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Santé et action sociale

La CC Pays de Colombey et du sud Toulois mobilisée contre le chômage de longue durée

Parmi les précurseurs des « territoires zéro chômeurs longue durée », la communauté a fait du chemin depuis 2014. Deux entreprises à but d’emploi, et bientôt une troisième, permettent aux personnes de retrouver un travail en CDI. Et de l’espoir.

La communauté de communes (CC) du Pays de Colombey et du Sud Toulois (11 600 habitants, Meurthe-et-Moselle) constitue un vaste territoire rural de 38 villages. Elle s’est intéressée dès 2014 à l’initiative « territoire zéro chômeur longue durée » (TZCLD) imaginée par ATD Quart Monde sur le principe que personne n’est inemployable. Objectif : créer des activités selon les compétences des personnes en leur redonnant accès à des emplois en CDI payés au SMIC qui répondent à des besoins locaux non encore couverts. Une partie du financement passe par la réaffectation des dépenses liées à la perte d'emploi (RSA, CMU, diverses allocations…). 

 

« Les préjugés sont tombés »

En septembre 2014, l'intercommunalité acte le lancement d’un diagnostic pour identifier le public et les activités concernés. Elle fait partie des quatre premiers territoires recensés par ATD Quart Monde pour l’expérimentation. Sensibilisés, tous les acteurs locaux (élus, entreprises, population…) jouent le jeu et adhèrent au projet. « Les préjugés sont tombés grâce à une prise de conscience générale que nul n’est à l’abri du chômage de longue durée et à une réelle mobilisation de tous et notamment avec la création d’un collectif de chômeurs : les Tailleurs de Bouleau », explique Aurélie Mathelin, cheffe de projet à la communauté de communes. Parmi les précurseurs, l’intercommunalité prolonge l’aventure en faisant partie des dix territoires habilités par l’Etat à expérimenter le projet TZCLD pour cinq ans suite à l’adoption de la loi du 29 février 2016. 

Un cadre juridique est posé avec la création d’un fonds national d’expérimentation. Un comité local d’emploi (CLE), réunissant tous les partenaires (acteurs locaux, services de l’Etat, département, région…), est mis en place. Ses missions : rencontrer les personnes sans emploi pour déceler leurs compétences, valider leurs projets et créer les entreprises à but d’emploi (EBE) qui portent les activités détectées. Présentes dans le CLE, les entreprises locales s’assurent que ces activités ne leur font pas concurrence. Tout se passe en bonne intelligence comme le travail en commun avec les structures d’insertion. Touchant une contribution du fonds d’expérimentation, l’EBE embauche les chômeurs et finance leurs salaires. 

 

Progression du chiffre d’affaires des EBE

Deux EBE ont ainsi vu le jour : La Fabrique et De Laine en Rêves. Autour d’activités sur le maraîchage, le bûcheronnage ou le recyclage, la première est née en janvier 2017 sous forme associative (transformation en SCIC en 2019). A ce jour, il y a déjà eu près de 80 embauches en CDI. « Si certains sont partis, cela ne signifie pas un échec car la démarche se veut avant tout un tremplin pour reprendre confiance en soi et retrouver une vie professionnelle et sociale. L’EBE est un outil, pas une finalité », insiste Aurélie Mathelin. La deuxième EBE, créée en 2018, repose sur la transformation de la laine de mouton en matelas ou produits de literie (les éleveurs sont associés à la SCIC). Une troisième EBE devrait voir le jour autour d’un projet de conserverie, accompagné par la chambre d’agriculture, qui associe les maraichers et arboriculteurs.

Sur 500 personnes privées durablement d’emploi détectées en 2017, plus de la moitié a été rencontrée par la communauté. Une cinquantaine restent sur liste d’attente. « Au bout de trois ans, la démarche fonctionne bien, se réjouit Aurélie Mathelin. La Fabrique a ainsi triplé son chiffre d’affaires. C’est une réussite de voir des personnes reprendre confiance et se projeter dans l’avenir dans ou hors de l’EBE ». Convaincue des bienfaits de la démarche, l'intercommunalité y consacre des moyens avec deux équivalents-temps-plein (ETP) et des financements pour l’ingénierie du CLE (notamment les études de marché et de faisabilité) également cofinancée par la région, le département et la Fondation de France. 

Durant la crise sanitaire liée au COVID-19, la gouvernance territoriale de ce projet a permis d’accompagner les Entreprises à but d’emploi dans de nouvelles activités, notamment : la production de masques en tissu (EBE De laine en Rêves), la livraison de produits de première nécessité aux villages et un service de nettoyage /désinfection dans le cadre des préconisations de reprises d’activités sur les lieux de travail (EBE La Fabrique).

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