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Administration et ressources humaines

Face à la crise sanitaire, les intercommunalités s’organisent

Les intercommunalités ont très rapidement réagi, pour organiser le télétravail, mettre en place les plans de continuité d’activité et assurer la poursuite des services publics essentiels. C'est ce qui ressort des premiers sondages réalisés par l’association. L’AdCF a invité ses membres à lui faire connaître leurs initiatives reproductibles et leurs éventuelles difficultés. AdCF Direct engage à partir de cette édition des illustrations de ces mobilisations de terrain.

S’organiser en interne

Dès l’entrée dans la crise sanitaire, et surtout depuis la décision de confinement, les communautés, métropoles, établissements publics territoriaux du Grand Paris ont commencé à réorganiser leurs services et leurs priorités. Les réorganisations des services et redéploiements d’agents ont lieu partout en France pour identifier les tâches « télé-travaillables » et les distinguer des services nécessitant présence sur les lieux. Dans certains territoires, comme à Lamballe Terre et Mer, des appuis sont organisés en logique inter-services pour répondre à des pénuries d’effectifs momentanées ou pérennes. Dans la communauté de communes des Alpilles Les Baux (Bouches-du-Rhône), tout à été mis en œuvre pour sécuriser les services publics vitaux et travailler avec la CCI sur les soutiens aux entreprises.

La communauté de la Vallée de l’Hérault a présenté, dès le 15 mars matin, un plan de continuité d’activité (PCA) au Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) : tous les postes administratifs ont été équipés pour leur permettre de télétravailler, soit 90 agents sur les 300 que compte la communauté.

Pour que l’information circule au mieux entre les différents services, la communauté Mont Saint-Michel Normandie a désigné trois référents Covid-19 : la directrice générale des services, le directeur des ressources humaines et le directeur de la communication. Par ailleurs, la généralisation de la téléconférence est un atout, notamment pour ce grand territoire, composé de 95 communes et organisé en pôle territoriaux. 

Poursuivant le même objectif la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole a mis en place une newsletter quotidienne, transmise chaque soir à tous les agents de l’intercommunalité. Cette lettre permet de maintenir le lien entre les agents, notamment ceux en « télétravail dégradé » (c’est-à-dire ne pouvant travailler avec leurs outils informatiques ou logiciels habituels). Elle est conçue comme une boîte à questions du personnel, le suivi des actions de la communauté, le suivi des textes règlementaires. C’est aussi l’occasion d’anticiper la reprise et d’aborder tous les sujets qui se posent dès à présent (marchés et contrats en cours, chantiers arrêtés…) et qui se poseront (aide aux entreprises par exemple).

 

Renforcer les services publics essentiels

En matière de petite enfance, les intercommunalités s’organisent pour offrir une solution de garde aux enfants des personnels soignants. La communauté de la Vallée de l’Hérault a mobilisé deux crèches et met une partie du personnel à disposition. La communauté Mont Saint-Michel Normandie, en lien avec l’Education Nationale, a pris le relais de certaines communes pour identifier les lieux d’accueil les plus pratiques. Autre initiative portée par la communauté de la Vallée de l’Hérault : le suivi quotidien des besoins des personnels soignants pour leur offrir des solutions de garde d’enfants en urgence grâce au réseau des assistantes maternelles. Lamballe Terre et Mer a également réorganisé les services d’accueil de la petite enfance et le scolaire pour accuiellir les enfants des personnels soignants, les activités paramédicales ou médico-sociales.

Pour aider les entreprises à faire face à cette situation inédite, la communauté de la Vallée de l’Hérault a décidé de payer toutes les factures des entreprises avec lesquelles elle est en relation. En lien avec la Chambre de commerce et d’industrie, la communauté a aussi souhaité l’exonération des charges de loyer pour les entreprises locataires des hôtels d’entreprises du territoire. Concernant les aides à l’immobilier, dès qu’une entreprise se dit en difficulté et qu’une aide à l’immobilier a été précédemment notifiée, la communauté versera immédiatement la subvention.
La communauté d’agglomération du Boulonnais a débloqué des financements d’urgence pour ses petites entreprises, en complément des aides de l’Etat et de la région. D’autres communautés envisagent de le faire tout en souhaitant que ces aides exceptionnelles soient comptabilisées en dépenses d’investissement.  

En matière de politiques de santé, certaines actions s’avèrent aujourd’hui particulièrement utiles. C’est le cas, pour Le Havre Seine Métropole, de la plateforme téléphonique, le numéro 116-117 : cette plateforme qui réunit les médecins généralistes du territoire, existe depuis 30 ans, avant la mise en place du Samu et permet de réguler les sollicitations des habitants. Cette initiative reçoit le soutien de l’ARS et de l’intercommunalité, à l’instar d’autres actions, telle que le financement de chauffeurs pour accompagner les médecins dans les quartiers prioritaires.

Dans la plupart des intercommunalités interrogées, les services publics essentiels tels que l’eau, l’assainissement, la collecte des déchets, les transports… continuent à bien fonctionner, même en mode allégé. Quelques problèmes d’approvisionnement sont recensés et des questions se posent parfois sur les conditions de sécurité à garantir. La question montante est celle des masques, notamment des protections FFP2 nécessaires à certains métiers dans l’assainissement ou demandés par certains personnels et leurs représentants dans d’autres types de services.  

Les orientations gouvernementales en matière de transport (entrée par l’arrière) sont intégrées et destinées à rassurer les agents. Sur les déchets, les services sont toujours opérationnels mais souvent avec un mode de collecte allégé et de nouvelles consignes liées à la fermeture des déchetteries. En Ile-de-France, un EPT du Grand Paris évoque des comportements différents des agents des différentes entreprises délégataires. Des discussions sont en cours. Beaucoup d’intercommunalités reconfigurent les niveaux et priorités de services, ainsi que les modalités de mise en œuvre, ce qui ralentit parfois les tournées (un seul ripper par camion…) même si les rues sont désertes.

En lien avec l’ADGCF, l’AdCF a organisé un dispositif de remontées d’informations qui permettra de recenser des expériences locales en plus grande nombre, thème par thème, dans notre prochaine édition.

Si vous souhaitez faire partager votre expérience : r.briot@adcf.asso.fr

 

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