Thématiques

Retours d’expérience

Communauté de Sablé-sur-Sarthe (72) : La mobilisation des maires pour gérer la crise et anticiper l'après

Marc Joulaud, Président de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe revient sur la mobilisation active du bureau des maires pour gérer la crise, soutenir l'économie locale et préparer dans les meilleures conditions la reprise d'activité.

Dès le début du confinement votre intercommunalité s’est mobilisée pour procurer des masques à l’ensemble de la population. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Nous avons, dès le début, pris deux options. La première a consisté à acheter des masques pour la communauté de communes et les 17 communes membres. Sous l’égide d’une commande départementale, nous avons reçu 15 000 masques FFP2 et nous venons de recevoir 25 000 masques en tissus commandés auprès d’une entreprise locale. Durant la semaine qui précède le 11 mai, deux masques sont distribués à chaque foyer de l’intercommunalité. La ville centre est chargée de les acheminer par voie postale et dans les autres communes, soit ils seront distribués par des élus et bénévoles, soit les habitants pourront venir les récupérer dans les locaux de la mairie.

En complément, nous avons commandé 3 000 masques pour équiper, dans la durée, tous les agents et élus des 17 communes et de la communauté de communes.

Vous avez également créé une Fabrique solidaire.

Un numéro de téléphone unique a été lancé par l’intercommunalité dès la mi-mars avec deux objectifs :

-Mettre en place un réseau de bénévoles qui puissent répondre aux besoins matériels vitaux des plus fragiles (courses alimentaires, achats de médicaments, etc.). Nous avons travaillé avec la Croix-Rouge et aujourd’hui, nous comptons entre 150 et 200 visites par semaine.
-Constituer un réseau de couturières bénévoles qui travaillent à leur domicile, selon leur souhait. Plus de 70 couturières sont livrées chaque semaine en kit comprenant le matériel nécessaire à la confection de vingt masques. Une fois réalisés, nous passons chercher les masques puis ils sont lavés et mis sous film par la Croix-Rouge. Environ 800 masques sont fabriqués chaque semaine. Au début de la production, nous nous sommes mis d’accord entre maires pour savoir à qui ces masques seraient distribués en priorité. Les 200 assistantes maternelles du territoire ont d’ores et déjà reçu trois masques chacune et notre prochaine cible sera les commerçants du territoire intercommunal.

 

Le bureau des maires tient donc une place centrale dans cette gestion de crise ?

Tout à fait. Habituellement, cette instance se réunie une fois par mois. Depuis le début de la crise sanitaire, nous la réunissons chaque semaine pour y construire des initiatives partagées (accueil des enfants des personnels soignants pour avoir des écoles disponibles sur l’ensemble du territoire, modalités de distribution des masques...). La prochaine thématique portera sur la rentrée scolaire. Le bureau des maires permet une égalité dans la réponse apportée à l’ensemble des usagers du bassin de vie.

Le bureau des maires incarne l’esprit de solidarité de notre intercommunalité qui a maintenant plus de 40 ans. Bien évidemment, en tant que président de l’association des maires de la Sarthe, je constate que dans des territoires moins intégrés ou bien issus d’une fusion récente, l’intercommunalité ne peut pas encore prendre toute sa place. Mais dans le cadre d’une crise telle que celle que nous vivons en ce moment, si l’intercommunalité est structurée, elle est la bonne échelle pour la prise de décision.

 

En ce qui concerne le soutien à l’économie locale, comment votre intercommunalité s’est-elle mobilisée ?

Le bureau des maires a décidé à l’unanimité que la communauté de communes devait participer au Fonds Résilience à hauteur de 150 000 €, soit un fonds de 270 000 euros pour l’ensemble de notre territoire.

Si 60% de l’économie locale repose sur l’agroalimentaire et ne souffre pas de la crise, nous avons, à côté, des secteurs où l’activité a considérablement ralenti, voire s’est arrêtée, comme l’automobile, la mécanique ou la fonderie.

Nous avons accompagné les commerçants pour qu’ils disposent d’un équipement sanitaire adapté et annulé, pendant les trois premiers mois de la crise, les loyers dus au titre de l’occupation de locaux communautaires, et reporté ceux des trois mois suivants.

 

Dans quelles conditions êtes-vous en train d’adopter un plan de reprise d’activité (PRA) ?

Notre PRA est en cours de finalisation et va être évoqué en bureau des maires sur la base des propositions des agents qui ont travaillé par direction. Comme pour le plan de continuité d’activité (PCA) qui a été adopté à l’unanimité, le CHSCT sera appelé à se prononcer sur le projet de PRA.

S’il est validé, les équipes techniques (voirie, espace public, entretien, bâtiments, etc.) retourneront sur le terrain mais le télétravail sera maintenu pour le reste des agents. Nous souhaitons également que les chantiers reprennent. Les entreprises nous ont sollicités en ce sens. Dans ce domaine aussi, la question de la prise en charge des surcoûts des chantiers liés aux précautions sanitaires va rapidement se poser.

 

Quel bilan tirez-vous des mesures prises pour rouvrir partiellement votre déchetterie fin avril ?

La déchetterie a rouvert uniquement pour les déchets verts le 27 avril dernier. Nous avons régulé l’accès au site en définissant des créneaux horaires durant lesquels les usagers pouvaient s’y rendre en respectant un ordre alphabétique. Tout s’est bien passé. La police municipale était présente et un véhicule passait toutes les 6 minutes en moyenne. Huit véhicules pouvaient passer en même temps. Nous ne regrettons pas d’avoir pris ces précautions : la première matinée, il y avait une heure d’attente.

La semaine suivante, les usagers pourront déposer leurs gravas et à partir du 11 mai, nous souhaitons la rouvrir dans les conditions habituelles.

 

Comment envisagez-vous la réouverture des lieux d’accueil de la petite enfance ?

Nous nous préparons à la reprise dans des conditions incertaines comme tout le monde. Nous avons lancé une enquête auprès des parents de la communauté de communes afin d’avoir une estimation de la demande de garde, de fourniture de repas, etc.

Nous ferons en sorte d’accueillir les enfants dans les meilleures conditions pour eux-mêmes, leurs parents et les agents mais nous ne prendrons aucun risque inutile, tant au niveau sanitaire que pénal.

En ce qui concerne nos centres de loisirs pour la période estivale, nous avons d’ores et déjà acté que nous augmenterons les capacités si cela est nécessaire.


Propos recueillis par Floriane Boulay auprès de Marc Joulaud, Président de la communauté de communes de Sablé-sur-Sarthe, Président de l’association départementale des maires de la Sarthe.

 

Accéder à l'ensemble des témoignages, retour d'expériences des intercommunalités durant la crise, rédigés par l'équipe de l'AdCF et celle de Territoires-audacieux : https://www.adcf.org/retour-experience-durant-la-crise

Partager
En savoir plus
Documents à télécharger Documents à
télécharger

Dernières
Actualités
Dernières
Publications
Dernières
Positions