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Retours d’expérience

Après le soutien aux entreprises de proximité, Niort agglo appuie l’investissement des communes

Le président de Niort agglo, Jérôme Baloge, estime que la rentrée sera déterminante pour apprécier l’impact de la crise sur les recettes intercommunales et évaluer les capacités de rebond des acteurs économiques, alors de nombreux secteurs comme le BTP sont encore soumis à des contraintes très lourdes.

Niort agglo évalue à plus d’un million d’euros de pertes de recettes, à la fois tarifaires (piscine, patinoire, conservatoire,…) et fiscales (environ -28 % sur 3 mois) dues à la crise, auxquelles s’ajoutent des dépenses supplémentaires, notamment les dépenses d’équipement de protection (500 000 euros) et les exonérations de loyers des entreprises hébergées (200 000 euros).

Le principal effort budgétaire concerne le soutien aux acteurs économiques et aux projets des communes. Pour soutenir les acteurs économiques de son territoire, Niort Agglo a d’abord participé à hauteur de 250 000 euros (2 euros par habitant) aux fonds partenariaux de prêts mis en place par l’Etat via la Banque des Territoires et le Conseil régional pour répondre aux besoins de trésorerie des entreprises.

Ces prêts à taux 0 % avec différé de remboursement ciblent les TPE de plus de cinq salariés et les PME. Très vite, l’outil a dû être complété par un fonds d’aides directes d’un million d’euros mis en place par l’intercommunalité pour soutenir les commerces de proximité, cafés, hôtels, restaurants, jeunes entreprises créées il y a moins d’un an ou professionnels du tourisme, explique Jérôme Baloge : « Au départ, nous voulions orienter les demandes vers le fonds de solidarité mais pour les TPE, le prêt n’est pas adapté. Elles ont une faible capacité d’endettement et ont plutôt besoin d’une aide directe, ce que le fonds Etat-Région n’envisageait pas. »

Les demandes de subventions, plafonnées à 5 000 euros, sont instruites par les services et attribuées par un comité d’agrément, avec l’appui de l’ordre des experts-comptables. Un deuxième fonds d’1,75 million d’euros permettra d’accompagner la reprise d’activité au début d’été jusqu’au début l‘automne. Un troisième outil financier doté d’un million d’euros permettra d’encourager l’innovation, le commerce en ligne de produits locaux et le développement des circuits cours, l’attractivité des locaux commerciaux…

Enfin, la communauté d’agglomération mobilise son fonds de concours « PACT 3 » (Programme d’appui communautaire au territoire), à hauteur de six millions d’euros. Il s’agit de soutenir les projets d’aménagement en maîtrise d’ouvrage communale qui favorisent le commerce de centre-ville et centre-bourg ou la transition écologique. Au total, ce sont plus de 10 millions d’euros qui sont mobilisés et correspondent à des besoins réels des entreprises (70 dossiers de demandes d’aides directes ont été déposés).

« Maintenir la capacité d’autofinancement la plus élevée possible »

Les chantiers avaient repris dès le 20 avril, en lien avec les organisations professionnelles, et la reprise d’activité dans ce secteur est bien réelle aujourd’hui. L’agglo a tenu des commissions d’appels d’offres pendant le confinement pour maintenir les projets en cours et elle a participé à la prise en charge des surcoûts sur les chantiers en raison des protocoles sanitaires. En 2020, l’agglo investit 42 millions d’euros par la commande publique. Plusieurs chantiers importants sont en cours, notamment celui d’agrandissement et de modernisation de la médiathèque.

Pour Jérôme Baloge, la maîtrise des coûts de fonctionnement est une préoccupation permanente et incontournable, mais l’investissement sera également conditionné à l’évolution des normes sanitaires : « La lettre de cadrage budgétaire interne sera très serrée cette année car la clé de l’investissement est de maintenir la capacité d’autofinancement de l’agglomération au niveau le plus élevé possible. Mais pour lancer des chantiers complexes, il faudra également que le guide de préconisations pour assurer la sécurité sanitaire sur les chantiers du BTP évolue car il est drastique donc très couteux. Comment mener des chantiers complexes dans ces conditions ? Comment fera-t-on pour tenir des délais raisonnables ? S’il y a des dépassements, qui payera ? Cela peut conduire à reporter des projets structurants. J’espère un assouplissement des préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des activités de la construction. Chez nous, le plan de relance existe, sur le plan financier, mais quid de la mise en œuvre réelle ? Ce n’est pas qu’un enjeu d’investissement, nous sommes prêts à investir, mais il y a des aspects psychologiques et réglementaires qui sont plus importants et sur lesquels nous n’avons pas de prise. »

Au niveau national, selon la CAPEB, le surcoût des chantiers lié aux mesures sanitaires est estimé entre 10 et 20 % selon les cas.

 

Contact : Sébastien Bayette

 

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