• Aménagement du territoire
  • Culture
  • Développement économique
  • Environnement
  • Finances et fiscalité
  • Habitat et logement
  • Institutions et pouvoirs locaux
  • Administration et ressources humaines
  • Transports et mobilités
  • Urbanisme
  • Numérique et communication
Les baromètres métropolitains au coeur des projets de territoires : vers un observatoire en réseau des agglomérations françaises
La répartition des sièges au sein des conseils communautaires : premiers résultats de l’enquête AdCF
Première consultation des associations de collectivités sur la création du commissariat général à l’égalité des territoires
50 ans d'aménagement du territoire en film
Retrouvez le dossier spécial et les photos de la 24e convention de l'AdCF
La réaction de l'AdCF au rapport de la Cour des Comptes sur les collectivités locales
Mise en œuvre de la loi Handicap : lancement de la concertation nationale visant à la réalisation des Agendas d’accessibilité programmée
Convention type arbitrée pour les déploiements de la fibre très haut débit
Elections 2014 : la vidéo et la présentation de la web-conférence en ligne
La nouvelle note de conjoncture sur les finances publiques locales
Les baromètres métropolitains au coeur des projets de territoires : vers un observatoire en réseau des agglomérations françaises
Elaboration de la carte des aides à finalité régionale pour la période 2014-2020
Rendez-vous numériques : Paroles d'élus - les Interconnectés
L’Assemblée des Communautés de France et la Fédération nationale des agences d’urbanisme ont organisé le 15 octobre 2013 une journée dédiée à la présentation du Baro’Métropole rennais et du Baro’Métro grenoblois. Cohésion sociale et territoriale, situations de vulnérabilité socio-économique, qualité des services urbains, échanges culturels et citoyens, dynamisme économique, etc. ces outils d’observation inédits s’appuient à la fois sur des indicateurs synthétiques des situations territoriales et sur une approche comparative avec une dizaine d’agglomérations françaises. La plupart des agglomérations présentes lors de cette journée se montrées volontaires sur l’opportunité de s’approprier ces outils.

Les communautés de Rennes Métropole et de Grenoble-Alpes Métropole, en lien avec les agences d’urbanisme de l’agglomération rennaise et de la région grenobloise ont développé des outils d’observation inédits, croisant des indicateurs synthétiques des situations territoriales avec les axes structurants de leur projet de territoire. Ces outils d’analyse s’avèrent particulièrement didactiques et s’appuient sur un travail remarquable de compilation et de traitement de données. Surtout, le Baro’Métropole rennais et le Baro’Métro grenoblois ont développé une approche comparative avec une dizaine d’agglomérations françaises*.

Les démarches initiées font écho aux enjeux actuels de l’ingénierie territoriale et de l’observation. En effet, depuis plusieurs années, les collectivités territoriales et les communautés ont pris l’initiative de se doter d’outils d’observation performants des dynamiques territoriales et de dispositifs d’évaluation. Logement, marchés fonciers, richesses fiscales, données socio-économiques, analyse des revenus des ménages, bilans des émissions de gaz à effets de serre… ces outils deviennent indispensables à la conduite des politiques publiques et à l’élaboration des projets de territoires. Leur prolifération à toutes les échelles et dans tous les domaines pose cependant un problème d’unification des langages employés et des méthodes retenues pour parvenir à des diagnostics partagés. De plus, la transversalité entre ces outils d’aide à la décision au sein des collectivités n’est pas toujours évidente. Enfin, se pose la question du coût et du fonctionnement (notamment l’acquisition des données, la mutualisation de traitements) de ces outils et de leur nécessaire mutualisation.

En partenariat avec ces deux agglomérations, l’Assemblée des Communautés de France (AdCF) et la Fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU) ont ainsi pris l’initiative de prolonger le travail entrepris en organisant une journée dédiée à la présentation du Baro’Métropole rennais et du Baro’Métro grenoblois. Cette rencontre qui a permis de contribuer à améliorer et consolider les outils développés a également été l’occasion d’identifier l’opportunité d’une observation en réseau des agglomérations françaises.

Des outils au service du projet de territoire

Les baromètres métropolitains développés par Rennes et Grenoble mobilisent à la fois des indicateurs de positionnement situant ces deux territoires en référence à un panel d’agglomérations et des indicateurs locaux spécifiques aux territoires des agglomérations rennaise et grenobloise. A partir de ressources statistiques diverses, les baromètres rassemblent et comparent des données de contextes locales mises en perspective à l’échelle nationale. L’objectif pour les agglomérations qui ont entrepris cette démarche consiste à connaître la position de l’agglomération dans le panel et d’en tirer les conclusions pour la conduite de son projet de territoire.
Clairement établis dans le registre de l’aide à la décision, ces outils de mesure ne préjugent pas de l’influence de telle ou telle action publique et ne peuvent pas être considéré comme des démarches d’évaluation des politiques publiques, par ailleurs développées dans ces deux agglomérations.
Au delà de ces précautions d’usage, Hélène Clot, chargée de mission évaluation et observation de Grenoble-Alpes Métropole et Isabelle Lechevallier, responsable du service prospective, évaluation et développement durable de Rennes Métropole, ont insisté sur l’intérêt de ces outils pour « inciter à développer une lecture transverse du territoire et sortir d’une logique d’observatoires en silo, politique publique par politique publique ». Dans le Baro’Métropole rennais et surtout dans le Baro’Métro grenoblois, une attention particulièrement soignée a été apportée en matière de communication pour faciliter la diffusion et la portée de ces documents. Le recours aux étiquettes énergétiques pour positionner l’agglomération par rapport à la « note moyenne » du panel et des présentations sous forme de quizz permettent d’envisager une appropriation grand public.
Maître d’œuvre des deux outils, les Agences d’urbanisme de Grenoble et de Rennes ont livré quelques secrets de fabrication. Henri-Noël Ruiz, directeur de l’Agence d’urbanisme et de développement intercommunal de l’agglomération rennaise, estime entre 80 000 et 90 000 € le budget nécessaire à l’élaboration de l’outil qui s’est étalé sur 4 ans à Rennes pour la première version du baromètre sortie en 2009 et actualisé en 2013. En complément, le directeur de l’Agence d’urbanisme de la région grenobloise, Jean-Michel Evin, estime entre 20 000 et 30 000 € par an le coût de fonctionnement de l’outil, pour l’actualisation des données et des interprétations. Devant des coûts qui peuvent apparaître substantiels, acteurs rennais et grenoblois ont tenu à la fois à préciser les effets de mutualisation avec les dispositifs d’observation thématique existant mais également les bénéfices d’un tel outil pour le suivi et l’animation des débats sur la mise en œuvre du projet d’agglomération, avec les élus et les parties-prenantes.

Intérêts des outils et conditions d’appropriation par d’autres agglomérations

Les outils développés par les agglomérations rennaise et grenobloise relèvent d’une démarche inédite (outils d’observation mobilisant à la fois des indicateurs synthétiques et une approche comparatiste). Pour autant, la plupart des agglomérations disposent d’une forte culture de l’observation territoriale et du suivi de leurs politiques publiques. La journée a donc en partie été consacrée à recueillir les réactions d’autres agglomérations sur les baromètres métropolitains rennais et grenoblois. Qu’elles soient présentes (Bordeaux, Strasbourg) ou non (Brest, Belfort-Montbéliard et Marseille) dans le panel, plusieurs représentants d’agglomérations françaises ont accepté de réagir à ces outils, tout en se posant la question d’un éventuel déploiement dans leur territoire.
Les échanges ont principalement évolué autour de la commande d’observation, de l’utilisation des baromètres pour le pilotage du projet de territoire et la diffusion des données, mais également sur le potentiel d’animation territoriale de ces outils, sur la diversité des échelles mobilisées pour établir les baromètres et sur l’approche comparative par panel qui est proposée. De nombreuses critiques constructives ont été formulées permettant d’envisager une consolidation des outils. Elles ont principalement portées sur la robustesse des indicateurs, des manques d’information (pas de données sur la fiscalité par exemple), la composition des panels d’agglomérations ou encore la mobilisation des étiquettes énergie qui peut être interprété comme un « jugement de valeur » sacrifiant au syndrome du classement. La transférabilité des outils à des agglomérations de plus petite taille et/ou moins bien dotées en ingénierie a également été soulevée, rejoignant des problématiques inhérentes à la dépendance aux pourvoyeur de données mais également à la nécessité de mobiliser des indicateurs reposant sur de informations qualitatives tournant autour de la qualité de vie.
Les différentes interventions ont conclues sur l’intérêt de ces outils de comparaison dans l’espace et dans le temps sur des thématiques communes à de nombreuses agglomérations. A condition de ne pas « favoriser les angles mort », la diffusion de ces outils peut en outre permettre de « repérer des bonnes pratiques » concluait Gwénaël Bodo, directeur de la stratégie et du rayonnement métropolitain de Rennes Métropole.
D’autres agglomérations se sont déjà lancées dans l’élaboration de tels outils. Il s’agit notamment de la Communauté urbaine de Bordeaux en lien avec l’élaboration de son projet métropolitain, ainsi que les agences d’urbanisme de Marseille, de Belfort-Montbéliard et d’Aix-en-Provence (cf. présentations et liens ci-dessous). A travers l’exemple de Belfort-Montbéliard portant sur une observation à la zone d’emploi et mobilisant le cadre d’analyse du référentiel européen de la ville durable, c’est la question de l’accessibilité et de la gratuité des données qui a été posée, ainsi que le recours à une multiplicité d’échelles (infra-communale, communale, d’agglomération, unité urbaine, aire urbaine, etc.) pour constituer de tels outils. L’agence d’urbanisme de Marseille qui s’est intéressée à la qualité de vie dans une dizaine d’agglomérations a cherché à objectiver le concept en recourant à la perception de personnes qui ne résident pas dans l’agglomération phocéenne.

Vers un observatoire en réseau des agglomérations françaises

Les critiques formulées et les retours d’expériences de démarches similaires ont permis de commencer à pointer les précautions d’usage pour le déploiement des baromètres dans d’autres agglomérations. Les échanges ont également permis d’identifier les avantages du développement d’un socle commun de données et d’indicateurs que les différentes agglomérations pourraient mobiliser. L’ensemble des participants adhérant à l’effet bénéfique de mutualisation sur la base des travaux pionniers initiés a toutefois tenu a insisté sur la nécessité d’une démarche partenariale d’élaboration de ce cadre commun permettant d’articuler recherche de standardisation et adaptation aux réalités locales. Le chemin vers une observation en réseau des agglomérations françaises devra opérer un réglage fin entre ces deux impératifs. C’est le sens des propositions formulées par Brigitte Bariol, déléguée générale de la FNAU, qui a appelé à engager un travail de définition des indicateurs mutualisables et des modalités d’accès à l’information (échelle, moyens) mais également d’interprétation des résultats.
L’opportunité d’une observation en réseau des agglomérations françaises a également fait l’objet d’échanges avec des représentants de la DATAR et Jean-Pierre Duport, président du Conseil national de l’information statistique (CNIS) et délégué à l’aménagement du territoire et à l’action régionale de 1989 à 1993.
Dominique Bonnans, de la DATAR a présenté les ressources en ligne de l’observatoire des territoires qui constitue un formidable outil assis sur près de 450 indicateurs et un logiciel de production cartographique que les territoires locaux peuvent d’ores et déjà mobiliser. Réagissant au projet d’un observatoire en réseau des agglomérations  françaises, elle a insisté sur l’impérative robustesse des indicateurs et sur la composition des panels. Rebondissant sur ces propos, Jean-Pierre Duport a tenu à rappeler le contexte d’ouverture des données (l’open data) mais également les enjeux financiers pour faire face à « l’appétit considérable de demande d’information territoriale » posant la question de la priorisation des thèmes d’investigation. Selon lui, les questions les plus sensibles, à l’articulation du national et du local concernent le développement économique, la santé, l’environnement et la territorialisation des dépenses publiques de l’Etat et des collectivités.
Réagissant à ce dernier point, Claude Raynal, vice-président de la Communauté urbaine de Toulouse et président de l’Agence d’urbanisme de l’aire toulousaine, estime que l’Etat aura besoin d’outils pour conduire sa politique contractuelle et d’évolution des régimes de dotations aux collectivités. Les régions qui récupèrent la gestion des fonds européens se trouvent face au même besoin. Membre du Conseil d’orientation de l’AdCF, Claude Raynal a souligné le besoin de données fiables et comparées auquel pourraient utilement contribuer les baromètres, tout en veillant à prendre de solides précautions, en particulier en matière fiscale et financière qu’il faut adosser aux services rendus.


* Ces baromètres métropolitains proposent une comparaison des réalités sociales, économiques et écologiques avec sept agglomérations dans le cas de Rennes Métropole (Communauté urbaine de Bordeaux, Grenoble-Alpes Métropole, Montpellier Agglomération, Nantes Métropole, Rouen-Elbeuf-Austreberthe, Communauté urbaine de Strasbourg et Toulouse Métropole). Partant de ces mêmes agglomérations, les Grenoblois ont enrichi le panel de quatre nouveaux territoires (Pays d’Aix-en-Provence, Grand Nancy, Nice Côte d’Azur, Saint-Etienne Métropole).


Ressources à télécharger :

Baro’Métropole de l'agglomération rennaise

Baro’Métro de l'agglomération grenobloise 


Le site de l’Observatoire des territoires de la DATAR 




Partager
Date de:
à:
Mots clés:
Type de document:
Nombre de résultats: 0