Thématiques

Culture

Rechercher
dans le site

Dépenses culturelles des collectivités : les tendances récentes

L’Observatoire des politiques culturelles (OPC) a publié sa nouvelle note de conjoncture annuelle 2016-2018. Cette note se fonde sur un échantillon de 11 régions, 49 départements, 6 métropoles, 20 villes de plus de 100 000 habitants (50% de cette strate) et 18 villes de 50 000 à 100 000 habitants (21,5% de cette strate). Les petites villes et les intercommunalités n’ayant pas été prises en compte à ce stade, l’OPC devrait intégrer ces dernières dans sa prochaine note de conjoncture.

Globalement et tous niveaux territoriaux confondus, l’évolution des dépenses culturelles tend à s’améliorer en 2016-2017, une majorité de collectivités affichant des dépenses structurellement stables voire en hausse. Les augmentations concernent plus particulièrement l’éducation culturelle et artistique et, dans une moindre mesure, les festivals et événements. La réduction des moyens alloués au spectacle vivant est atténuée avec une perspective de stabilité ou de relance dans ce domaine. Par ailleurs, même si l’Etat a annoncé une hausse de ses crédits déconcentrés de plus 6% pour 2018, ces montants sont à relativiser car ils restent faibles au regard des dépenses engagées par les collectivités qui demeurent les premiers financeurs de la culture en France. Les crédits nationaux sont en outre très inégalement répartis entre la région Ile-de-France et le reste de la France.


Régions : des dépenses culturelles en hausse

Même si le niveau régional reste modeste en termes de financement des politiques culturelles, ses dépenses ont néanmoins augmenté en 2017 de +4% en moyenne pour les budgets de fonctionnement et de + 20% d’investissement pour deux régions sur trois. Il est à noter que cette évolution intervient alors que les fusions de régions viennent de se terminer, ainsi comme l’analyse l’OPC : « l’ensemble de ces résultats témoigne d’un souci des exécutifs régionaux d’affirmer leur place sur l’échiquier des politiques culturelles. » Il est à ce stade difficile de dessiner des tendances prospectives. La note indique que «  les régions ne sont pas en mesure de certifier que ce mieux annonce une tendance continue dans les années en venir. (…) Leur position reste globalement insuffisante et marginale pour incarner un véritable chef de filât des politiques culturelles territoriales. »

 

Départements : des contrastes territoriaux marqués

Les dépenses culturelles des départements en fonctionnement diminuent de - 4%. Mais 44% des départements répondants ont annoncé les avoir augmentées et 42% diminuées. L’intervention des départements se concentre sur l’éducation artistique et culturelle et le patrimoine ; les arts plastiques et visuels et les festivals sont les plus impactés par les diminutions de crédits. Plus de la moitié des départements espère voir ses dépenses culturelles se stabiliser pour les années à venir, note l’OPC.


Métropoles : net recul des investissements

Là encore les situations sont très variables d’une métropole à l’autre, que ce soit dans leur périmètre d’intervention que dans les volumes alloués qui varient, pour les métropoles étudiées, entre quelques milliers d’euros et 48 millions. La situation ne tend pas à s’améliorer : une métropole sur trois envisage de diminuer encore les moyens alloués à la culture. Pour l’OPC, cette situation illustre : «  le caractère à la fois embryonnaire et inégal de la métropolisation des politiques culturelles. »


Villes : un engagement globalement stable


Pour les plus grandes villes (plus de 100 000 habitants) les dépenses restent stables en moyenne, avec 45% des répondants qui les réduisent et 40% qui les augmentent. Pour l’OPC,  « l’évolution enregistrée entre 2016 et 2017 montre une situation installée depuis quelques années : un manque de ressort de ce niveau de collectivités en termes d’investissement dans la culture, pourtant historiquement moteur en la matière. » Pour les villes plus petites (entre 50 000 et 100 000 habitants), l’échantillon réduit ne permet pas d’affirmation claire, mais l’OPC estime que « ce niveau communal résiste plutôt mieux que les grandes villes en ce qui concerne le soutien au fonctionnement de la vie culturelle. »

L’intercommunalisation des dépenses culturelles encore difficile à appréhender faute de données. Les baisses des dépenses communales peuvent néanmoins s’expliquer par des transferts d’équipement et par une plus grande « intercommunalisation » des politiques culturelles. Un autre indice convergent avec cette affirmation est que la baisse globale envisagée des dépenses des grandes villes est compensée par la hausse des métropoles.
L’OPC conclut d’ailleurs à propos de l’intercommunalisation qu’elle : «signifierait une véritable solidarisation des politiques culturelles territoriales et la recherche systématique de leurs convergences (et qu’elle) serait la meilleure méthode pour assurer une place plus visible à la culture dans notre projet de société. »

 

Accéder à la note de conjoncture

 

Contact AdCF : m.blonsard@adcf.asso.fr


 

Partager
En savoir plus
Documents à télécharger Documents à
télécharger

Dernières
Actualités
Dernières
Positions