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Retours d’expérience

Le Grand Annecy (74) : Une agglomération face à la crise du Covid

Personnes âgées, continuité des services publics, soutien à l'économie locale,… Zoom sur les actions menées pendant la crise sanitaire par l’agglomération du Grand Annecy.

Au 21 avril, le département de Haute-Savoie enregistrait plus d’une centaine de décès liés au Covid-19. Limitrophe de l’agglomération d’Annecy, la commune de La Balme de Siling a été tôt identifiée comme un cluster du coronavirus. Cependant la situation a été rapidement circonscrite. Le centre hospitalier d’Annecy n’est pas saturé.

Une compétence « personnes âgées » qui engage l’agglomération

L’agglomération d’Annecy exerce une compétence « gérontologie/personnes âgées » qui l’amène à suivre avec une vigilance particulière les évolutions locales de la pandémie. Elle gère en direct 8 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (660 résidents), 3 résidences autonomie (soit 160 studios et 51 foyers soleil (studios) et assure l’aide, les soins et le portage des repas à domicile pour près de 2 000 personnes. Au final, ce sont près de 700 agents communautaires qui travaillent auprès des personnes âgées. Ces services ont été maintenus dans leur intégralité. La pandémie a bien touché les EHPAD, mais dans des proportions contrôlées : 4 EHPAD sont concernés, dont 3 pour un seul cas. L’équipe mobile d’hygiène de l’hôpital intervient pour isoler les malades et prendre les dispositions nécessaires au sein de l’établissement ou décider de l’hospitalisation.

Maintien de l’activité des services « au plus près de la normale »

Globalement, 95% des agents de l’agglomération sont au travail (sur le terrain ou à distance). Ainsi, outre les services aux personnes âgées, les services de collecte, de tri ou de valorisation des ordures ménagères, les transports publics, le service de l’eau sont en continuité d’activité. Seuls 5% des agents bénéficient d’une autorisation spéciale d’absence (ASA). La moitié d’entre eux est inscrite sur la liste des agents volontaires pour renforcer les autres services.

L’activité des services communautaires est donc aussi proche que possible de la normale. Le partage des compétences avec les communes se traduit par des coordinations ponctuelles, en cas de nécessité, afin d’éviter la confusion ou de dédoublement des interventions. Une commande mutualisée de masques en tissu a été effectuée (250 000 masques homologués selon les normes de la DGA – direction générale de l’armement) pour équiper l’ensemble de la population de l’agglomération en vue du déconfinement. Les fournisseurs pourraient être des entreprises régionales. La recherche de masques de l’agglomération porte aussi sur les masques chirurgicaux et FFP2 pour équiper le personnel des EHPAD et les agents assurant les services au contact des personnes âgées. Cette recherche occupe l’équivalent de deux agents à temps complet depuis le début de la crise.

La déclinaison locale des mesures gouvernementales, via la préfecture, est fluide grâce à une bonne collaboration avec l’autorité régionale de la santé (ARS) et, de manière générale avec l’Etat. L’agglomération applique le principe suivant : « toutes les mesures nationales mais que les mesures nationales ».

Depuis l’entrée en vigueur des mesures de confinement, l’offre de transports publics a été maintenue à hauteur de 50% de son niveau normal, alors même que la fréquentation du réseau baissait de 85%. L’enjeu est notamment de maintenir une offre pour l’usage des personnels soignants à destination de l’hôpital et des établissements médico-sociaux, ainsi qu’en direction des commerces alimentaires. L’usage des transports collectifs connaissait antérieurement à la crise une évolution favorable que la crise a remise en cause. Aussi, dans la perspective du déconfinement, l’objectif est de repasser très vite à 100% de l’offre habituelle. Parallèlement l’agglomération prévoit d’organiser la voirie, au moins temporairement, afin de donner plus de place aux pistes cyclables.

Le télétravail a été autorisé pour les agents il y a 18 mois. Cependant jusqu’alors seuls 15% des agents habilités au télétravail l’avaient effectivement expérimenté. Dans la situation d’urgence actuelle, l’agglomération constate que le télétravail fonctionne bien et massivement. Ce mode de travail est certainement appelé à s’inscrire dans les pratiques à long terme, d’autant que le déconfinement sera progressif et nécessitera beaucoup de souplesse organisationnelle.

Soutien au tissu économique : en plusieurs phases

Face à l’urgence économique, l’agglomération cherche à réduire les charges des entreprises pour soulager leur trésorerie (report des loyers des entreprises hébergées dans les immeubles communautaires, report de la taxe de séjour, report des échéances des prêts d’honneur –de type France initiative-, suspension des droits de place et de marché, etc). Beaucoup de ces reports devraient rapidement devenir des annulations (abandon de créance) pures et simples. L’agglomération cherche aussi à assurer les trésoreries des acteurs économiques (les versements prévus pour l’année 2020 aux filières économiques ont été réalisés intégralement par anticipation. Ces actions sont complémentaires des actions pilotées par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, notamment le fonds national de solidarité avec les TPE et indépendants et les commerçants.

Au-delà de l’urgence, le Grand Annecy travaille à faciliter la relance des activités économiques. La commande publique (achats, travaux, etc) de l’agglomération est maintenue. Une aide exceptionnelle aux jeunes entreprises est mise en place, dans le cadre d’une initiative portée par la région avec BPI (banque publique d’investissement). Par ailleurs l’agglomération veut mettre en place un dispositif spécifique de soutien aux entreprises qui ont recours à l’apprentissage et à l’alternance. Il s’agit d’aider les entreprises à assurer le maintien et le transfert des savoir-faire. Des actions de communication et de promotion seront développées et augmentées pour le tourisme. Enfin des plans de relance ou de soutien sectoriel sont en cours de définition.

Avec la région et BPI France, le Grand Annecy réfléchit à la création d’un fonds d’aide à la relocalisation de sites productifs. Le territoire accueille de nombreuses sociétés mères qui comptent des filiales de production dans les pays asiatiques notamment. Ces entreprises font le constat de la fragilité induite par la décomposition de leur chaîne de valeur. Cette réflexion partagée par les élus du territoire pourrait amener à réviser certains choix. De manière plus générale, le territoire s’interroge sur les adaptations nécessaires qu’il peut porter ou soutenir afin de respecter la trajectoire de sa transition écologique (circuits courts, plateformes locales, etc).

Concernant le secteur culturel, le festival international du film d’animation, ainsi que le marché international qui accompagne ce festival sont annulés cette année. Une formule en ligne du festival, du marché (MIFA) et des rencontres sera néanmoins proposée du 15 au 30 juin. Ces manifestations d’envergure internationale qui prévoyait d’accueillir plus de 12 000 participants sont organisées par un établissement public de coopération culturelle (EPCC). Le Grand Annecy et la ville d’Annecy sont en lien étroit avec cet EPCC afin d’assurer sa solidité financière.

De manière immédiate la crise du Covid-19 pèse lourdement sur les finances communautaires à travers la baisse du rendement du versement mobilité (VM), en effet les salariés au chômage partiel sont retirés de l’assiette. Pour l’année 2021, c’est la baisse inévitable, et vraisemblablement substantielle de la CVAE qui menace les finances locales.

Accéder à l'ensemble des témoignages, retour d'expériences des intercommunalités durant la crise, rédigés par l'équipe de l'AdCF et celle de Territoires-audacieux : https://www.adcf.org/retour-experience-durant-la-crise

 

Contact AdCF : e.lebot@adcf.asso.fr

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