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Administration et ressources humaines

Les DGS d’intercommunalité : une communauté professionnelle « atypique » ?

Après son ouvrage, de caractère universitaire, consacré aux métropoles et publié par les éditions Berger-Levrault, l’Association des directeurs généraux de communautés de France (ADGCF) publie avec la CDC une étude très intéressante sur les cadres dirigeants d’intercommunalités. Réalisée par le sociologue David Guéranger (LATTS), cette enquête met en exergue les spécificités du métier de DGS d’intercommunalité ainsi que ses évolutions au cours de la récente période. L’AdCF recommande la lecture de ce document, disponible en téléchargement.

Qu’est devenu le métier de DGS ? Quelles sont les différentes facettes de ce métier ? Comment s’articulent, en particulier, les exigences de pilotage, de management, de portage de projet ? Quelles sont les différentes manières de gérer ces exigences ? Peut-on percevoir des convergences dans les pratiques professionnelles ? Comment peut-on alors les expliquer ?

C'est à ces questions que s'attache à répondre l’étude menée par le sociologue David Guéranger, maître de conférences à l'Ecole des Ponts ParisTech et chercheur au laboratoire LATTS, missionné par l'Association des directeurs généraux des communautés de France (ADGCF) et le Groupe Caisse des dépôts. Ce travail vise à appréhender les principales caractéristiques des cadres dirigeants communautaires, tant sur le plan des parcours biographiques que des pratiques professionnelles. Il s’appuie pour cela principalement sur les résultats d’une campagne d’entretiens menée auprès de DG adhérents de l’ADGCF présentant des profils variés.
 

Que tend à montrer cette étude ?

Tout d’abord, du point de vue des trajectoires de formation et des trajectoires professionnelles, force est de constater que les portraits des DG de communauté rencontrés sont marqués par une très forte hétérogénéité. Les déclarations récurrentes sur leur propre « a-typicité » sont un trait marquant des entretiens réalisés, donnant lieu à de multiples manières de justifier l’adéquation entre le poste occupé et les trajectoires individuelles. Ceci peut être interprété comme le fruit de l’indéfinition très forte qui entoure ce type de poste, quant à ses contours pratiques, ses modes d’accès, ses compétences, et qui autorise précisément la grande variété des trajectoires.
Ensuite, si l’on peut saisir le DGS d’intercommunalité par la singularité de son parcours, par ses pratiques professionnelles quotidiennes, son métier dépend aussi des relations qu’il entretient avec les élus communautaires et municipaux. Sur ce point, l’intercommunalité a pu jusque-là apparaître comme un espace préservé des enjeux partisans et des règles du jeu majoritaire. Cette période n’est pas révolue, loin s’en faut, mais on voit d’ores et déjà poindre quelques signes de changements qui tiennent au caractère désormais plus politique de l’intercommunalité. Ces transformations tendent pourtant à lester l’institution d’une dimension qui semblait jusque-là réservée aux plus grandes, et vis-à-vis de laquelle les DGS, interrogés dans le cadre de cette étude, ne sont pas indifférents. Comment cette évolution peut-elle s’articuler avec des DG de communauté qui se présentent très majoritairement comme « apolitiques » ? Rares sont en effet les DGS qui acceptent d’apparaître affiliés ou proches d’une formation politique.

Enfin, le travail conduit par David Guéranger propose une typologie des DG – le missionnaire, le notable et le commissaire – construite sur les propriétés sociologiques (âge, formation, trajectoire) des personnes interviewées et sur leurs rapports au métier et au personnel politique.

 

Télécharger l'étude

Contact ADGCF : david.lebras@adgcf.fr
 

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