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Action régionale de l’AdCF : les rencontres se transforment en web’rencontres !

Malgré le confinement, la délégation d’Occitanie a pu échanger via un webinaire sur la mise en œuvre de France Relance dans les territoires et à l’échelle régionale. L’occasion également de découvrir les nouveaux administrateurs de l’AdCF dans la région. Prochaines étapes : Normandie ce 13 novembre, Grand Est le 4 décembre et Bourgogne Franche Comté le 8 décembre. Inscrivez-vous !

La rencontre régionale occitane de l’AdCF-Intercommunalités de France, initialement prévue le 6 novembre à Labège, s’est tenue derrière les écrans. Les participants ont été nombreux à jouer le jeu de la conversion en webinaire pour évoquer ensemble les problématiques de la relance en ce début de mandat, les priorités en termes de politiques publiques dans leurs territoires intercommunaux.

Deux prochaines étapes sont programmées dans le Grand Est, le vendredi 4 décembre (9h30 – 12h :  Informations et inscriptions) et en Bourgogne Franche-Comté, le mardi 8 décembre (9h30 – 12h) : Informations et inscriptions

 

 

La Territorialisation au cœur des demandes de l’AdCF

 

Sébastien Martin, nouveau président de l’AdCF, a rappelé en ouverture de la rencontre des communautés d’Occitanie la priorité constituée par l’action régionale de l’AdCF. « C’est bien sur les territoires que la réalité des projets, qui vont notamment être apportés dans le cadre du plan de relance se matérialisent et se concrétisent ». En effet, l’AdCF plaide pour qu’un maximum de crédits budgétaires soient « territorialisés » dans le cadre de ce plan de relance grâce à la souplesse du dialogue local.

 

Investir pour guérir et penser l’économie de demain

Pour Christophe Rivenq, président d’Alès Agglomération, la relance doit être immédiate. Son agglomération, très intégrée, a choisi de renforcer l’aide aux communes à travers les fonds de soutien, celles-ci étant selon lui plus aptes à agir dans l’urgence pour engager des chantiers prêts à démarrer. L’agglomération s’est aussi appliquée à « booster la commande publique ». Les grands plans d’investissement sur la rénovation des réseaux d’eau sont par exemple accélérés pour donner du travail aux entreprises locales. Enfin, l’agglo va ajouter à l’investissement prévu, en prenant le risque d’une légère dégradation de son autofinancement en fin de mandat. Elle intégrera également les dispositifs de France Relance. Cependant la question du temps de l’administration rend selon lui difficile la consommation de ces fonds.

Jacques Oberti, président du la communauté du SICOVAL, et nouveau vice-président de l’AdCF en charge du numérique, a souligné l’importance de mettre l’accent sur les investissements numériques dans le cadre de la Relance économique : en tant qu’outil comme le témoigne la période de confinement mais aussi comme levier économique. Son agglomération s’est ainsi saisie de plusieurs dispositifs nationaux qui permettent de soutenir l’action locale : le plan « France relance numérique inclusif » (« dont les moyens, nous l’espérons, seront réellement au rendez-vous au moins sur deux ans »), ainsi que la transformation numérique des collectivités territoriales, qui permettra de franchir un cap et d’intégrer dans toutes les initiatives locales.

Jean-Marc Vayssouze-Faure, président du Grand Cahors, a mis de son côté l’accent sur l’économie présentielle,. Il a salué la réponse proposée par l’Etat et les Régions pour soutenir les entreprises de proximité. Les intercommunalités ont aussi fait leur part, avec les exonérations de CFE, les mesures sur les loyers, ou encore la question du stationnement. Mais à ses yeux, la crise covid n’a fait qu’accélérer une mutation commerciale déjà en marche. La problématique de la taille critique appelle aux plateformes collectives. Elles sont dures à porter cependant et posent question : « je ne suis pas sûr que l’avenir du commerce de proximité se fasse sur le numérique. Les grandes plateformes seront difficiles à concurrencer, notamment sur les produits en série ou la livraison ». L’avenir du petit commerce doit donc s’opérer selon lui sur tout ce qui accompagne le produit : le service, l’expérience, le parcours client. Or l’expérience, « nous l’avons en grandeur nature : à nous de travailler la propreté, le stationnement mais aussi l’évènementiel, qui doit se faire dans la ville pour aider les commerçants »

 

Difficile articulation de l’urgence économique avec le temps long du projet de territoire

La plupart des intercommunalités qui ont changé de gouvernance lors des élections de juin remettent actuellement leurs projets de territoire sur le métier, dans un contexte d’urgence qui ne facilite pas l’articulation des projets entre urgence économique et patience à préparer l’avenir du territoire, comme a pu en témoigner Emmanuelle Gazel, nouvelle présidente de la Communauté Millau Grands Causses. Sa communauté travaille ainsi à un « fil vert transversal » sur l’ensemble des projets. Augmentation de la part d’ENR dans les grands projets déjà lancés, démarche interne forte de la collectivité, développement des mobilités douces.  « Autant de projets que nous devons accélérer pour pouvoir inscrire dans le plan de relance ». Elle préfère ainsi « éviter le toujours plus pour favoriser le toujours mieux ». Il est donc essentiel de faire avec les habitants, occasion également de relancer le lien avec les citoyens et donc de co-construire les projets au long terme.

A Carcassonne, la relance est aussi synonyme de transition écologique. A la suite des inondations meurtrières de 2018, la transition s’est imposée comme le fondement du projet de territoire. Pour Régis Banquet, président de Carcassonne Agglo, le Contrat de Transition Ecologique signé par l’agglomération « pourrait parfaitement être une préfiguration du contrat global ». Il a de fait été un véritable succès collectif en permettant de fédérer tous les acteurs du territoire, en co-pilotage avec l’Etat. L’agglo travaille depuis lors à la reconstruction responsable de son territoire à travers l’accompagnement des particuliers sur une reconstruction vertueuse, mais aussi à la reconstruction des bâtiments publics autour d’une économie verte (réseau de chaleur, formation des artisans à la rénovation énergétique, …).

 

La contractualisation, fer de lance de la relance ?

En tant que vice-présidente de la Région, Emmanuelle Gazel a évoqué l’actualité des relations Région/Intercommunalités à l’heure où la Région évalue ses 56 contrats territoriaux, les contrats bourgs-centres ou encore les contrats Grands Sites. Ces contrats arrivent à leur terme en 2021 avec la fin du mandat régional. La volonté régionale est que le Plan de relance puisse travailler sur les mêmes périmètres et s’appuyer sur les contrats territoriaux. « Il serait dommage de multiplier les contrats si ceux-ci fonctionnent déjà ». Le protocole d’accord CPER s’appuie donc sur Occitanie 2030, avec deux principaux piliers : « relancer et transformer l’économie en Occitanie » et « relancer l’équilibre territorial ». Ce sont selon Emmanuelle Gazel les territoires qui doivent être en mesure de faire remonter leurs besoins et leurs projets afin que Région et Etat soient en mesure de les accompagner. En complément, la vice-présidente de la région a rappelé qu’au-delà des financements il est indispensable d’utiliser la part d’ingénierie disponible dans le cadre des contrats territoriaux pour que des projets sortent et soient mis en oeuvre.

 

Contact : Romain Briot – r.briot@adcf.asso.fr et Cécile Lacoste – c.lacoste@adcf.asso.fr

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