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Délégation Nouvelle Aquitaine de l'AdCF La révolution numérique en débat

La communauté du Val de Vienne, présidée par Philippe Barry, a accueilli le 11 décembre à Aixe-sur-Vienne des représentants des communautés de Nouvelle Aquitaine pour débattre de l’intégration des usages du numérique dans les projets de territoires. La rencontre était co-animée par l’AdCF et Les Interconnectés.

Engager la transformation numérique du territoire : se rassurer

« Personne n’est en retard » a expliqué Céline Colucci, déléguée générale des Interconnectés: les transformations numériques sont somme toute récentes. La première expérimentation de la 3G date de 2004, le premier iPhone de 2007. En 2005, seuls 40 % des foyers français étaient connectés à Internet. De fait, les territoires « pionniers » sur le numérique se sont réellement lancés au tournant de la décennie 2010. Contre une idée reçue, Céline Colucci montre, à l’appui des chiffres du baromètre 2018 de la maturité numérique des métropoles, agglomération et grandes villes françaises, que même dans les grandes agglomérations, tous les territoires ne sont pas aussi avancés et que beaucoup reste à faire.

Les territoires qui entament leur transition numérique aujourd’hui bénéficient des expériences accumulées depuis 10 ans et – ce dont ne disposaient pas les « pionniers » -, de technologies matures et stabilisées. D’ailleurs, avant la fin de la décennie prochaine, tout le territoire national devrait bénéficier d’un accès au THD complété par une offre de téléphonie mobile 3G.

Les technologies s’étant largement diffusées et le mouvement de dématérialisation des démarches administratives s’étant accéléré, l’enjeu pour les territoires devient moins celui des infrastructures que celui de la médiation numérique : 13 millions de Français éprouvent des difficultés d’accès au numérique et 40 % des Français expriment un malaise vis-à-vis des démarches administratives en ligne.

Dominique Segalen, directeur général des services du Grand Cognac a témoigné de l’enjeu essentiel sur les territoires ruraux de l’agglomération de l’accès aux droits, sujet sur lequel la communauté travaille aujourd’hui de concert avec la CAF, grâce aux outils du numérique.

« Tous les territoires font au moins un peu de numérique » a expliqué Céline Colucci. Il s’agit désormais de connecter les différentes initiatives entre elles pour initier de véritables stratégie et gouvernance numériques.

Les Interconnectés, association créée à l’initiative de l’AdCF et de France urbaine, est l’association nationale de diffusion des usages du numérique auprès des collectivités locales « pour que le numérique soit mis au service des territoires, et non l’inverse ». Les interconnectés organisent chaque année un « IntercoTour » qui permet notamment d’identifier les initiatives et bonnes pratiques locales des collectivités comme des entrepreneurs et de les faire connaître au niveau national par la remise d’un label « Territoires innovants » Retrouver le palmarès 2018 ici : Retrouvez le palmarès 2018 des territoires innovants .

Depuis le 29 mai, les Interconnectés se sont dotés d’une commission politique réservée aux élus de l’AdCF et de France Urbaine.

Retrouvez toutes leurs ressources via http://www.interconnectes.com/

 

Tiers lieux et appropriation du numérique par les habitants : où en sont les territoires ?

Avec la présentation du projet de tiers lieux d’Aixe-sur-Vienne, L’iD (retrouvez toutes les informations via https://lidaixe.fr/) et le retour d’expérience du Grand Guéret et de son tiers-lieu intercommunal La Quincaillerie (https://www.laquincaillerie.tl/), l’auditoire a pu prendre la mesure de la diversité des modèles de tiers-lieux et du potentiel de cet outil. Comme l’a précisé Philippe Ponsard, élu communautaire délégué aux usages du numérique au Grand Guéret, « il y a autant de modèles de tiers-lieux que de territoires », ce qui explique que selon lui, il ne faut pas aller vers une labellisation nationale ; « à Guéret, le tiers-lieu est un service public de l’agglomération animé par des agents de la collectivité et non une association ». Le rôle et le profil de l’agent y sont d’ailleurs prépondérants :

Ce rôle structurant du tiers-lieu dans le territoire a été un sujet de débats avec la salle : il est un lieu de socialisation, de création de projet et peut s’adapter aux initiatives de la population. Ainsi le tiers-lieu d’Aixe-sur Vienne est un projet d’initiative municipale mais qui « sera bientôt ouvert à tout le territoire de la communauté » explique S. Meyer, afin de pouvoir bénéficier à l’ensemble du bassin de vie.

Stéphanie Faure, cheffe de projet Tiers Lieux pour l’ALIPTIC - Association Limousine des Professionnels des Technologies de l'Information et de la Communication - est revenue sur les annonces gouvernementales relatives au programme national de développement des tiers-lieux (110 M€ sur trois ans). Après avoir accompagné de nombreux projets de Tiers Lieux, elle préconise de « ne pas se limiter à la dimension « développement économique » des tiers-lieux, qui se résume souvent au co-working » : les tiers-lieux offrent une grande mixité d’usages et s’adaptent au contexte local. Stéphanie Faure souligne également la nécessité de professionnaliser et faire reconnaître les métiers de l’animation de tiers-lieux, indispensables au fonctionnement de ces espaces mais très exposés aux burnouts (grande diversité des tâches, amplitude horaire importante, manque de personnels et d’accompagnement…).

 

Quel projet numérique pour le développement économique territorial ?

Le sujet de la formation est apparu rapidement dans les débats. Contrairement aux idées reçues, ces métiers ne sont pas si attractifs pour les jeunes. La problématique est même alarmante pour les jeunes filles après le Bac : un élève sur vingt seulement est une fille. L’ALIPTIC, un des trois clusters de l’économie numérique en Nouvelle Aquitaine, encourage ainsi ses entreprises à proposer aux futurs salariés un « projet de vie » et non un simple emploi. La collectivité a de fait un rôle majeur à jouer, notamment dans les territoires ruraux. Pour attirer et retenir un salarié qualifié, l’attractivité du territoire et la qualité de vie sont essentielles. Elle implique de proposer des solutions innovantes et attractives de lieux de télétravail, de mobilités facilités, de crèches ou encore de loisirs pour un cadre de vie adapté au salarié mais également à sa famille.

Selon Alexis Mons, le numérique invite ensuite les acteurs à changer leur façon de construire les projets : « Il faut remettre les usagers au centre des projets, car il ne sert à rien de faire de l’administration s’il n’y a rien à administrer ». Ainsi le numérique n’est qu’un outil au service du développement économique en action, il n’est pas une fin en soi. C’est pourquoi le chef d’entreprise insiste : « Ne copiez pas la stratégie du voisin : prenez le temps d’inventer la vôtre ».

L’outil permet également une collaboration accentuée, comme le montre l’exemple de l’agglomération de Brive : en coopération avec la CCI et la Banque des Territoires, la collectivité a proposé à une cohorte de commerçants volontaires de passer à l’ère du numérique. Expérience similaire portée par La Poste :  à Pau et à Marmande : le projet Decapost permet aux commerçants de bénéficier d’une plateforme d’e-commerce et de livraison sur tout le territoire grâce à la tournée des postiers. « Un Amazon à la française, ce n’est pas si compliqué au jour d’aujourd’hui » témoigne Bernadette Gonin, déléguée territoriale de La Poste.

A travers les outils numériques, la collectivité se met ainsi au service de son tissu d’entreprise. Karine Lafont, cheffe de projet Digital Valley au Grand Périgueux explique ainsi qu’il a été construit sur la concertation de 70 entreprises du territoire afin de créer une solution au plus près de leur besoin. Verdict ? La raison d’être de Digital Valley sera d’optimiser le « parcours client ». Véritable pôle de compétences au service des entreprises de l’agroalimentaire, du luxe et du tourisme, cette structure sera là pour les aider à innover, à vendre et à fidéliser leurs clients en trouvant les meilleurs modes de commercialisation, en fonction de leurs différentes clientèles. Grâce à la réalité augmentée, une plateforme collaborative ou encore la collecte et le traitement des données clients, l’agglomération se permet d’expérimenter pour trouver les meilleures clés de mutualisation des besoins de son milieu économique.

Contact AdCF : c.lacoste@adcf.asso.fr

Plus d’informations sur :

L’iD Tiers Lieux : https://www.lidaixe.fr/

La Quincaillerie : https://www.laquincaillerie.tl/

 

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