commande de 120 000 masques certifiés Afnor qui seront mis à disposition des habitants.

La communauté de communes du territoire de Lunéville et Baccarat va aussi distribuer à partir du début du mois de mai deux masques lavables à chacun de ses 43 000 habitants. Une première commande groupée a été passée par l'intermédiaire du conseil départemental auprès d'une entreprise nancéienne. Elle sera financée à part égale entre la communauté de communes et le département. Une autre commande de 43 000 autres masques a été passée auprès d'une entreprise vosgienne qui a reconverti sa chaîne de production. Les masques seront payés directement par la communauté de communes et les communes. La livraison des masques s'effectuera entre le début et la fin du mois de mai. 26 000 masques au minimum seront distribués avant le 11 mai. Les modalités de distribution seront précisées dans les jours à venir.

Dans les Hauts-de-France, la Métropole européenne de Lille entend équiper ses habitants de masques d'ici le 11 mai. Elle souhaite assurer la distribution de masque au grand public à partir du début du mois de mai. Près d'un million de personnes sont concernées. Damien Castelain, son président, a déclaré que la MEL « achète partout où il est possible d'avoir des masques FFP1, FFP2, des masques en tissus professionnels, des masques en tissus réalisés par des associations et couturières bénévoles ». Elle s’appuie sur sa centrale d’achats. Les premières commandes ont été données en priorité au personnel soignant et aux professionnels mobilisés. Par ailleurs, « 62 communes ont passé différentes commandes en lingettes, blouses, gel et masques ». La MEL accueille dans son ancien siège un atelier de couture pour fabriquer des sur-blouses pour le CHU. Le besoin ? 10 000 par jour !

La communauté de communes des Hauts de Flandres a créé une cellule de crise dédiée à la fabrication de masques en tissus afin d’être le relais de toutes les initiatives communales, de pouvoir centraliser la production et la distribution. Elle rappelle que ces masques ne sont pas aussi efficaces que les masques spécialisés mais que cela reste une première barrière.

Dans la communauté urbaine de Dunkerque, la distribution de masques grand public a commencé le 27 avril. La fabrication de ces protections en tissus mobilise de très nombreux bénévoles et des entreprises. La communauté urbaine a engagé une opération de porte-à-porte pour distribuer 200.000 masques (lien ici).

Dans la métropole de Nantes, en Pays de la Loire, ville et métropole ont assuré de très importantes commandes. En plus de ceux commandé par la ville, des masques doivent être fabriqués dans les usines textiles locales et seront disponibles dès le mois de mai pour les familles des communes de l’agglomération. Tous les habitants de Nantes Métropole devraient bénéficier d’un masque réutilisable au moment du déconfinement. Pour faciliter l’acquisition de ces masques en tissu, Johanna Rolland, maire de Nantes et présidente de Nantes Métropole, avait proposé le 10 avril, en conférence des maires, aux 24 communes de se coordonner. Nantes Métropole a passé commande de 330 000 masques, en complément des achats déjà effectués par certaines communes, notamment la Ville de Nantes.

La communauté de communes de Challans a annoncé avoir commandé 160 000 masques chirurgicaux et FFP2 auprès de la société vendéenne Prolaser. Cette décision est venue après concertation avec ses onzes communes membres.  Une décision qui permettra d’équiper les agents des services municipaux qui sont mobilisés sur le terrain pour assurer la continuité d’un service public minimum. Un achat qui représente un coût de 200 000 euros.

Dans la métropole de Rouen, en Normandie, un premier de lot de 100 000 masques doivent être livrés le 7 mai, 300 000 autres le 15 mai et le solde le 22 mai. Pour leur distribution, chaque commune viendra chercher son lot qui sera calculé tout simplement en se fixant sur les chiffres de population de l'Insee. Charge à elles de procéder à leur distribution auprès de leurs habitants puisque ce sont elles qui ont la connaissance du terrain, des besoins de leur population Le maire de Rouen et président de la métropole, Yvon Robert, a expliqué à la presse « Nous avons trouvé une entreprise française, basée en région parisienne, qui a accepté notre commande de 500 000 masques en tissu réutilisables, ce qui correspond globalement à un masque par habitant sur notre territoire qui compte 71 communes.

La Ville de Flers et Flers Agglo ont passé ou sont en train de passer des commandes importantes de gel hydro alcoolique, de masques chirurgicaux et de masques non médicaux. L’idée est de pouvoir, en fonction des besoins et des usages, doter toute la population et les services après le 11 mai.

La communauté de communes de Londinières (Seine Maritime) a commandé le 10 avril, 10 000 masques en tissu lavables. La communauté de communes Aumale Blangy-sur-Bresle a commandé de son côté 23 000 masques, le président de l’intercommunalité ayant contacté 41 des 44 maires par téléphone, afin d’obtenir le feu vert, « accordé à l’unanimité ». Selon la presse, la commande a été passée, « auprès d’une entreprise française du Rhône dont les prototypes de masques ont passé positivement les tests ». Ces masques seront destinés à la population, distribués par l’intermédiaire des mairies (lien ici).

En Bourgogne Franche Comté, la communauté de communes Tannay-Brinon-Corbigny n’a pas attendu une distribution éventuelle de masques et a elle-même commandé 10.000 masques pour la population de ses communes, dont 3.500 à Corbigny. Afin d'avoir la certitude que le 11 mai, date de retour des enfants à l'école et du début du déconfinement, tous les habitants disposeraient d'un masque, la communauté de communes Tannay-Brinon-Corbigny, a commandé 10.000 unités à l'entreprise vauzelienne Despont. Dont 3.500 pour la commune de Corbigny. Les masques, glissés dans une enveloppe, en fonction du nombre de membres par famille, seront distribués de manière nominative dans les boîtes aux lettres.

La communauté urbaine du Creusot-Montceau avait identifié dans ses stocks, fin mars, une réserve de masques qui dépassait les besoins de ses agents pour ces prochains mois. Le président a souhaité qu’une partie de ce stock puisse bénéficier aux hôpitaux, EHPAD, résidences pour personnes âgées et établissements médico-sociaux du territoire communautaire. Un recensement de leurs besoins a donc été réalisé.

En Guadeloupe, la communauté d'agglomération Cap Excellence, a annoncé dès le 28 mars son souhait de mettre à disposition des personnels de santé une partie de son stock de masques FFP2. Elle a en outre décidé de passer commande de 150 000 masque chirurgicaux et 10 000 masques FFP2. Son Président a prévu de « réserver un crédit de 500 000 euros, à prélever sur les budgets des manifestations notamment festives de Cap Excellence pour répondre aux besoins de la population et des professionnels de santé ». 

En Bretagne, la ville de Rennes et la métropole ont acheté à elles deux 500 000 masques qui vont être fournis aux habitants, en vue du 11 mai. 250 000 masques seront distribués gratuitement à tous les Rennais, à partir de 3 ans. 250 000 autres aux habitants des 95 communes qui se sont associées à cette commande groupée, dont 36 du territoire de Rennes métropole. Les habitants sont prévenus par un courrier dans lequel figurent toutes les informations concernant le retrait des masques. Le courrier indique le jour et le lieu pour venir retirer son (ses) masque (s). La répartition s’opère par ordre alphabétique.

En concertation avec les communes, la communauté du pays fouesnantais a commandé 50 000 masques pour les habitants du Pays Fouesnantais auprès de l’entreprise locale Armor Lux. Loudéac Communauté Bretagne Centre (LCBC) a aussi commandé à la société Armor Lux 50000 masques en tissu, lavables dix fois, pour une partie destinée aux enfants. Une première moitié de la commande (25000 masques) devrait être livrée la dernière semaine de mai et la seconde moitié début juin 2020. La société LDC Algae a fait un don de 10 000 masques qui a permis d’équiper les 170 collaborateurs de Loudéac Communauté auprès des personnes fragiles et dépendantes. La communauté de communes a aussi donné une partie des masques chirurgicaux dont elle disposait à l’ADMR et aux sapeurs pompiers.

« Les 16 maires du Pays de Quimperlé se sont concertés ce mardi 21 avril, dans l’après-midi, pour acheter 60 000 masques grand public, financés par chacune des communes », annonce Sébastien Miossec, président de Quimperlé communauté dans un communiqué. Malgré l’absence d’information sur le financement et le rôle de chacun (État, collectivités locales, grande distribution…), mais compte tenu de l’importance d’être capable de fournir dès la mi-mai une protection minimum aux habitants du territoire, les 16 maires ont décidé d’agir rapidement et de manière concertée. Si Quimperlé Communauté pilote la commande groupée, chacune des communes est souveraine dans les volumes commandés et les modalités de distribution.

Dès le 19 mars, la communauté de communes Leff Armor, autour de Lanvollon, avait lancé un appel via son site internet pour la fabrication de masques en tissu à destination des personnels non-soignants. Ils n’avaient pas pour vocation à protéger des personnes infectées mais servir aux agents chargés d’assurer la continuité des services dits « essentiels » : garde d’enfants des soignants, collecte des déchets, aides et soins à domicile, eau et assainissement

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