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Retours d’expérience

L’agglo de Chaumont (52) mise sur l’enseignement supérieur pour retenir les jeunes

Bien qu’isolée et rurale, l'agglomération de Chaumont veut garder les jeunes sur son territoire. Solution ? Développer une offre de formations supérieures adaptée aux besoins des entreprises locales.

Le bassin d’emploi de Chaumont connaît un taux de chômage de 5,7% grâce des entreprises de pointe dans la forge, la métallurgie ou l’industrie des implants. De quoi en faire rêver plus d’un ! Mais derrière ce bon chiffre se cache une démographie vieillissante. « Notre atout d’un capital industriel fort est freiné par la difficulté de trouver de la main d’œuvre dans un territoire peu attractif et situé loin d’une université », reconnaît Christine Guillemy, maire de Chaumont et présidente de la communauté d'agglomération. Pour éviter que les jeunes partent, sa solution passe par la formation afin de leur permettre de trouver du travail. Mais pour que ça marche, la démarche vise à bien répondre aux besoins des entreprises locales. La ville et l’agglomération se mobilisent pour construire une offre diversifiée et faire ainsi de Chaumont une ville étudiante. La communauté d'agglomération, dotée de la compétence enseignement supérieur, porte politiquement le projet. Pour sa part, la ville met l’accent sur l’accueil des étudiants avec un lieu qui leur sera dédié. La question du logement passe par le bailleur social de l’agglo qui propose des appartements adaptés avec des tarifs attractifs.

 

Fabriquer un écosystème

« Nous voulons fabriquer un écosystème autour de l’enseignement supérieur », appuie Christine Guillemy. Au programme : un centre du Cnam (Conservatoire national des arts et métiers) et un campus connecté, tous deux ouverts depuis peu, et l’antenne d’une d’école de commerce de Troyes qui ouvrira ses portes en septembre. Pour cette dernière, le pôle métropolitain Troyes-Sens-Chaumont, dont l’enseignement supérieur est l’un des axes forts, a donné un bon coup de pouce.

Le programme « au cœur des territoires », lancé par le Cnam et soutenu par l’Etat, vise à créer une centaine de centres du Cnam dans les villes petites et moyennes. En septembre dernier, celui de Chaumont a été le premier à ouvrir. « S’intégrant dans un programme de la région, il propose une offre adaptée à notre bassin d’emploi qui s’appuie sur une analyse des niveaux de qualification et de l’offre de formation existante », explique Christine Guillemy. Il a ainsi démarré en faisant le tour des entreprises locales et des lycées. Parmi les résultats : une appétence des jeunes, notamment dans les lycées professionnels. Le centre propose aux jeunes et aux actifs en reconversion des parcours de formation qui débouchent sur une certification, un titre ou un diplôme. Il délivre notamment deux certificats professionnels (cybersécurité et numérique) ou une licence générale commerce, vente et marketing. Le centre est installé dans des locaux mis à sa disposition par la ville, avec des travaux qui ont été effectués dans un temps record.

 

Un campus connecté

Le campus connecté accueille neuf étudiants (15 à la rentrée prochaine) sur des formations très diverses (psychologie, prépa HEC, assistant vétérinaire, BTS tourisme…). Rattachés à des universités (Paris, Aix-Marseille…), les étudiants bénéficient d’un accompagnement et doivent être présents au moins 12 heures par semaine au campus. « Leur assiduité bien au-delà de cette durée montre que ça fonctionne », se réjouit l’élue. Pour ce campus, installé dans la médiathèque, en centre-ville, la ville a déboursé 100 000 euros, auxquels s’ajoutent deux subventions de l’Etat et de la région (50 000 euros chacun).

Enfin, Chaumont va accueillir une antenne de la Y Schools (école de commerce) de l’université de Troyes qui délivre un diplôme national bac + 3. Elle vise à terme une cinquantaine d’étudiants. Pour cette implantation, le pôle métropolitain Troyes-Sens-Chaumont, dont l’enseignement supérieur est l’un des axes forts, a donné un bon coup de pouce. À ce triptyque s’ajoutent les formations délivrées (diplôme bac + 3) par le Centre national de graphisme, dont la réputation attire des étudiants de la France entière, ainsi que des formations d’ingénieur en alternance présentes sur Nogent (commune de 4000 habitants).

L’écosystème, souhaité par l’agglo de la Haute-Marne, est en train de prendre corps. Avec des premiers résultats espérés rapidement.

Retrouver ce retour d'expérience dans Intercommunalités, le mensuel de l'AdCF

Contact AdCF : Sébastien Bayette

 

 

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