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Commande publique : un premier trimestre 2019 en forte hausse

Avec un total de 21,5 milliards d’euros au premier trimestre, la commande publique (tous acteurs publics confondus) progresse de plus de deux milliards par rapport aux trois premiers mois de l’an dernier. Elle revient quasiment au niveau des T1 de 2012 (22,4 Mds) et de 2013 (22,2 Mds). Ce sont principalement les collectivités qui tirent cette reprise, en dépassant même leurs niveaux élevés de 2012-2013. Sur un trimestre, la commande publique des intercommunalités atteint même un record historique (près de 2,8 milliards d'euros). Les voiries, bâtiments publics (dont scolaires) et aménagements urbains sont les principaux secteurs en forte hausse alors que le logement social continue de chuter. Il faudra voir si ces dynamiques de reprise se confirment aux prochains trimestres.

Pour la seconde année consécutive, la commande publique du premier trimestre de l’année 2019 montre de belles couleurs et une progression. En 2018, le premier trimestre affichait une progression de + 8,7 % par rapport au T1 de l’année précédente. En 2019, la progression constatée sur le premier trimestre est plus importante encore + 10,2 %. Elle est même de + 13 % si on compare par rapport au dernier trimestre de 2018. Faut-il y voir les signes d’une reprise pérenne ? C’est encore un peu tôt car les bonnes progressions du premier trimestre de l’an passé n’avaient pas été confirmées au second semestre.

Selon les résultats du baromètre de la commande publique AdCF-Banque des Territoires, la progression importante du début d’année est principalement à mettre au crédit des collectivités du « bloc local » : les communes, communautés et métropoles, syndicats techniques intercommunaux et syndicats mixtes, qui concentrent à eux seuls 50 % de la commande publique.

L’observation d’une série longue (2012-2019) indique que le second trimestre est systématiquement en croissance par rapport au premier, y compris dans les années de baisse globale comme en 2014. Cette « constante » statistique serait donc, si elle était à nouveau vérifiée, encourageante pour les résultats du premier semestre 2019.

Il convient toutefois d’être prudent, la progression observée de la commande n’est en effet pas toujours confirmée les deux derniers trimestres de l’année. Ce fut le cas en 2016 et 2018.

 

 

La conjoncture politique et économique apporte quelques éclairages sur les évolutions possibles pour 2019. Selon les observateurs économiques (Insee, OFCE..) les indicateurs de la croissance semblent reprendre des couleurs après une année 2018 en demi-teinte : en 2019, la croissance devrait être soutenue par l’augmentation du pouvoir d'achat (+ 2,5 %), en lien avec par les mesures socio-fiscales (près de 12 milliards d'euros) qui se mettent en place.

Par ailleurs, pour les collectivités, la fin de mandat est généralement marquée par l’accélération de chantiers avant les renouvellements des mandats locaux. Certains programmes (ANRU, Action Cœur de ville, Territoires d’industrie, Logement d’abord…) peuvent contribuer à vivifier la commande publique. 

Quelques signes néanmoins pourraient contrarier ces perspectives de relance : le manque de visibilité sur les orientations des réformes (notamment fiscales) peut susciter une attitude d’attentisme et de prudence chez les acteurs locaux, la fragilisation de certains agents économiques importants comme les bailleurs sociaux, ou les hôpitaux par exemple.

Le baromètre témoigne de la chute du volume de travaux neufs concernant le secteur du logement social, notamment du côté des ESH dont les marchés de travaux, qui s’élevaient au premier trimestre 2018 à 501 millions d’euros, chutent à 318 millions d’euros sur la même période en 2019.

Le recul des marchés de travaux concerne en fait la majorité des donneurs d’ordre.  Si la commande publique se redresse, elle le doit principalement aux marchés de services et d’ingénierie qui connaissent une réelle embellie au cours des derniers mois. Au premier trimestre 2019, ces commandes publiques de services et d’ingénierie dépassent les 10 milliards d’euros, un niveau jamais atteint depuis 2012 et en progression depuis 2017. Les marchés de travaux restent de leur côté à un niveau très bas, notamment en matière de travaux neufs.

 

La progression des marchés des services traduit de nouveaux comportements au sein des collectivités. Soumises à la contrainte financière, elles font des choix d’organisation plus tournés vers des prestations externalisées. L’Observatoire des finances et de la gestion locale (OFGL) comme la Banque Postale confirment cette analyse dans leurs différents dispositifs de suivi des comptes des collectivités.

Concernant les thématiques, l’amplitude des champs d’intervention des collectivités et la très grande diversité de leurs actions ne permettent pas de monter facilement en généralité. On observe néanmoins que certains secteurs connaissent une solide progression, que l’on compare les premiers trimestres de 2018 et 2019 ou le dernier trimestre 2018 avec le premier de 2019 : les bâtiments publics et territoriaux en général (+ 800 millions d’euros), les voiries (+ 500 millions d’euros), les déchets (+ 50 millions), l’eau et l’assainissement (+120 millions), les aménagements urbains (+ 100 millions). L’essentiel de cette reprise repose sur les composantes du bloc communal (communes, communautés/métropoles, syndicats) et se traduit, ce qui est nouveau, par une redémarrage des commandes de travaux neufs ou de renouvellement (+ 400 millions environ). La chute constatée depuis de nombreuses années semble enrayée, ce qui semble indiquer des efforts d’entretien du patrimoine.

Contact AdCF : c.delpech@adcf.asso.fr

 

Accéder aux évolutions de la commande publique région par région 2012/2018

 

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