Organisée autour de quatre thématiques, l’étude CNFPT/AdCF s’intéresse tout d’abord aux conditions d’intégration des agents à l’occasion de transferts de compétences ou de fusions. Au-delà des craintes initiales, les personnes interviewées témoignent d’un nécessaire accompagnement, tant de la collectivité d’origine que de la collectivité d’accueil. Certains témoignages font néanmoins état d’un déficit de communication et d’un relatif sentiment d’abandon.
Il reste que l’image de l’intercommunalité apparaît en général positive, voire très positive dès l’étape de l’intégration et valorisante pour les agents (structure d’avenir, expertise, mode projet etc.). Les transferts sont fréquemment l’occasion d’une évolution en profondeur des processus de travail. Les services techniques ont jusqu’à présent souvent bénéficié d’une amélioration de leurs conditions de travail (nouveaux équipements, etc.) et sont les premiers à constater le bienfondé de dépasser certaines limites territoriales.
La structuration de l’encadrement est également l’un des effets du transfert vers l’intercommunalité, ce qui permet d’avoir un interlocuteur en cas de problème mais peut également être source d’une plus grande lourdeur.
Les habitudes de travail sont également modifiées par rapport à l’extérieur. Si les agents observent en général que leur communauté gagne en visibilité et en notoriété dans le regard des usagers, certains relativisent en soulignant que l’intercommunalité reste une institution très technique. Pour les agents intervenant au sein des équipements publics et non au siège, le passage à la communauté change peu leurs relations avec l’extérieur. La plupart soulignent en revanche une redéfinition de la relation entretenue avec les élus.
L’attachement initial aux communes d’origine s’estompe avec le temps mais la constitution d’une identité intercommunale est souvent progressive et lente, sauf pour les agents qui ont participé à la création de l’intercommunalité et qui se perçoivent comme des « pionniers ». Pour l’avenir, une distinction est souvent à faire entre les agents des petites et moyennes communautés qui s’interrogent sur les impacts futurs de la recomposition de la carte intercommunale, et ceux qui travaillent dans les plus grandes communautés. Ces derniers considèrent que « les évolutions les plus importantes ne se feront pas sur les limites territoriales mais sur les compétences et les modes de gestion des compétences ».
Contact AdCF : f.boulay@adcf.asso.fr
* Les communautés de communes Arc Sud Bretagne, de Fécamp et de Saint-Seine-l’Abbaye, les communautés d’agglomération Europ’ Essonne, de Montpellier et Tour(s)plus, ainsi que la communauté urbaine de Nantes.